Chers frères et sœurs,
Ce soir je voudrais commencer mon homélie en vous posant une question à la fois toute simple et en même temps redoutable : « Qu’êtes-vous venu chercher à la messe de minuit ? »
Cette question n’est pas qu’une question rhétorique. Ce n’est pas seulement une question pour réveiller ceux qui se seraient assoupis pendant les lectures. Je voudrais que ce soir, chacun, dans le silence de son cœur, prenne le temps d’y répondre : « Qu’est-ce que je suis venu chercher à la messe de minuit ? » Prenons quelques instants de silence pour y répondre.
Si je me permets de vous mettre ainsi à contribution, chers amis, c’est parce que je crois que cette question est centrale… mais que l’on oublie bien souvent de se la poser. On vient à la messe de Noël pour faire plaisir à sa grand-mère. On vient à la messe de Noël par habitude, ou par tradition comme on aime le répéter. On vient à la messe de Noël parce que l’on trouve ça beau. Mais au fond, peut-être que l’on vient à la messe de Noël sans rien en attendre. Et c’est vraiment dommage ! Car j’en suis persuadé, ce soir, Dieu veut réaliser quelque chose de grand et même d’extraordinaire en chacun d’entre nous. Comme le disait tout à l’heure saint Paul avec un certain panache : Dieu « s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous SON peuple, un peuple ardent à faire le bien ».
Chers frères et sœurs, voulez-vous être le Peuple de Dieu ? Voulez-vous que Dieu renouvelle votre cœur pour faire de vous un peuple ardent à faire le bien ?
Surtout, ne soyez pas effrayés par un tel projet ! Ne soyez pas écrasés par cet appel ! Parce que Dieu ne le réalisera jamais sans vous ni malgré vous. La marque de fabrique de Dieu est de le réaliser d’une manière douce, humble, souvent cachée, toujours respectueuse de notre humanité et de notre liberté.
J’en veux pour preuve le récit qui nous est raconté dans l’évangile de la Nativité. Les bergers en ont fait l’expérience comme pour nous préparer à le vivre. L’ange qui leur apparaît dans la gloire et la lumière leur annonce une nouvelle extraordinaire : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ». Face à une telle annonce, on aurait pu s’attendre à quelque chose d’extraordinaire, d’incroyable. On aurait imaginé une manifestation grandiose de Dieu qui viendrait faire éclater sa présence aux yeux du monde… Mais l’ange poursuit avec des mots d’une simplicité déconcertante : « Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».
Vous parlez d’un signe grandiose ! Dieu, dont la puissance est infinie, se manifeste dans l’être le plus fragile qui soit. Dieu, dont la force dépasse l’entendement, n’a même pas de place dans la salle commune et se retrouve couché dans la mangeoire d’une étable. Dieu ne vient pas en ce monde avec puissance et grande gloire, mais se laisse reconnaître sous les traits d’un nouveau-né pour que PERSONNE n’ait peur de s’approcher de lui.
Alors, chers frères et sœurs, cela m’amène une ultime question : allez-vous, ce soir, oser vous approcher de Dieu ? Allez-vous oser lui demander d’habiter au plus profond de votre cœur ? Allez-vous oser, comme les bergers, aller à la rencontre de celui qui, malgré les apparences, est le « Sauveur », le « Christ », le « Seigneur » de l’univers ?
Que l’on soit des chrétiens fervents ou des chrétiens occasionnels ; que l’on soit des chrétiens habitués ou simplement des gens de passage dans cette église, ce soir, notre mission est la même : laisser Dieu s’approcher de nous pour nous remplir de sa présence aimante et miséricordieuse. Et nous aussi, nous approcher de lui pour qu’il fasse de nous « SON peuple, un peuple ardent à faire le bien ». Amen.






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