Homélie du 13 mars 2022, par le P. Benoît Lecomte

Barbezieux - Baignes - Barret

Publié le 13 mars 2022

L’homélie de ce jour était dialoguée entre un jeune scout, Eliott, et le Père Benoît

Eliott : C’est bien beau toutes ces lectures mais perso, je suis largué. Je n’y comprends pas grand-chose et je suis sûr que je ne suis pas le seul.

Benoît : Oui je sais bien, ils ne sont pas simples ces textes mais c’est pour cela qu’il y a l’homélie.

Eliott : Houlà, je ne te suis plus du tout là !

Benoît : L’homélie, c’est une méditation qui a pour but d’écouter la Parole de Dieu et de chercher ce qu’elle peut nous dire. Quand tu réfléchis à l’homélie, tu ouvres la Parole de Dieu dans une main, le journal dans l’autre. Puis tu ouvres ton cœur pour écouter en profondeur ce que Dieu veut nous dire aujourd’hui.

Eliott : Donc si j’ai bien compris, les textes s’appliquent encore aujourd’hui. Il faut juste trouver le sens mais ça reste encore très flou. Par exemple, pourquoi faire un massacre animal ?

Benoît : C’est vrai que dans le récit de la Genèse, on trouve cet événement un peu étrange. Pas du tout « L 214 », du nom de l’association de lutte contre les violences animales ! En fait, l’événement que vit Abram n’est autre que la manifestation physique de la réalité de la promesse que Dieu lui fait : « Tu auras une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel, et tu auras le pays que tu vois devant toi en héritage. » Abram est comme nous : il a besoin de preuves pour croire à la Parole et à la Promesse de Dieu. Ce qui ressemble à une boucherie ou à un grand barbecue et que le Seigneur met en place est en fait plein de sens. Lorsqu’on coupe les animaux en deux, le sang coule et se répand. Le sang, c’est la vie. Mais Dieu ne veut pas que la vie soit perdue ! Le feu du brasier vient alors arrêter la perte de sang. Et se faisant, la Parole donnée est sans retour possible. De la même façon qu’une viande cuite ne pourra plus devenir crue, de la même façon la Parole de Dieu ne pourra faire marche arrière et la Promesse ne pourra être reprise. L’Alliance est scellée, une fois pour toute et à jamais. Abram en a désormais la preuve, il ne doit plus douter. Dieu ne le laissera pas tomber.

Eliott : Bon, je commence à mieux comprendre. Mais comment je peux faire raisonner ces textes dans ma vie quotidienne ? En tant que lycéen ?

Benoît : La réalisation de la Promesse traverse non seulement ce récit mais aussi celui de la Transfiguration de Jésus dans l’Evangile. Voilà une nouvelle manifestation de Dieu et de la réalisation de sa Promesse. En étant transfiguré, Jésus indique que l’avenir de l’humanité, et donc de nous tous et de toi aussi, est de vivre en ressuscité. Non seulement après notre mort, mais déjà aujourd’hui, au quotidien. C’est-à-dire de vivre dans la liberté de l’amour, dans une vie pleine de l’amour de Dieu. Avec Jésus transfiguré, reflétant la beauté du visage du Père, nous voyons la réalisation renouvelée de cette Alliance. Il est Celui qui réalise l’Alliance promise, celui que nous pouvons suivre en toute confiance.

Tu as remarqué que la notion confiance traverse également tous ces récits. Celle d’Abram, qui a foi dans le Seigneur. Celle de Pierre, Jacques et Jean, qui malgré leur frayeur, entrent dans la nuée. Celle de Saint Paul, qui nous parle avec assurance de notre « citoyenneté dans les cieux » et de la « transformation de nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux ». Celle du psalmiste, qui met toute sa confiance dans le Seigneur et qui ne connaît plus la crainte et la peur. Comme lycéen, tu peux mettre toute ta confiance en l’Amour de Dieu qui ne te trahira jamais, et en Jésus, Celui qui vient révéler cet Amour et le projet de Dieu pour toi.

Eliott :  Et si on va encore plus loin, comment ces textes peuvent-ils rayonner dans la vie des adultes, des personnes en difficultés ? ou tous ces gens qui souffrent de la guerre ?

Benoît : Quand la guerre frappe aux portes de l’Europe, quand l’inhumanité s’expose en permanence sur nos écrans, quand des hommes, des femmes, des enfants sont transformés en chair à canon, quand l’avenir est si incertain, quand, sans aller nécessairement très loin, notre monde intérieur, affectif, familial, professionnel, ecclésial aussi s’effondre et connaît le chaos, la Parole de Dieu nous rappelle la Promesse de la Présence du Père et de sa bénédiction qui ne passera jamais, et nous invite à la confiance qui ouvre à la paix du cœur. La Promesse de Dieu répond à la confiance de l’Homme, qui elle-même répond à la Promesse de Dieu, qui fait grandir la confiance de l’Homme, etc. Notre vie – notre vie individuelle, notre vie sociale – n’est pas vouée à un non-sens ou à une dégradation, elle est située dans un cercle vertueux qui nous fait grandir dans l’amitié avec Dieu, le Dieu d’Amour et de Vie, le Dieu de Jésus-Christ qui nous trace le chemin de la Transfiguration et de la Résurrection par sa propre confiance au Père. Tu peux mettre ta confiance dans l’Amour, Dieu ne te laissera jamais tomber. Tu peux écouter le Christ et la Parole qu’Il est, ton chemin te conduira à vivre pleinement.

« Où es-tu ? », méditons-nous tout ce temps de carême. Dimanche dernier nous comprenions que le Seigneur nous donnait rendez-vous en sa Parole. Nous entendons aujourd’hui qu’il nous donne rendez-vous dans la confiance. Dans l’espérance. Sur notre chemin de carême, nous comprenons que la conversion que nous sommes invités à vivre nous appelle à entrer dans cette confiance et cette espérance, pour accueillir en nous la Promesse de Dieu et son Alliance. Nous pouvons quitter nos peurs, nos craintes, nos appréhensions, nos « c’était mieux avant ». Nous pouvons entrer dans la confiance en Dieu et avec elle dans la confiance en l’autre, en tous les autres, en toutes nos relations, pour les apaiser, les renouveler, les enrichir de ce que chacun apporte. Nous pouvons entrer dans la confiance qui vient transformer nos vies jusqu’à les transfigurer. Une confiance qui nous invite à nous engager, résolument, pour grandir et faire grandir l’humanité et la fraternité, la dignité de chacun, par tous les gestes de solidarité que nous pourrons poser, comme tant et tant sont posés ces jours-ci à l’encontre de ceux qui perdent tout.

En cette deuxième semaine de carême, entrons dans la confiance et l’espérance, dans la paix que Dieu nous donne, dans la vie plus forte que tout et au-delà de tout ce que nous voyons et que nous pouvons imaginer.

Amen.

P. Benoît Lecomte  

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