Homélie du 5 septembre 2021 par le P. Benoît Lecomte

Barbezieux - Baignes - Barret

Publié le 5 septembre 2021

« Effata ! » « Ouvre-toi ! »

Pentecôte !

Entends l’appel à la Vie qui cours à travers la Parole ! Entends l’invitation au déploiement, à l’élargissement ! Entends ce que vient produire en l’homme, en toi, l’action pascale de Jésus qui te tire du silence, de l’obscurité, de l’isolement, de ton tombeau à la parole, à la lumière et à la communion! Entends et accueille.

Car ce signe de Jésus n’est pas destiné qu’à cet homme de la Décapole. Il est le signe de la promesse réalisée de Dieu. Il est le signe du projet que Dieu veut pour toi. Il est le signe de ta vocation et de la grandeur à laquelle tu es appelé. Non pas une vie renfermée sur elle-même, sur tes petits problèmes, sur tes contrariétés, sur ton confort et sur tes habitudes, mais une vie à l’horizon large, à la fraternité universelle, au risque du plein vent et de l’insécurité parfois, une vie en grand.

« Effata ! » « Ouvre-toi ! »

On croirait entendre une supplique de Dieu lui-même par la bouche de Jésus. La prière la plus intime et ultime de Dieu pour l’Homme. Celle qu’il exprime non seulement par des mots mais par tout son corps, par un corps à corps d’une intimité sensuelle, profonde, poétique. Jésus pose la main sur l’homme et lui met les doigts dans les oreilles. Comme une caresse qui redonne d’exister. Comme le potier reprend la terre sur son tour pour lui donner une seconde vie voici l’homme refaçonné à l’image de Dieu. Puis dans une donation extrême de lui-même, « avec sa salive lui touche la langue. » Comme un baiser. Un baiser amoureux d’un amour qui ouvre et déploie, qui fait entrer la lumière et sortir l’homme de sa solitude. Baiser charnel du corps à corps, avant le souffle du soupire et de la Parole qui vient comme pour l’homme de la Genèse donner vie à celui qui sans ce souffle n’était qu’un corps inerte.

Pentecôte et Création. Recréation. Résurrection. Ouvre-toi ! Effata !

Cet appel et cette action de Dieu sont pour toi, pour moi, pour chacun de nous. Regardons ce que nous faisons de nos vies, de nos plaintes, de nos petitesses. Et accueillons pour en vivre vraiment l’action recréatrice de Dieu en nos vies. Si notre intimité avec le Christ, si notre pratique religieuse, si nos exercices de piété, si notre comportement moral ne sont là que pour nous réconforter et nous donner bonne conscience en nous assurant quelques repères, sommes-nous encore vivants ? Ouvre-toi au risque de l’Evangile du Christ.

Toi, moi, et nous, communauté chrétienne, communauté paroissiale, Eglise de Jésus. Ouvre-toi. Si dans ton assemblée tu commences à juger, à discriminer, à qualifier tel ou tel qui ne te ressemble pas, nous dit Saint Jacques, quelle Eglise es-tu ? Quelle sont ta source et ta nourriture ? Quel Dieu aimes-tu ? Quel témoignage portes-tu ? La Parole aujourd’hui ouvre nos oreilles, nos cœurs et nos yeux non seulement pour prendre conscience de nos manques de communion, d’accueil et d’ouverture, mais aussi pour les dépasser et grandir en Esprit de Pentecôte et devenir toujours davantage à l’image de Dieu. Invitation à nous ouvrir en Eglise au risque de l’inconnu, au risque du monde et du dialogue, au risque de l’autre – Jésus ne se risque-t-il pas à aller en territoire de la Décapole ? – au risque de la vie, au risque de la lumière et de la communion. Action du Christ en notre Eglise, en son Eglise.

Effata !

Et puisse cette action du Christ en nous, porter témoignage et lumière autour de nous ! Non pour amener les gens à nous, mais pour que tout homme bénéficie de cette action divine de recréation et de Pentecôte. « Des gens amènent à Jésus un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler. » Et nous voilà imaginant amener à Jésus tant d’hommes et de femmes et peut-être toute la société et toute l’humanité, si souvent sourde aux appels de détresse, si hésitante dans ses paroles et ses actions. En ce mois de prière pour la Création, nous pensons tout particulièrement aux appels de détresse de notre Terre, non seulement elle-même meurtrie mais dont les conséquences des meurtrissures augmente la fragilité de tant d’espèces vivantes et de populations d’hommes et de femmes de part le monde. Les cris de la terre et les cris des pauvres sont liés (Laudato’Si). Les entendons-nous ? Quels sont nos actes et nos paroles ?

Effata ! Ouvre-nous, Seigneur ! Quel plus bel appel, quel plus beau programme à recevoir à l’aube de cette nouvelle année pastorale ? Et si cette parole de Jésus devenait notre boussole paroissiale toute cette année ? Ouvre nos oreilles, nos yeux, nos cœurs, délie nos langues, libère nos mains ! Fais de nous des acteurs vivants, des collaborateurs de ton projet d’amour et de vie. Fais de nous des « héritiers du Royaume. » Fais de nous des dépositaires de ta promesse qui vient changer le monde. Fais de nous des témoins – parce que nous l’auront préalablement entendu et accueilli – de ta prière, de ta Parole, de ta Pentecôte : Effata ! Ouvre-toi !

Amen.

P. Benoît Lecomte

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