Homélie du mercredi des cendres par le P. Benoît Lecomte

Barbezieux - Baignes - Barret

Publié le 17 février 2021

Samedi 6 février, nous lancions à Maumont notre démarche de doyenné. Quelques paroissiens étaient présents, acceptant d’être pour nous des ” ambassadeurs du pardon. ” Laissons-les témoigner de ce qu’ils ont reçu et vécu.

Samedi, je recevais un Sacrement,
Celui du Pardon,
Porté par la communauté religieuse présente,
Les Bénédictines de Maumont.
Car d’ordinaire, qu’il m’est difficile
De demander pardon- voire- d’accorder mon pardon !
C’est pourtant la prière du Notre Père de chaque jour
« Pardonne-nous comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ! »
Accompagné de réflexions, témoignage personnel, une méditation du long psaume 118 par la communauté, chacun de nous s’est éclipsé auprès des différents prêtres confesseurs.
J’avais choisi de passer derrière la clôture des Soeurs, par curiosité, et j’ai eu la grande joie de parler de ma réflexion du moment sur le mal et le pardon avec l’Aumonier de Maumont.
Je lui partageais que, dans le texte de la Création, l’image de la culpabilité du premier homme-ADAM, qui la rejette aussitôt sur sa femme-EVE, celle-ci la rejetant sur le serpent,
traduisait pour moi notre impuissance humaine à maitriser le mal …Que nous transmettons malgré nous … Que nous n’assumons pas… !
Et que seule une intervention puissante de notre Créateur pouvait arrêter cet enchainement du malheur.
J’ai alors regretté, auprès du Prêtre, de n’avoir pas pu plus tôt, demander pardon pour tout ce mal que je n’ai pas su interrompre et qui a entaché tant de monde autour de moi.
S’est alors imposé à moi cette magnifique Parole de Saint Paul :
« Là où le mal abonde, la grâce surabonde ».
Là où le mal abonde,
La grâce « du Sacrement » surabonde…


Noëlie Grassin d’Alphonse


Le pardon est compliqué et pourtant si simple.

Les sœurs de Maumont l’ont bien montré aux enfants du caté en cette matinée du 6 février.

Elles ont pu leur faire découvrir divers chemins du pardon et comment le pardon était essentiel dans notre vie quotidienne.

Ainsi, lorsque 2 sœurs se rencontrent, elles se saluent en se bénissant mutuellement et en se souriant, tout cela en silence. Il est facile de se sourire lorsque l’on s’entend bien. Cela est bien plus difficile lorsqu’il y a des conflits. Cela demande de changer notre cœur de la critique vers la gratitude, du reproche vers le pardon.

Chaque soir, les sœurs demandent pardon à la communauté car les conflits ont des conséquences non seulement sur les personnes impliquées mais aussi sur toutes celles qui les entourent. Se demander pardon permet de rétablir le lien entre nous et avec Dieu, et aussi de le renforcer. Dieu se manifeste dans nos faiblesses.

Ces témoignages concrets de pardon, les enfants peuvent en vivre avec leurs copains, leur famille.

Puis, les enfants ont vécu un temps de réconciliation et fabriqué des fleurs qui symbolisent le pardon donné et reçu. Ils ont ensuite reçu une jacinthe et ont été appelé, chacun par son nom, à transmettre le pardon et à le faire fleurir dans leur vie.

Florence Bureau-Lagarde, pour les enfants du caté.


Une invitation à Maumont, c’est toujours bon.

Invitation pour un temps de méditation, de méditation pleine de saveurs, en communion avec nos sœurs.

Un temps de réconciliation pour nettoyer nos cœurs, pour repartir comme une fleur et devenir ambassadeur.

Ambassadeur de la paix et de l’amour du Christ.

Voilà cette invitation auquel nous fumes conviés, nous et une dizaine de membres de la communauté de Barbezieux-Baignes-Barret.

Pouvoir vivre ensemble un temps de réconciliation, un temps de pardon, un temps où Jésus vient nous rejoindre, pour nous montrer la voie à suivre, dans nos chemins de vie, si meurtrie en ces temps de pandémie.

Retrouver la paix dans nos cœurs, nous permettre de retrouver le bonheur de certaines choses perdues au fond de nous.

En ce jour du mercredi des cendres, je suis heureux de partager avec vous ce temps d’entrée en carême, le cœur léger de me sentir aimé de Dieu. Un temps où nous pouvons lui dire, combien nous l’aimons, combien nous lui demandons pardon et combien nous prions pour ceux qui nous entourent, que l’on oublie parfois, dans le tourbillon de nos vies.

Nous avons reçu des sœurs, une fleur, une fleur d’amour, une fleur d’unité, une fleur de pardon, pour colorer nos jours prochains et avancer vers Pâques.

Cette fleur pousse aujourd’hui dans mon jardin, mais aussi dans mon cœur pour le meilleur.

Que cet amour de Dieu fleurisse dans chacune de nos demeures, au plus profond de vos cœurs, pour tous nos frères et nos sœurs.

Ensemble faisons fleurir le pardon.

Bonne entrée en carême à vous.

Pascal Fertein


« C’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous vous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. » Cet appel n’a rien d’un souhait mystique. Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Laissez-vous rejoindre par sa miséricorde et son pardon. Laissez-vous aimer, tels que vous êtes. Non pas uniquement pour se sentir bien et en paix – cette paix qui ne dure parfois que quelques instants mais qui a saveur d’éternité. Laissez-vous prendre par la tendresse divine non pas pour nous retrouver dans une petite bulle de perfection coupée du monde et de ses défis. Mais parce que « nous sommes les ambassadeurs du Christ », les « coopérateurs de Dieu. » Et que, secourus par la grâce de Dieu, nous devenons capables de la porter autour de nous. Nous en devenons capables, et c’est là que Dieu nous attend : partir en ambassadeurs du Christ de son amour dans le monde, dans nos familles, dans nos communautés humaines, dans nos communautés chrétiennes. Et vivre de ce que nous avons reçu : vivre la réconciliation et le pardon. Dépasser nos conflits et nos incompréhensions. Oser la parole au silence. Oser le silence à la parole mauvaise. Oser le regard avec les yeux du Père. Oser voir et stopper « tout ce qui entache tant de monde autour de nous », disait Noëlie. « Cela demande de changer notre cœur de la critique vers la gratitude, du reproche vers le pardon », continuait Florence. Rien de plus doux, rien de plus difficile parfois. Mais rien de plus nécessaire aussi.

Nécessaire à notre unité, notre unité humaine, notre unité chrétienne – on parle bien de « réconciliation », de recoller les morceaux et les relations déchirées. Pour que le feu de l’amour embrase les hommes. Ce n’est pas en restant éloignés les uns des autres que les bouts de braise d’un feu de bois relancent une flamme. Si les braises restent à distance, elle vont se consumer, se refroidir et mourir. Mais si on les rapprochent les unes des autres, la chaleur augmente et le feu peut reprendre, et avec lui la lumière, la beauté, la présence. Nous recevons des cendres aujourd’hui. Premier pas de notre temps de carême qui tourne notre regard vers l’horizon de Pâques. Et à Pâques, le feu nous éclairera, nous réunira, nous réchauffera, nous donnera sa paix. Voilà le chemin que nous sommes invités à vivre : passer des cendres ou des bouts de braises plus ou moins éloignés les uns des autres, à un grand feu qui embrase le monde. Le feu de l’amour – l’Amour de Dieu plus puissant que tout, l’amour des hommes dans les liens d’attention, de fraternité, de partage et de solidarité, dans la recherche de justice, dans la vérité et le respect de la dignité de chacun et de tous les êtres vivants – car c’est bien là le jeûne qui plaît à Dieu.

Ce n’est qu’au prix du pardon et de la réconciliation que notre humanité s’humanise, que nos communautés font signe, que notre témoignage devient missionnaire. C’est à l’amour que nous aurons les uns pour les autres, l’amour jusqu’au pardon des uns pour les autres, que nous entrerons dans le mystère de Pâques, ce Mystère auquel nous sommes conviés de toute éternité et qui nous prend et nous saisi bien au-delà de nous-mêmes.

Nous unir par le pardon… Faire fleurir le pardon en nos communautés humaines. Voilà la route tracée pour aller vers Pâques. C’est le jeûne que le Seigneur attend de nous. Le jeûne « qui déchire nos cœurs » et non nos estomacs (Jl). Un jeûne qui fait entrer dans une danse de joie, dans un élan de tendresse, dans l’inespéré d’une espérance.

Le jeûne qui reste dans le secret du cœur, et qui fleuri tout l’être. Le pardon caché dans le silence, qui re-parfume l’existence. La main tendue au-delà de l’attente en retour, qui construit le Royaume du Père. Et petit à petit, jour après jour, de « moment favorable » en « moment favorable », de nous ouvrir à la vie Trinitaire jusqu’en ce monde parfois un peu perdu, au cœur même de toutes nos relations.

En recevant le signe des cendres, dans quelques instants, nous recevrons un bulbe de jacinthe. Il est le signe du pardon à faire fleurir, de l’unité à recevoir et déployer, de la vie de Dieu à accueillir en nous, de la joie de Pâques à faire totalement nôtre. Et tout au long de ce chemin, jusqu’au lueurs de l’aube pascale, dans toutes les églises de notre paroisse et de notre doyenné, chaque fois que sera vécu un « pardon » (sacramentel ou non), une réconciliation entre deux voisins, l’accueil d’une parole de quelqu’un qu’on ne supporte pas, une confiance retrouvée au sein d’une famille ou dans une entreprise ou dans quelque autre groupe, l’on pourra déposer dans la panière de l’église ouverte la plus proche, une fleur en papier, avec juste un prénom. Toutes ces fleurs seront transmises régulièrement à l’abbaye de Maumont, où les sœurs porteront ces pardons et notre unité dans leur prière, et fleuriront la carte géante de notre doyenné. Nous serons alors témoins de ce fleurissement progressif et de la propagation du pardon de Dieu, en même temps que de l’unité et de la construction de nos communautés humaines et chrétiennes. Et nous percevrons l’œuvre que Dieu est en train d’accomplir en nous, pour que nous nous ouvrions à sa Résurrection.

« Que cet amour fleurisse en chacune de nos demeures, au plus profond de nos cœurs, pour tous nos frères et sœurs , disait Pascal. Ensemble, faisons grandir l’unité et fleurir le pardon.

Joyeux carême !

Amen.

P. Benoît Lecomte

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