Homélie du dimanche 14 mars 2021 par le P. Benoît Lecomte

Barbezieux - Baignes - Barret

Publié le 14 mars 2021

Messe des familles

« Peuple », « miséricorde », « amour », « vie », « grâce », « bonté », « foi », « œuvres bonnes » « Jésus-Christ, son fils unique ». Voilà les rayons de soleil que vous venez d’apporter, reprenant certains mots des lectures que nous venons d’entendre. Ces mots ont en commun de tous désigner des dons de Dieu. C’est Dieu qui nous donne et fait de nous un Peuple. Et la miséricorde, l’amour, la vie, la grâce, la bonté, la foi sont des dons que Dieu nous fait, jusqu’en Jésus, son Fils unique. Ceci est une bonne nouvelle que nous devons entendre aujourd’hui.

Parce que nous voulons être libres, être responsables, être reconnus, être aimés, être généreux, être bien vus voire admirés, être des gens bien, nous voulons faire des choses belles, grandes, remarquables… et nous avons raison ! Notre vie n’est pas faite pour être ratatinée ! Notre vie n’est pas faite pour être cachée, pour rester dans l’ombre, pour la petitesse, pour la médiocrité, notre vie est faite pour être grande, belle, lumineuse, pour sentir bon, pour construire un monde plus beau et plus fraternel ! Et chaque jour, autant que nous le pouvons, nous nous y employons. Nous faisons ce que nous pouvons, là où nous sommes, avec les forces que nous avons. Parfois au-delà même de nos propres forces, quand aimer se met à rimer avec pardonner.

Mais nous savons aussi que nous n’y arrivons pas toujours. Que nous sommes limités. Que nous avons beau nous démener, nous ne pouvons pas changer le monde entier, nous ne pouvons pas sauver le monde… que nous ne pouvons même pas nous sauver nous-mêmes. Alors tous nos efforts et tous nos rêves de grandeur se trouvent bien petits devant l’immensité des choses. Nous sommes marqués, dit saint Paul, par le péché, c’est-à-dire par le « non-amour », par ce qui n’est pas de l’amour ou ce qui est de l’amour tordu. Notre existence est entachée par l’égoïsme, par l’orgueil. Nous sommes parfois davantage attirés par les ténèbres que par la lumière. Nous pouvons nous prendre pour le centre du monde, voire même pour Dieu, quand tout va bien pour nous. Et cela diminue notre vie, la rend plus fragile, moins belle, plus terne.

La bonne nouvelle de la Parole de Dieu aujourd’hui est que ce n’est pas par nous-mêmes, par nos propres forces et nos propres qualités que nous sommes grands et beaux et que le monde est sauvé. Non, c’est par les dons gratuits de Dieu, ces dons que nous avons écrits sur ces rayons de soleil. « Cela ne vient pas de vous, disait saint Paul, c’est le don de Dieu. »

C’est une bonne nouvelle parce que nous sommes libérés de l’angoisse de ne pas y arriver : c’est Dieu lui-même qui travaille en nous et par nous. Malgré nos limites, malgré nos fatigues, malgré même notre péché, Dieu est présent. Il habite nos cœurs et nos corps et, avec un amour infini et une grande liberté, il nous prend sous son aile pour faire avec nous ce que nous pouvons offrir de mieux. « C’est Dieu qui nous a fait, il nous a créé dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions », entendions-nous peut-être avec surprise.

C’est aussi une bonne nouvelle parce que notre amour, notre force, notre bonté, notre joie, notre foi sont limitées ! Mais pas ce qui vient de Dieu. Autrement dit, rien ne peut arrêter Dieu de mettre en œuvre son propre projet qui est la communion entre tous les hommes.

C’est un peu le récit étonnant du peuple juif dans la première lecture. Le peuple juif, les religieux, ont fait n’importe quoi et ils se sont détournés de Dieu. Malgré tous les messages et les supplication que Dieu leur a fait entendre, ils ont continué à être infidèles à la Loi et à mépriser Dieu. Ils ont refusé les dons que Dieu voulait encore leur faire. Leur vie est devenue dissolue et ridicule. Le projet de Dieu semble être anéanti. Alors leurs voisins ennemis, des païens, les ont attaqué, ont envahi le pays, les ont déportés et réduits en esclavage pendant 70 ans. Mais 70 ans plus tard, Cyrus, roi de Perse et donc un roi païen, non juif, non religieux, va accomplir la parole du Seigneur. Il va rendre sa terre au peuple juif et même rebâtir une maison pour Dieu à Jérusalem. Dieu est passé par un homme sans religion pour accomplir son plan, parce que ce roi a su entendre et recevoir les dons de Dieu et sa Parole. Cette histoire est à méditer : elle est à peine croyable, elle est extraordinaire d’ouverture de nos cœurs à tous ceux qui se disent loin de la foi. Elle nous dit combien rien n’arrête le projet de Dieu de nous offrir ce qu’il y a de mieux pour nous, même si nous nous détournons de lui.

C’est cela, la miséricorde. C’est cela que vient annoncer et accomplir Jésus. C’est cela qu’il fait quand il vient « nous sauver ». « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Et c’est aussi, encore, ce que nous voulons vivre ensemble pendant ce temps de carême : laisser les dons de Dieu nous envahir, le laisser faire en nous jusqu’en son pardon, pour qu’il nous donne de nous pardonner les uns les autres, de nous réconcilier les uns avec les autres, de grandir dans la beauté et la lumière, dans la joie et la sagesse, pour répondre à son projet d’amour pour nous tous. C’est cela qui se produit quand, par lui, nous arrivons à vivre dans la lumière. Alors tous ceux qui nous entourent deviennent aussi lumineux, comme nous pouvons nous éclairer de la lumière divine de ceux qui nous entourent, croyant ou non, l’histoire du roi Cyrus nous le rappelle.

Ce dimanche est le 4ème dimanche de carême, et il est appelé le « dimanche de la joie. » Oui, chers amis, soyons dans la joie ! La joie des dons que nous recevons de Dieu lui-même, les dons qu’ils nous offre et qu’ils nous fait partager pour que nous en vivions et les partagions autour de nous. Pour que cette joie soit en tous, pour que « la lumière qui est venue dans le monde » illumine tout homme et que tous, nous entendions au fond de notre cœur que, par la miséricorde de Dieu, nous sommes sauvés.

Amen.

P. Benoît Lecomte

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