Homélie du Vendredi Saint à Chalais, par François-Xavier Grandpierre

Aubeterre - Chalais - Brossac

Publié le 15 avril 2022

Le Seigneur Dieu aurait pu choisir de nombreux moyens pour nous sauver puisqu’Il peut tout. Mais le moyen le plus convenable est celui du sacrifice de son Fils. En effet, ce qui a causé la chute de toute l’humanité dans le péché et dans la mort, mais plus encore, le déséquilibre de toute l’harmonie du cosmos, c’est bien la désobéissance de nos premiers parents. Pour réparer une telle désobéissance, dans le but de « devenir comme des dieux », il fallait non que l’homme s’élève, mais que Dieu s’abaisse dans un acte de parfaite obéissance. Par la passion et la croix du Christ deux éléments sont donc mis en contraste : l’orgueil de l’homme face à l’humilité suprême de Dieu en donnant son Fils et en se faisant homme lui-même ; la désobéissance d’Adam face à l’obéissance du Christ en pleine liberté, c’est- à-dire dans un acte de volonté et d’amour.

Jésus nous sauve par la croix parce qu’elle est le l’instrument de l’humiliation et de la souffrance. Dieu voulait s’engager pleinement pour l’homme. Pourquoi ? Parce qu’Il l’aime au point de lui donner son Fils. Par sa vie donnée, le Christ a voulu se livrer perdant aux mains des hommes.

Mais alors que nos premiers parents étaient responsables face à leur péché, et nous le sommes nous aussi face à nos propres péchés, si le Christ peut nous justifier, c’est-à-dire nous sauver, nous racheter, c’est bien parce que Lui-même était innocent de toute faute.

Dans l’Ancien Testament, les prêtres offraient des sacrifices pour demander à Dieu le pardon de leurs péchés. Les trois éléments que je viens d’évoquer : humilité, obéissance et innocence, sont ceux qui caractérisent l’offrande parfaite, tel un petit agneau sans tâche conduit docilement à l’abattoir. C’est en devenant l’offrande parfaite, dans le sacrifice de la Croix, que l’Agneau divin, notre Seigneur, peut devenir définitivement notre Sauveur. La perfection du don de sa vie suffit à porter devant le Père tous les péchés de l’humanité, si bien qu’aucun autre sacrifice ne sera jamais plus exigé !

Chers frères et sœurs, il s’agit bien de votre salut dont je vous parle aujourd’hui ! Par le Christ, Grand Prêtre et Offrande parfaite, l’Alliance entre Dieu et les hommes et scellée une fois pour toute ! Dieu n’a pas d’autre volonté que celle de nous voir auprès de Lui, en Lui. Et c’est cela le Salut éternel : accueillir la Miséricorde du Seigneur offerte par le sacrifice du Christ en Croix. C’est l’enjeu ultime de notre foi si bien que lorsqu’il est demandé aux catéchumènes pourquoi ils désirent recevoir le baptême, ils sont invités à répondre : « pour recevoir la vie éternelle ».

Et nous, nous qui désignons le Christ comme notre Sauveur, comment cherchons-nous le Salut ? Sommes-nous en quête de cette vie éternelle qui nous est promise et pour laquelle Jésus est mort ? Il serait profondément regrettable de ne pas nous soucier de cette question du Salut alors que le Christ a souffert sa Passion dans le but de nous ouvrir les portes de la vie éternelle !

Oui, la vie sur cette terre est importante. Oui, le Christ est avec nous aujourd’hui et demain. Mais si nos yeux ne sont encrés dans notre espérance chrétienne, celle qui nous indique que la vie après la mort sera l’aboutissement de notre vocation d’hommes et de femmes, alors, il deviendrait vain de célébrer la passion et la mort de Notre Seigneur. C’est bien pour cette raison que le Christ, dans son dernier souffle, dira : « Tout est accompli ». Oui, tout est accompli pour le pardon des péchés, tout est accompli pour que l’homme puisse recevoir, s’il le souhaite, la miséricorde du Père, tout est accompli pour que l’homme rejoigne cette vie bienheureuse et éternelle qui l’attend en Dieu.

Demandons ce soir avec insistance que le Seigneur augmente en nous cette vertu de l’Espérance. Qu’Il nous permette dès à présent d’agir dans cette vie, dans une sereine préoccupation de la vie éternelle. Et pour que le sacrifice du Christ ne soit pas vain, reconnaissons humblement nos péchés, présentons-les à Dieu, et accueillons sa Miséricorde qu’Il nous donne déjà.

Amen !

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