Frères et sœurs bien-aimés, nous sommes tous appelés au salut. Le Christ est venu pour nous tous. Sa mission première est d’aller à la recherche de toutes les brebis égarées. Frères et sœurs, un chrétien engagé dans l’une de mes paroisses vient tout furieux et me pose cette question: « Père, pourquoi Dieu donne-t-il le soleil aux bons comme aux méchants ? Pourquoi il arrose aussi les cultures des méchants ? Pourquoi les enfants des méchants aussi réussissent dans la vie ?» je lui ai répondu: Dieu est Dieu. Dieu nous aime tous parce que nous sommes tous créés par lui à son image et à sa ressemblance. Aussi parce que Dieu n’aime pas comme nous. Nous, nous faisons parfois des catégories: celui qui mérite, celui qui ne mérite pas. Dieu, lui, aime gratuitement. » Et le prophète Isaïe dans la première lecture, nous invite à chercher le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, et à l’invoquez tant qu’il est proche et insiste sur le fait que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées, et que nos chemins ne sont pas ses chemins.» Facilement nous jugeons et nous condamnons nos frère et sœurs.
Jésus nous parle dans l’Evangile d’un maître qui embauche des ouvriers pour sa vigne. Certains travaillent dès le matin, d’autres arrivent à midi, d’autres encore à la dernière heure. Et pourtant, à la fin de la journée, tous reçoivent le même salaire. Voilà Dieu. Les premiers se plaignent : « Ces derniers n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous ! » Humainement, nous pouvons comprendre leur réaction. Nous pensons en termes de mérite : J’ai travaillé davantage, donc je dois recevoir davantage. Mais Dieu ne fonctionne pas selon nos calculs. Le maître répond : « Mon ami, je ne te fais aucun tort. » Le maître est-il injuste ? Non. En fait les ouvriers sont jaloux de sa générosité. Voilà notre attitude. Combien de fois disons-nous : « Seigneur, moi, je suis fidèle depuis longtemps. Pourquoi lui reçoit-il autant ? Pourquoi cette personne qui s’est éloignée de l’Église revient-elle et semble-t-elle être accueillie comme si rien ne s’était passé ? Pourquoi Dieu lui pardonne-t-il si facilement ? » Oui, mes frères et sœurs mais Dieu l’attendait depuis longtemps. » Voilà la bonne nouvelle de l’Évangile : il n’est jamais trop tard pour Dieu. Peut-être quelqu’un parmi nous pense-t-il : J’ai perdu trop de temps. J’ai fait trop d’erreurs. Je me suis éloigné de Dieu.
Mais le maître continue de sortir à la rencontre des ouvriers, même à la dernière heure. Saint Augustin, qui avait lui-même longtemps cherché Dieu avant de se convertir pleinement, s’écrie dans ses Confessions : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » Dieu ne se fatigue pas de nous chercher.
Frères et sœurs, nous sommes parfois des chrétiens de la première heure. Nous avons prié, servi, donné du temps, supporté des difficultés. Mais attention à ne pas transformer notre foi en comptabilité avec Dieu. Nous ne disons pas : « Seigneur, regarde tout ce que j’ai fait pour toi ! » Nous disons plutôt : « Seigneur, merci de m’avoir appelé. Merci de m’avoir fait confiance. Merci pour ta grâce » et disons comme Sainte Thérèse de Lisieux: « Tout est grâce. » Cette petite phrase résume merveilleusement l’Évangile d’aujourd’hui. Notre vie est une grâce. Notre foi est une grâce. Le pardon est une grâce. La possibilité de recommencer est une grâce. Et si tout est grâce, alors nous n’avons plus besoin de nous comparer aux autres.
Et surtout, souvenons-nous de cette parole de saint Jean-Marie Vianney : « Nos fautes sont comme des grains de sable en comparaison de la grande montagne de la miséricorde de Dieu. » Oui, les pensées de Dieu dépassent nos pensées. Il n’est jamais trop tard pour entrer dans la vigne. Il n’est jamais trop tard pour revenir vers Dieu. Il n’est jamais trop tard pour recevoir sa grâce. Que Dieu qui appelle chacun à l’heure qu’il a choisie, nous garde fidèles jusqu’au soir de notre vie, pour recevoir, avec tous les ouvriers de sa vigne, le salaire de la vie éternelle. Amen Alléluia.
P. Augustin Ernest HITIKETIK







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