(Messe de rentrée paroissiale et d’envoi en mission)
Lorsque nous nous sommes retrouvés devant cette page d’Evangile avec les enfants du caté vendredi soir, nous l’avons trouvée dure. Certes, l’invitation du roi transmise auprès de tous ceux qui sont à la croisée des chemins est belle et pleine d’espérance. Mais sa façon de faire périr les invités qui ne viennent pas ou ce malheureux qui n’a pas revêtu l’habit de fête, fait froid dans le dos. Alors il nous faut entendre ce que Jésus veut nous dire avec cette parabole.
Et d’abord, que Dieu invite à un repas de noce, à une fête gigantesque, incomparable. Il invite au repas de l’Alliance, le repas qui nous est promis là-haut dans le Ciel, mais que nous vivons déjà par anticipation à chaque eucharistie et à chaque fois que nous vivons ensemble, dans la communion. Il est ce repas « pour tous les peuples », annonçait le prophète Isaïe. Un repas, un rendez-vous, une rencontre qui « fait disparaitre le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. » Ce repas, ce momentoù Il se donne lui-même, amour de tout amour, à ceux qui veulent bien prendre place à table avec lui.
Dieu invite, et largement. Il invite d’abord des gens importants. Ceux à qui a priori ces places sont réservées : ceux qui ont des champs, un commerce, une situation, des choses à faire, qui sont occupé, pris par le temps et les urgences. Mais pour accueillir cette invitation de Dieu, il ne faut pas avoir les mains pleines ni le cœur occupé. Nous en connaissons, des gens occupés, à l’agenda chargé, qui n’ont plus le temps d’accueillir l’invitation à aimer. Peut-être en sommes-nous, nous-mêmes. Ceux-là, pris par leurs intérêts, se détournent de Dieu.
Alors Dieu invite tous les autres, tout le monde. Tous ceux qui sont disponibles, à la croisée des chemins. « Les mauvais comme les bons », dit le texte. Comme si les mauvais arrivaient en premier. Comme si eux, savaient qu’ils ont besoin de se rapprocher du Seigneur. Qu’ils ont besoin de manger avec lui, qu’ils ont besoin de sa présence. Ils ont besoin de la nourriture que Dieu donne : sa Parole, son Corps livré, sa miséricorde, son espérance, sa puissance de vie. « Et la salle de noce fut comblée de convives. » Chacun trouve sa place, et il y a une place pour chacun, autant qu’ils sont venus. Cet évangile est évangile de Salut : Dieu nous invite tous à partager sa vie, encore faut-il avoir le cœur disponible pour l’accueillir. Mais alors, chacun de nous se découvre attendu.
Quelle pourrait être notre place, dans cette page d’Evangile ? A quels personnages pouvons-nous nous identifier ?
Nous pouvons nous reconnaître dans ces invités occupés, ou dans ces mauvais ou ces bons, croisés en cours de route. Mais je vous propose de nous reconnaître aussi aujourd’hui dans les serviteurs du roi. Eux sont proches du roi, et ils sont envoyés par lui pour aller rejoindre toutes les femmes, tous les hommes, sur toutes les routes de l’humanité. Elles sont nombreuses, ces routes, elles sont incertaines, parfois violentes. Les murs de notre belle église n’empêchent pas les bruits et les inquiétudes de notre monde de parvenir à nos oreilles et à nos cœurs.
Devenir serviteur, voilà notre mission de communauté chrétienne. Serviteur du Roi, de Dieu, du Christ, et serviteur de ce monde où nous vivons. Pour lui transmettre cette invitation de Dieu à partager son repas, sa joie, sa vie, sa paix. Voilà notre mission.
Le pape François disait, dans son encyclique « l’Evangile de la joie » (n°273) : Je suis une mission sur cette terre, et c’est pour cela que je suis dans ce monde. Je dois reconnaître que je suis comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. » Et il continuait en parlant de l’infirmière, du professeur, du politique, des parents, etc. Au milieu de nous, ce matin, certains vont recevoir une mission, qui révèle ce qu’ils sont au plus profond d’eux-mêmes. Ils vont être mis en avant, mais leur présence ne les met pas sur un piédestal. Ils ne sont pas meilleurs que les autres. En revanche, en les envoyant en mission, nous nous rappelons que nous sommes tous invités, tous appelés, tous serviteurs, d’une façon ou d’une autre, et que tous, nous sommes d’égale importance. Le pape Léon XIV l’exprime dans son message pour la semaine missionnaire qui comment ce dimanche : « L’unité missionnaire ne doit évidemment pas être comprise comme une uniformité, mais comme une convergence des différents charismes vers un même but : rendre visible l’amour du Christ et inviter chacun à Le rencontrer. L’évangélisation se réalise lorsque les communautés locales collaborent entre elles et lorsque les différences culturelles, spirituelles et liturgiques s’expriment pleinement et harmonieusement dans la même foi. »
De Palluaud à Boisbreteau, sur tout notre territoire paroissial, dans les villes et jusque dans les plus petits des hameaux, des hommes et des femmes ont soif de paix et d’une Bonne Nouvelle d’espérance et de vie. Chacun de nous, là où nous sommes envoyés, soyons des serviteurs du Christ qui invite chaque personne à partager son festin de noce, qui invite à l’Alliance. Vivons ensemble pleinement, avec tous nos talents et nos charismes, nos limites et nos élans, cette mission que Dieu nous confie. « Une mission qui naît de l’amour, se vit dans l’amour et conduit à l’amour » (Pape Léon XIV)
Amen
P. Benoît Lecomte
L’album photo de la journée de rentrée








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