Le Triathlon : un projet pastoral de Pentecôte

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Publié le 20 mars 2021

Projet Triathlon solidaire du doyenné Sud Charente 2021 : un projet de Pentecôte

Le 22 mai 2021, samedi du week-end de Pentecôte, le doyenné Sud Charente vivra un « Triathlon solidaire ».

Pourquoi un tel projet, qui peut à certains paraître loufoque, original voire excentrique ? Pour vivre une expérience d’Eglise, d’unité, de Pentecôte.

Les participants pourront, au rythme de la balade familiale, de la rencontre dans chaque village traversé, de l’accompagnement des plus fatigués par les plus en formes, et sur les portions de parcours qu’ils veulent, rejoindre Barbezieux à Maumont en vélo, puis Maumont à Aubeterre à pieds, avant de profiter d’un tour sur la Dronne en canoë. Nul n’est obligé de tout faire ! On peut choisir son sport, choisir son lieu de départ et son lieu d’arrivée en fonction de ses forces et de ses envies. Et les participants ne sont pas uniquement ceux qui feront du sport ! Tous ceux qui encourageront sur le bord de la route, qui accueilleront dans les villages en ouvrant l’église, en proposant un petit ravitaillement de céréales ou de chocolat, tous ceux qui veilleront à l’organisation et la sécurité sont des « participants » de ce triathlon spécial.

A la fin de l’après-midi, la messe de Pentecôte viendra conclure la journée dans la joie de l’action de grâce. Car ce que nous aurons vécu aura bien été une expérience d’Eglise, d’unité, de Pentecôte.

Une expérience mettant en action les trois nouvelles paroisses de notre doyenné par la découverte, la fête et la prière. Pas de compétition mais l’occasion de vivre ensemble une journée au cours de laquelle on prend le temps de se rencontrer, de faire connaissance, de vivre ensemble. Une expérience solidaire où chacun va participer avec ce qu’il peut donner et le mettre au service des autres. Une expérience d’Eglise ou l’unité va se recevoir et se réaliser par la communion de toutes les différences apportées par chacun.

Ce Triathlon solidaire va nous donner de « faire Eglise », nous donner de nous « recevoir en Eglise. »

Une Eglise fraternelle. Une Eglise où l’on prend soin les uns des autres, où l’on ne se concurrence pas. Une Eglise – famille, comme une façon originale de vivre l’année de la famille proposée par le pape François. Comme dans une famille, on aura besoin les uns des autres pour avancer ensemble, pour s’encourager, pour prier, pour jouer, pour rire. Une Eglise joyeuse et fraternelle, comme celle des premiers chrétiens aux lendemains de la Pentecôte, quand on « mettait tout en commun » (Ac 2, 42-47). Une Eglise où les relations ne sont pas des relations hiérarchiques mais des relations d’entraide et de soutien. Une Eglise où chacun a sa place, tel qu’il est, membre à sa façon d’une unique famille et aimé comme tel.

Une Eglise incarnée. Car l’Église n’est pas une idée, elle est une réalité concrète, corporelle, physique, inscrite dans le monde, pérégrinante dans l’histoire. Le sport, mis en valeur à l’occasion de ce Triathlon, nous rappelle l’importance de nos propres corps et du Corps ecclésial. Jésus est connu pour être un homme qui marche, entouré de ses disciples. C’est par les pieds, par le corps que Dieu est entré en relation avec nous, dans son incarnation. Et c’est encore par le corps qu’est l’Église, qu’il se donne à toucher, à voir, à reconnaître, à sentir, à manger. Et puis comme l’indique le pape dans l’exhortation apostolique Christus vivit, « L’Église ne doit pas sous-évaluer les potentialités (de la pratique sportive)… A la base de l’expérience sportive il y a « la joie: la joie de bouger, la joie d’être ensemble, la joie pour la vie et les dons que le Créateur nous fait chaque jour ».

Une Eglise intergénérationnelle. Toutes les générations sont invitées à participer à cette manifestation. Les enfants, les adolescents, les parents, les grands-parents : chacun peut trouver sa place, chacun peut donner le meilleur de lui-même, dans la richesse des relations entre générations. La fougue des plus jeunes va se conjuguer avec la sagesse des plus anciens, la fatigue des aînés et des plus petits sera dépassée par la joie de tous. Il n’y a pas une Eglise des jeunes à côté d’une Eglise des vieux, c’est ensemble que nous faisons Eglise. « Si nous marchons ensemble, jeunes et vieux, nous pourrons être bien enracinés dans le présent, et, de là, fréquenter le passé et l’avenir : fréquenter le passé, pour apprendre de l’histoire et pour guérir les blessures qui parfois nous conditionnent ; fréquenter l’avenir pour nourrir l’enthousiasme, faire germer des rêves, susciter des prophéties, faire fleurir des espérances. De cette manière, nous pourrons, unis, apprendre les uns des autres, réchauffer les cœurs, éclairer nos esprits de la lumière de l’Évangile et donner de nouvelles forces à nos mains » (Christus vivit, 199)

Une Eglise Synodale. Au sens étymologique du mot : « marcher ensemble ». Nous allons vivre concrètement une expérience d’Eglise synodale, au sens le plus théologique qui soit. Ce qui est une chance, car ce concept facile à exprimer n’est pas toujours facile à vivre ! La synodalité nous fait passer du « je » au « nous » et nous ouvre ensemble à un processus qui nous constitue en Peuple de Dieu. La synodalité est un style de vie, d’organisation et de relation, et « c’est ce que le Seigneur attend de l’Église au troisième millénaire », disait le Pape François (29 novembre 2019). Cette synodalité qui caractérise l’Église du Concile Vatican II, comprise comme Peuple de Dieu, dans l’égalité et la dignité commune à tous les baptisés au cœur de la diversité des ministères, des charismes et des services. « Le monde dans lequel nous vivons, et que nous sommes appelés à aimer et à servir même dans ses contradictions, exige de l’Eglise le renforcement des synergies dans tous les domaines de sa mission » (Pape François,17 Octobre 2015). Le style synodale de la vie et de la mission de l’Église ouvre à de nombreux processus de conversions à vivre, mais aussi à de nouveaux élans et à un nouveau dynamisme, dans le souffle de l’Esprit de Pentecôte !

Une Eglise missionnaire. Devenant synodale, et donc communion, l’Église devient également missionnaire, car capable de transformer nos cœurs, nos vies chrétiennes, et de s’adresser à notre monde par le témoignage de solidarité, de joie et de respect qu’elle porte à chacun. L’Église reflétant la manière même d’être de Dieu, son témoignage devient non seulement crédible mais attendu et accueilli. Témoignage d’une Eglise et d’un Dieu en mouvement, en mouvement pour rejoindre toutes celles et tous ceux qui ont soif de paix et de bonté, de parole et d’écoute, de respect et de dignité.

Une Eglise qui prend au sérieux son rapport à la nature et à la création. Notre cathédrale sera la campagne Charentaise, nos grandes orgues, le vent dans les arbres, nos cierges, les rayons du soleil. Ce Triathlon traversant nos trois paroisses est l’occasion de respirer à pleins poumons, de contempler la nature et la création, de rendre grâce pour l’univers qui nous est donné et dans lequel nous sommes invités à vivre et à prendre nos responsabilités. « Créés par le même Père, nous et tous les êtres de l’univers, sommes unis par des liens invisibles, et formons une sorte de famille universelle, une communion sublime qui nous pousse à un respect sacré, tendre et humble […] Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre » (Laudato si’, 89-92).

Une Eglise de la rencontre, qui se déplace et chemine. C’est en Peuple que nous allons pérégriner d’un bout à l’autre du doyenné. Non pas en courant ou en nous cachant derrière nos vitres de voiture, mais au pas de la rencontre de ceux que nous croiserons au long de la route, de ceux avec qui nous prendrons le temps d’échanger quelques mots ou un peu plus. Au rythme de Jésus qui marchait sur les routes de Palestine. Au rythme des amoureux qui partent se promener. Au rythme de la contemplation du monde et de ceux qui nous entourent. Une Eglise qui ne reste pas en place, mais qui sort de son confort, de ses habitudes, de ses schémas connus pour se risquer à vivre une aventure dans la confiance et dans la joie. Une Eglise qui ne s’arrête pas à ses peurs mais qui ose, qui tente, quitte à avoir mal aux pieds ou à risquer une chute. Une Eglise qui vit et qui avance, dans la confiance de l’Esprit.

Une Eglise priante. D’une prière intérieure, qu’on récite silencieusement en contemplant la nature. D’une prière joyeuse, qu’on fredonne seul ou qu’on chante à plusieurs en s’encourageant mutuellement au long des kilomètres. D’une prière qui accueille toutes les prières, de demande et de merci, de silence et de parole. D’une prière qui nous lie tous au même Père, que l’on soit sur le parcours ou que l’on porte la rencontre depuis chez soi, nous laissant deviner frères et sœurs d’une même famille, vivants du même souffle de l’Esprit. D’une prière qui rassemble en faisant converger les participants vers la même action de grâce, dans l’eucharistie qui récapitule et déploie. D’une prière qui n’est pas une activité en plus au long du chemin mais la respiration qui permet d’avancer, de se parler, de se rencontrer, de vivre ensemble et de se reconnaître précédés et accompagnés par le Tout Autre.

Une Eglise de la Pentecôte. Voilà finalement le but de ce Triathlon, non pas sportif mais festif. Non comme une compétition mais comme une révélation. Révélation telle celle que vivent les apôtres au jour de la Pentecôte. Révélation de l’audace de Dieu et de sa Bonne Nouvelle offerte à tous. « Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? […] tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu » (Ac 2, 1-11). N’est-ce pas une Eglise en communion, en sortie, en vie que nous voulons devenir ? Le chemin ne se fera pas en un jour, il est déjà commencé et il continuera encore ! Mais que ce Triathlon solidaire de doyenné puisse nous donner, à tous, de goûter autant que nous le pourrons à cette Eglise de Dieu et faire de nous un Peuple unifié par l’Esprit Saint, un Corps auquel chacun des membre est heureux de participer, un témoignage joyeux qui dise au monde la beauté de l’Amour de Dieu vécu et partagé.

P. Benoît Lecomte

le 19 mars 2021

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