Homélie du 1er mars 2026, par le P. Maxime Petit

Montmoreau - Blanzac - Villebois-Lavalette

Publié le 2 mars 2026

Dimanche 1 er mars 2026
2 ème dimanche du Carême (Année A)
Gn 12,1-4a – Ps 32 – 2Tm 1,8b-10 – Mt 17,1-9


Au début de cette homélie, j’aimerais vous soumettre une
petite question : si cet après-midi, en vous baladant seul dans la
campagne, la nuée divine vous couvrait de son ombre, qui
aimeriez-vous rencontrer ? Cela peut être n’importe qui… un
personnage historique ou une célébrité actuelle, quelqu’un que
vous admirez ou que vous aimez. Avec qui aimeriez échanger ?
Alors évidemment, parce que l’on est à la messe en plein
milieu du carême, la bienséance et la piété nous invitent à
répondre en chœur : « Jésus » ! Cela va de soi… Rassurez-vous,
Jésus, vous le verrez tôt ou tard, au soir de votre vie. Alors pour
intégrer cet élan de piété qui ruine mon petit sondage, je vous
repose ma question en la changeant un tout petit peu : si cet après-
midi, vous viviez une expérience spirituelle forte et que Jésus
vous apparaissait, avec qui voudriez-vous le rencontrer ? Je vous
laisse un instant pour réfléchir.
Cette question, chers frères et sœurs, n’est pas
complètement ingénue, vous vous en doutez. Mon but, ici, est de
permettre à chacun de se mettre à la place de Pierre, Jacques et
Jean qui voient Jésus s’entretenir avec Moïse et Elie. Car pour
nous, ces deux hommes ne disent peut-être pas grand-chose. A
mon avis, assez peu d’entre nous, par ce petit exercice de pensée,
ont désiré de tout leur cœur rencontrer Moïse et Elie… Peut-être
avons-nous plutôt pensé à Napoléon, Martin Luther King ou
encore saint Louis. Moïse et Elie sont certes d’illustres
personnages mais peut-être pas les hommes que nous admirons le
plus au monde.
Et c’est peut-être là que notre expérience diverge de celle
des apôtres que nous essayons de rejoindre. Car pour un Juif du 1 er
siècle, baigné dans la culture religieuse d’Israël, Moïse et Elie ne
sont pas de simples figures du passé dont parlent les vieux
rouleaux conservés à la synagogue. Moïse est l’homme le plus
respecté du peuple, la cheville ouvrière de la sortie d’Egypte,
celui à qui Dieu a donné la Loi sur le mont Sinaï. Et Elie n’est pas
en reste. Il est le plus grand prophète de l’ère royale, celui dont la
tradition dit qu’il s’est envolé sur un char de feu à la fin de sa vie.
Autrement dit, la rencontre de Moïse et d’Elie a quelque chose de
grandiose, d’extraordinaire, d’incomparable pour Pierre, Jacques
et Jean. Jésus, qu’ils admirent certainement beaucoup, est en train
de discuter avec les deux personnages les plus célèbres de
l’histoire. Jésus, avec qui ils passent tout leur temps, est en train
de parler d’égal à égal, avec les figures matricielles de la
Révélation biblique.
Réaliser cela, c’est, je crois, saisir le sens profond de la
Transfiguration. Jésus, qui vient d’annoncer pour la première fois
à ses disciples ce qui allait lui arriver lors de la Pâque, à savoir
son arrestation, sa mort et sa résurrection, a voulu poser un acte
majeur pour que cette annonce prenne du poids… Il veut leur faire
comprendre que cette souffrance, cette mort et cette résurrection
ne seront pas seulement celles d’un homme sage comme le pays
en compte tant. SA mort et SA résurrection sont celles du Fils
unique. Jésus EST Dieu, comme le laisse ici transparaître la
brillance de son visage et la blancheur de son vêtement. Jésus
EST Dieu comme le laisse entrevoir son échange d’égal à égal
avec Moïse et Elie. Et enfin, Jésus EST Dieu, comme le laisse
entendre la voix venue de la nuée qui interpelle les apôtres :
« Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! » Les apôtres sont terrassés par une telle lumière.
Lumière physique bien sûr, mais surtout lumière spirituelle qui
éclaire d’un coup la mystérieuse attraction que Jésus exerce sur
eux. Il n’est pas un simple Messie. Il EST le Verbe de Dieu qui
parlait déjà à Moïse dans le buisson ardent. Le Verbe de Dieu qui
passa auprès d’Elie au creux du mont Horeb.
C’est cette révélation qui nous aide à mieux comprendre la
demande de saint Pierre face à une scène si étonnante :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais
dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour
Elie. » Il n’est pas en train de jouer le gérant de camping, ni
d’organiser un pique-nique céleste, comme on le dit parfois en se
moquant gentiment. A mon avis, saint Pierre pense sérieusement
que la mission de Jésus est de demeurer là, avec Moïse et Elie,
sous les tentes qui rappellent celles dans lesquelles vécurent les
Hébreux pendant leur longue traversée du désert et que les Juifs
célèbrent par la fête de Souccot.
Mais, Jésus va vite lui faire comprendre que sa mission ne
s’arrête pas là, sur cette montagne. La Transfiguration n’est qu’un
moment, un temps béni, consacré, pour permettre aux apôtres de
toucher du doigt la gloire céleste. Mais la brillance et la blancheur
ici entrevues, aussi extraordinaires soient-elles, ne sont que la
préfiguration de celles qui habilleront le Ressuscité. Pour
l’instant, Jésus doit descendre. Descendre de la montagne pour
aller à Jérusalem. Descendre de la chambre haute pour souffrir au
jardin des Oliviers. Descendre de la Croix pour aller aux
profondeurs des enfers et en faire sortir tous ceux qui attendaient
sa venue. Oui, Jésus va ressusciter, comme le préfigure la
Transfiguration. Mais avant cela, il doit mourir pour sauver
l’humanité.
Je crois, chers frères et sœurs, que cette lecture de la
Transfiguration peut dessiner les contours de notre prière pendant
cette deuxième semaine du carême.
D’abord, en nous interrogeant : quelle place occupe Jésus
dans notre vie ? Et plus précisément, est-il supérieur à tous ceux
que nous admirons et que nous aimons ? Avons-nous vraiment
une relation intime, vivante avec lui au point de le considérer
comme « le Fils bien-aimé » du Père, celui que le Père a choisi
pour nous faire entrer dans la gloire ?
Enfin, après nous avoir ainsi interrogés, cette lecture de la
Transfiguration pourra encore nous galvaniser et nous
remobiliser. Sommes-nous prêts à ressusciter avec Jésus ? Et pour
cela, sommes-nous prêts à descendre avec lui de la montagne ?
Puisqu’il n’a négligé aucune souffrance, aucune douleur, aucune
peine par amour pour nous, nous pouvons vivre chaque
souffrance, chaque douleur, chaque peine en union avec lui. Telle
est notre mission, en particulier pendant le carême : unir notre vie
à la sienne, consentir à descendre avec lui jusqu’aux profondeurs
de la mort pour ressusciter en lui avec les nouveaux baptisés
pendant la nuit de Pâques.

Amen.

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