Frères et sœurs bien-aimés, la liturgie de ce dimanche, nous parle de la vigne et quelle est la qualité du fruit que je suis invité à produire pour Dieu ?
Aujourd’hui, le Seigneur nous appelle à passer d’une spiritualité de possession à une spiritualité d’intendance. Ne cherchons pas seulement à réussir mais à être fidèles Car la vraie fécondité naît de la conviction que : Tout vient de Dieu. Tout appartient à Dieu. Tout nous est confié pour les autres. Et tout doit finalement retourner à Dieu en fruits. La vie chrétienne est une histoire de trésors confiés et de fruits rendus. La grâce est donnée, est confiée et doit fructifier. C’est la fidélité qui fait fructifier la vigne.
Le prophète Isaïe nous présente Dieu dans la première lecture, comme étant un vigneron amoureux de sa vigne. Dieu est à l’œuvre, Il prépare le terrain, plante un cépage de qualité, construit une tour et creuse un pressoir. Tout est fait pour que la vigne porte de beaux fruits. Mais, au moment de la récolte, elle ne donne que des raisins sauvages. Dieu est surpris et dit : « Que pouvais-je faire encore pour ma vigne que je n’aie pas fait? » Quelle parole ! Dieu nous rappelle que notre vie n’est pas le fruit du hasard. Nous sommes une vigne que Dieu a plantée, entourée, protégée et aimée. Il nous a donné la vie, la foi, sa Parole, l’Église, des frères et des sœurs. Mais il n’est pas seulement question de recevoir. Il attend du fruit.
Saint Basile le Grand, méditant sur cette image de la vigne, rappelle que nous sommes comme des sarments greffés sur le Christ et que le Seigneur nous appelle à porter beaucoup de fruits, afin que notre vie ne devienne pas stérile.
Frères et sœurs : quel fruit Dieu trouve-t-il aujourd’hui dans nos vies ? Trouve-t-il l’amour, Le pardon, La fidélité, La justice, La compassion envers les pauvres?
L’Évangile, reprend cette image. Le propriétaire plante une vigne et la confie à des vignerons. Au moment de la récolte, il envoie ses serviteurs pour recevoir le fruit. Mais les vignerons refusent de donner ce qui appartient au maître. Pire encore, ils maltraitent ses serviteurs et finalement tuent son propre Fils. Jésus révèle ici le drame de l’homme qui reçoit tout de Dieu mais finit par croire que tout lui appartient. Le problème des vignerons n’est pas seulement leur violence. C’est leur volonté de devenir propriétaires de ce qui leur a été confié.
Et cela peut aussi nous arriver. Nous pouvons considérer notre vie comme notre propriété absolue : «Ma vie m’appartient.» «Mon argent m’appartient. » « Mes talents m’appartiennent.» «Mon temps m’appartient.» Mais l’Évangile nous rappelle : nous sommes intendants, pas propriétaires absolus.
Saint Jean Chrysostome souligne, à propos de cette parabole, que Dieu n’a rien négligé de ce qui pouvait conduire son peuple au salut : malgré les refus successifs, Dieu continue d’envoyer ses serviteurs et va jusqu’à envoyer son propre Fils. Voilà la patience extraordinaire de Dieu ! Et le sommet de cette patience, c’est Jésus-Christ. Le Fils est rejeté, crucifié, mais justement cette pierre rejetée devient « la pierre d’angle ». Et Jésus conclut : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » Remarquons bien cette expression : « qui lui fera produire ses fruits ».
Le christianisme n’est donc pas seulement une affaire de paroles. Saint Paul nous donne, dans la deuxième lecture, une indication très concrète. Il nous invite à rechercher « tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’être aimé », et il ajoute : « Mettez cela en pratique. » Voilà le fruit attendu ! La foi doit devenir une vie. La prière doit devenir une charité. La Parole doit devenir une action. L’Eucharistie doit produire une transformation. La rencontre du Christ doit produire des fruits.
Nous pouvons aller à la messe tous les jours et rester pourtant une vigne stérile si notre vie ne change pas. Nous pouvons parler de Dieu tous les jours et ne pas être attentif à notre frère. Nous pouvons avoir une belle apparence chrétienne et produire intérieurement l’injustice, la jalousie, la rancune ou l’orgueil. Dieu ne cherche pas seulement des chrétiens qui disent Seigneur Seigneur. Il cherche des chrétiens qui portent du fruit.
Frères et sœurs, si Dieu venait aujourd’hui chercher les fruits de ma vie, qu’allais-je lui présenter ? Peut-être que quelqu’un attend de moi un pardon. Peut-être qu’un pauvre attend ma solidarité. Peut-être qu’un membre de ma famille attend une parole d’amour. Peut-être que Dieu lui-même attend de moi une véritable conversion. Ne restons donc pas une vigne pleine de feuilles et sans fruits ! Que notre vie porte du fruit. Du fruit d’amour quand il serait plus facile de haïr. Du fruit de pardon quand il serait plus facile de se venger. Du fruit de vérité quand il serait plus facile de mentir. Du fruit de justice quand il serait plus facile de profiter de l’autre. Et surtout, du fruit qui demeure pour toujours. Amen.







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