Frères et sœurs bien-aimés, « Dieu nous invite à son festin : accueillons son appel et revêtons le vêtement des noces. » La liturgie de ce dimanche, nous adressent un appel à l’espérance. Dieu nous appelle à partager sa vie, mais cet appel exige de notre part une réponse libre, sincère et cohérente. Le Seigneur nous invite à sa table ; encore faut-il accepter son invitation et laisser notre vie être transformée par sa grâce.
Les trois lectures nous présentent de manière claire : la promesse du festin, la force que Dieu nous donne dans toutes les circonstances et la nécessité de répondre concrètement à son appel. Quelle joie pour nous de savoir que Dieu veille sur nous au quotidien.
Le prophète Isaïe dans la première lecture, annonce que Dieu préparera pour tous les peuples un festin de viandes grasses et de vins capiteux. Il promet également d’essuyer les larmes sur tous les visages et de détruire la mort pour toujours. Voilà une image merveilleuse de notre Dieu ! Notre Dieu n’est pas un Dieu qui se réjouit de la souffrance de ses enfants. Il est le Dieu qui rassemble, qui console, qui nourrit et qui sauve. Le festin représente la communion avec Dieu, la joie du salut et l’espérance de la vie éternelle. Là où l’homme voit parfois la mort, l’échec et les larmes, Dieu ouvre un chemin d’espérance. Ceci nous donne de dire que le repas que Dieu donnera célèbrera la disparition définitive de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. Dans un monde marqué par les divisions, les guerres, la pauvreté et les souffrances familiales, cette promesse demeure une lumière. Dieu n’abandonne pas son peuple. Mais alors, nous ne pouvons pas attendre le festin de Dieu tout en refusant de partager notre pain avec nos frères. Nous ne pouvons pas prier pour la paix tout en entretenant la haine. Nous ne pouvons pas demander la miséricorde de Dieu tout en refusant de pardonner. Celui qui attend le festin du Royaume doit déjà apprendre à vivre la fraternité sur cette terre.
Dans la deuxième lecture, saint Paul nous livre ce témoignage admirable : « Je peux tout en celui qui me donne la force ». Paul ne dit pas qu’il n’a jamais souffert. Il explique qu’il a appris à vivre dans l’abondance comme dans le dénuement, parce qu’il s’appuie sur le Christ. Voilà une parole pour ceux qui traversent des moments difficiles : ceux qui cherchent du travail, ceux qui connaissent la maladie, ceux qui portent des responsabilités lourdes, ceux qui pleurent un être cher ou qui se sentent abandonnés. La foi chrétienne ne signifie pas que nous ne connaîtrons jamais les difficultés. Elle signifie que nos difficultés n’auront pas le dernier mot, car le Christ demeure notre force. Cependant, cette confiance ne nous dispense pas d’agir. Elle nous donne le courage de continuer à travailler, de rechercher la justice, de tendre la main aux personnes dans le besoin et de ne pas céder au désespoir. Le chrétien ne dit pas : « Tout est facile parce que Dieu est avec moi. » Il dit plutôt : « Même lorsque le chemin est difficile, je ne marche pas seul. » Apprenons donc à rendre grâce dans l’abondance et à garder confiance dans l’épreuve. Notre sécurité ultime ne réside pas dans nos richesses, mais dans la fidélité au Seigneur.
L’Évangile nous montre l’obstination de ceux qui se sont éloignés de la Bonne Nouvelle. Jésus nous présente un Roi qui organise les noces de son fils. Il envoie ses serviteurs appeler les invités, mais ceux-ci refusent de venir. Certains sont préoccupés par leurs champs, d’autres par leurs affaires. Le Roi envoie alors ses serviteurs sur les chemins pour inviter tous ceux qu’ils rencontreront. Frères et sœurs, voici le drame de notre vie spirituelle : Dieu nous invite, mais nous trouvons souvent mille raisons pour ne pas lui répondre. Nous avons du temps pour nos affaires, nos projets, nos loisirs et nos relations, mais parfois si peu de temps pour la prière, la messe, la Parole de Dieu et le service des pauvres. Le problème n’est pas que nous ayons des occupations. Le problème commence lorsque nos occupations prennent la place de Dieu.
Remarquons aussi que le Roi fait entrer dans la salle des noces des personnes rencontrées sur les chemins, les bonnes comme les mauvaises. Cela nous révèle l’universalité de la miséricorde divine : personne n’est exclu d’avance de l’appel au salut. Mais Jésus ajoute un détail surprenant : un homme est expulsé parce qu’il ne porte pas le vêtement de noce.
Que signifie ce vêtement ? Il nous rappelle que l’accueil de la grâce doit transformer notre existence. On ne peut pas prétendre appartenir au Christ tout en refusant obstinément de vivre selon son Évangile. Le vêtement de noce symbolise cette vie nouvelle que nous sommes appelés à revêtir : la foi vivante, la charité, le pardon, la justice, l’humilité, et la fidélité à Dieu. Donc cet intrus parmi les invités n’avait pas une rencontre personnelle avec l’amour du Seigneur.
Ces noces, c’est le salut de Dieu pour tout le monde. C’est le bonheur que Dieu offre à tous les hommes par son fils Jésus-Christ mort sur la croix par amour pour nous les hommes. Vous voyez frères et sœurs, le problème n’est pas de Dieu mais des hommes. C’est eux qui refusent de répondre présent, d’adhérer au projet de bonheur de Dieu pour eux.
Mes chers frères et sœurs, c’est à nous que Dieu adresse cette invitation des noces de son fils aujourd’hui. Il s’agit là de la messe, prélude aux noces éternelles. Combien sont-ils à trouver des prétextes pour manquer aux rendez-vous de Dieu avec nous à l’occasion des messes, de l’adoration, de la méditation du rosaire par exemple en ce mois d’octobre ? Pouvons-nous être heureux ou comblés en dehors de celui qui nous a créés ?
Que devons nous retenir ce dimanche ? Avec Isaïe, gardons l’espérance : Dieu prépare un festin de vie et de joie pour son peuple. Avec saint Paul, demeurons fermes dans l’épreuve : le Christ est notre force dans l’abondance comme dans le dénuement. Avec Jésus, répondons à l’invitation divine et revêtons le vêtement des noces, c’est-à-dire une vie transformée par l’Évangile.
Seigneur Jésus, rassemble-nous à ta table. Donne-nous la force de traverser les épreuves, le courage de répondre à ton appel et la grâce de revêtir le vêtement de la charité. Que notre vie entière devienne une préparation aux noces éternelles de ton Royaume. Amen.
P. Augustin Ernest HITIKETIK







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