Homélie du 2 novembre, par le P. Benoît Lecomte

Barbezieux - Baignes - Barret

Publié le 2 novembre 2022

La mort est partout, au point qu’à moins d’événements particulièrement tragiques, elle ne nous émeut plus. « Une femme qui meurt dans la misère fais moins de bruit dans les médias que la baisse d’un point à la bourse », disait le pape François dans l’un de ces textes. Mais quand c’est l’un de nos proches qui est concerné, elle prend alors toute la place. Parce qu’elle devient synonyme de perte, d’absence, de vide, de « plus jamais ». De scandale, parfois. D’injustice aussi. Parce que nous sommes ébranlés intérieurement, parce que l’émotion nous saisit, parfois la détresse, parce que notre propre vie en est bouleversée.

Mystérieusement pourtant, intimement même, nous découvrons d’autres manières d’être en lien, en communion avec celles et ceux qui sont partis. Pas seulement grâce aux souvenirs, car les souvenirs s’estompent, ils passent avec le temps. Il s’agit plutôt d’une nouvelle façon de nous adresser à ceux que nous aimons encore, même s’ils ont disparu à nos regards. Il n’y a pas seulement comme les traces d’une vie passée qui nous lieraient les uns aux autres, il y a une nouvelle réalité, qui est aussi vie. Une réalité porteuse et promesse d’avenir.

Car la vie a pu être transformée par le passage de la mort, elle a été la plus forte. Elle ne s’est pas éteinte. La mort espérait avoir le dernier mot, ce n’est pas elle qui a vaincu, mais bien la vie. Jésus-Christ, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie », a transpercé le mur de la mort.

Cette affirmation est affirmation de foi. Mais elle n’est pas une formule dogmatique théorique : en plus de se référer à l’événement de Pâques, elle s’enracine dans cette expérience mystérieuse que nous faisons et vivons avec les défunts de nos familles et de nos proches. Christ est ressuscité, et nous comprenons qu’ayant brisé la mort, il a ouvert une brèche par laquelle toute l’humanité peut désormais passer, pour vivre dans la Lumière éternelle du Père.

La force et la puissance de cette vie, c’est l’amour. L’amour dont nous vivons ici-bas entre nous et l’amour qui nous lie les uns aux autres, qui nous a lié avec ceux qui nous ont précédés, et qui nous lie encore avec eux. Oui, la mort n’est rien face à la puissance de l’amour. C’est pourquoi tout ce que nous vivons aujourd’hui, dès ici-bas, d’amour, d’amitié, de partage, de joie, de reconnaissance, de douceur et de pardon, rien de tout cela ne peut mourir. Plus encore, tout cela peut continuer d’exister encore par-delà le mur de la mort, entre eux et nous, entre nous et eux. « Leurs actes suivent les morts qui meurent dans le Seigneur », disait la voix dans l’Apocalypse. Leurs actes les suivent, car ils sont dans le Seigneur, dans l’Amour tout puissant. Et l’Amour continue de les entourer et de les nourrir. Ce même Amour qui nous entoure aussi, et qui nous accompagne.

Nous avons célébré hier la Toussaint. Cette fête nous parlait déjà de communion. D’une communion par-delà ce qu’on voit et tous ceux qu’on voit. Cette fête englobait tous les saints de l’histoire et du temps, tous les disciples de l’Amour et du Christ, nous faisant entrer dans une dimension qui se joue de l’espace, du temps et de la mort. La commémoration de ceux qui nous sont chers, aujourd’hui, continue cette fête en la rapprochant peut-être de nous, et en annonçant cette espérance folle qui nous rassemble ce matin. Oui, les morts ne sont pas morts, ils sont bien vivants, en Jésus-Christ, et ils continuent de nous accompagner sur nos chemins de vie, de nous guider depuis la Lumière éternelle, pour nous aider à marcher sur les routes de l’amour et de la paix, pour nous apprendre à vivre déjà de l’Esprit de Vie, de l’Esprit qui ressuscite.

            Cette commémoration n’est pas un jour de tristesse, mais bien une fête. Une fête de l’espérance et de la joie de nous éprouver toujours tous en lien et en communion, que l’on soit ici ou que l’on soit ailleurs. Notre passage dans les cimetières ces jours-ci ne doit pas être vécu avec la tristesse de ceux qui regardent le passé, mais avec la joie de ceux qui se savent accompagnés par ceux qu’ils aiment encore, et l’espérance de ceux qui savent que l’avenir nous réunira tous dans une communion sans fin.

            Oui, Seigneur, notre cœur est en paix, nous savons le Chemin : tu es le Chemin, la Vérité et la Vie. Par toi nous nous retrouvons tous dans la paix et dans l’amour, par toi nous sommes tous définitivement sauvés de la mort, par toi nous vivons déjà et pour toujours de la vie de toute éternité, de cette vie qui n’a ni commencement, ni fin, et que rien ne peut arrêter.

Amen.

P. Benoît Lecomte

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