Homélie de la Pentecôte, jour du Triathlon du Sud Charente, par le P. Benoît Lecomte

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Publié le 22 mai 2021

Il y a encore quelques semaines, nous étions confinés. Interdit de sortir, enfermés dans nos intérieurs, au risques des isolements. Nous regardions le monde à travers nos fenêtres et nos écrans, dans la crainte, l’énervement ou l’impatience. Et aujourd’hui, nous sommes sortis au grand air ! Nous avons parcouru tout notre doyenné en une journée, tel Jonas traversant la grande Ninive pour annoncer un temps de conversion et de miséricorde du Seigneur ! Nous nous sommes croisés des 4 coins de nos paroisses, nous avons échangé, roulé, marché, joué, navigué, rencontré, contemplé ! Nous sommes passés de la crainte de l’enfermement à la joie de la sortie et de l’envoi : nous avons vécu ce que les apôtres ont vécu au jour de la Pentecôte. Avez-vous vu et senti l’Esprit Saint nous accompagner tout au long du chemin ? Il était le vent qui aidait les cyclistes. Il était l’eau qui portait nos canoës. Il était la chaleur des rayons du soleil. Il était la joie et les rires qui se dessinaient sur les visages. Il était l’élan qui nous donnait de vivre cette aventure ensemble. Il était l’audace de sortir de nos églises de pierres pour pérégriner en communion avec la création. Il était l’engagement de tous ceux qui ont pris soin des autres. Il était la gorgée d’eau qui nous désaltérait. Il était le souffle qui nous a donné d’aller jusqu’au bout. Il était le cœur battant de notre Eglise et de notre doyenné.

Oui, notre « Triathlon solidaire » n’est pas une banale fête paroissiale ni une parenthèse dans ces temps troublés de pandémie : il est une parabole en acte de l’invitation que Dieu fait à son Eglise par l’Esprit Saint. Il est le moyen que nous nous sommes donnés pour mieux comprendre quel est notre horizon : avancer ensemble dans la communion de toutes nos différences, comme en cette vie Trinitaire à l’image de laquelle nous sommes créés et à laquelle Dieu nous invite à participer.

« Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit », écrit Saint Paul ! Et nous avons marché ensemble, en « synode » dirait le pape et toute la Tradition de l’Église, en Peuple convoqué pour être envoyé et annoncer les merveilles de Dieu dans toutes les langues et à tous les peuples. En Peuple qui forme un Corps. Un Corps ecclésial – et nous avons pris conscience de notre corps en ce jour d’activité physique, jusqu’à trouver du réconfort dans les massages à l’arrivée, et notre Corps ecclésial a lui aussi besoin parfois de massages pour assouplir ce qui est raide ou douloureux. Un Corps ecclésial devenu Temple de l’Esprit, de l’Esprit qui offre ses fruits en nous : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » Voilà qui dessine la caractéristique de notre inscription dans la vie du monde et de notre société. Voilà qui dessine la caractéristique des relations entre nous, de nos neuf communautés locales et de nos trois paroisses. Voilà qui dessine la caractéristique des relations entre nous tous, quelques soient nos sensibilités spirituelles ou politiques, nos histoires personnelles et les chemins sinueux de nos vies, nos capacités physiques ou intellectuelles, nos fragilités, nos cultures, nos âges, nos expériences, nos recherches et nos doutes. Nous avons « marché ensemble » en Peuple et en rendant grâce à Dieu pour ses merveilles. Voilà qui dessine – et nous l’avons touché du doigt – le rêve de Dieu pour notre Eglise et pour l’humanité.

Frères et sœurs, notre Triathlon n’est pas une banale fête paroissiale, il est la réalisation du rêve de Dieu en nos cœurs et en ce monde. Pour que nous rendions « témoignage de la Parole de vérité », non seulement avec nos mots mais aussi par notre présence et notre action. L’Evangile ne nous invite pas à stagner et à rester au tombeau, mais à prendre la route comme nous l’avons fait aujourd’hui, au risque de la fatigue et du mauvais temps, au risque de sortir de notre confort et de nos habitudes. À partir sur les routes de l’Homme, car c’est la route que Dieu lui-même a prise et c’est la route que l’Église est invitée à prendre pour ne pas se perdre. A prendre le route de la rencontre, au rythme de celles et ceux que nous croisons, au rythme de l’écoute et du regard amoureux qui accueillent et se laissent accueillir, qui réchauffent et relèvent. A prendre la route de la rencontre, comme Dieu est venu rencontrer l’Homme, gratuitement, par amour. Notre Triathlon se veut « Solidaire ». Non seulement parce qu’il a invité à la solidarité entre nos nouvelles paroisses. Non seulement parce que cette journée nous invite à la solidarité concrète entre chacun de nous pour arriver ensemble. Mais encore parce que l’Esprit de Pentecôte nous invite à entrer toujours davantage en solidarité avec les femmes et les hommes de notre temps, jusqu’à parler chacune de leurs « langues maternelles » pour partager la joie de l’Evangile, le trésor de la Parole, le feu de la Vérité, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Devenir ensemble une Eglise de la Pentecôte. Voilà finalement le but de cette journée et de ce Triathlon, non pas sportif mais festif. Non comme une compétition mais comme une révélation de communion. Révélation telle celle que vivent les apôtres au jour de la Pentecôte. Révélation de l’audace de Dieu et de sa Bonne Nouvelle offerte à tous. N’est-ce pas une Eglise en communion, en sortie, en vie que nous voulons devenir ? Le chemin ne se fera pas en un jour, il est déjà commencé et il continuera encore ! Mais que ce Triathlon solidaire de doyenné puisse nous donner, à tous, de goûter autant que nous le pouvons à cette Eglise de Dieu et faire de nous un Peuple unifié par l’Esprit Saint, un Corps auquel chacun des membre est heureux de participer, un témoignage joyeux qui dise au monde la beauté de l’Amour de Dieu vécu et partagé.

Amen, Alléluia !

P. Benoît Lecomte

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