Homélie du 14 août 2022, par le P. Benoît Lecomte

Barbezieux - Baignes - Barret

Publié le 15 août 2022

(Baptêmes de Mélya, Keylo, Elena, Chléa, Gabin)

« Je dois recevoir un baptême », dit Jésus, « et quel angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! »

Peut-être qu’en préparant le baptême de votre enfant vous avez dû essuyer quelques angoisses ou inquiétudes, vous aussi : qu’est-ce qu’on va faire lors des rencontres avec la paroisse, comment va se passer la célébration, qu’est-ce qu’on va manger avec nos invités…

Votre inquiétude rejoint peut-être celle de Jésus, mais ce dernier parle d’une autre angoisse : non pas celle de la préparation ou de la célébration ou de la fête du baptême, mais de son accomplissement. Et cette angoisse peut alors venir nous rejoindre tous, qui sommes déjà baptisés : notre baptême est-il réellement accompli ?

Je ne voudrais pas faire toute une homélie sur l’angoisse, ce serait malvenu au cœur des vacances et alors que nous voulons au contraire nous extraire de toutes les angoisses et inquiétudes du quotidien de l’année. Parlons alors de désir profond et de réponse à notre vocation baptismale : désirons-nous réellement accomplir notre baptême et laissons-le travailler en nous jusqu’à la pleine réponse de notre liberté ?

Le baptême est une fête joyeuse, et c’est ainsi que nous le vivons aujourd’hui, et nous avons raison.

Le baptême est aussi une orientation radicale de notre vie et de toute notre existence pour vivre de l’amour de Dieu révélé en Jésus Christ et de son Evangile. Une orientation, un engagement qui engage toutes les dimensions de notre vie, révélant ce qui est beau dans le monde et dans l’homme, portant un regard d’espérance contre toute espérance, prenant aussi position contre toute les formes de négations de l’homme, d’indignité et d’injustice. Notre baptême n’est pas une gentille croisière hors du temps et sous la protection divine qui nous assure que rien de ma ne peut nous arriver. Il est « un feu » qui mène parfois à la « guerre » et à la division, non pour diviser à cause d’une haine, de violence ou de rejet de l’autre, mais à cause de ce qui anime les baptisés : la force de l’amour qui croit que tout est possible et qui l’a démontré dans la résurrection de Jésus, le Christ.

La force d’un amour qui va jusqu’à déjouer toutes les impasses et les obstacles de nos rejets, de nos divisions et de nos individualismes. N’est-ce pas l’exemple de ce qui se passe avec le prophète Jérémie, jeté dans une citerne et sauvé par… un étranger ? Nous pouvons nous retrouver – personnellement ou collectivement parfois – dans l’image de celui qui est tombé et enfermé dans une citerne, dans une voie sans issue, dans une situation plus que compliquée. Et de nous laisser sauver par l’autre, celui qui vient d’ailleurs, celui qui n’est pas nous – l’étranger, ou Dieu – qui par amour – et parce que l’amour se joue des conditions humaines et ne connaît que le cœur de l’homme – vient nous relever et nous sauver. Réalisation définitive du salut par la mort et la résurrection du Christ, comme nous le rappelle la Lettre aux Hébreux, et renouvelée à chaque acte d’amour.

Le baptême de ces enfants aujourd’hui nous rappelle à notre propre vocation baptismale, à sa beauté et à sa radicalité. La vie d’un baptisé ne peut laisser insensible, indifférent. Ou alors, peut-être que notre baptême n’est pas encore accompli en nous. Au cours de notre prière commune, réjouissons-nous pour le baptême de ces enfants, et demandons au Seigneur d’ouvrir nos cœurs à l’embrasement de son feu.

Amen.

P. Benoît Lecomte

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