Maxime,
Nous voulons profiter de cette journée de fin d’année paroissiale pour te dire merci.
Merci pour ces 3 années passées parmi nous, merci pour ton engagement, ta présence, ton implication.
Merci pour ces jeunes, pour qui tu as relancé des propositions qui réunissent aujourd’hui des adolescents heureux de se retrouver, de partager et de prier,
Merci pour ces adolescents que tu as accueilli et que tu as fait grandir dans la foi, jusqu’à les baptiser, eucharistier et confirmer,
Merci pour ces servants de messe, que tu as accompagné et fait grandir dans le service de la liturgie,
Merci pour ces baptêmes que tu as préparé avec l’équipe et célébré avec l’assemblée dominicale,
Merci pour ces couples, que tu as accompagné dans leur chemin vers le mariage, et dont tu as été témoin du sacrement qu’ils se donnaient,
Merci pour ces eucharisties, présidées dans la grande église, dans le petit oratoire ou dans les églises de toutes les communes de la paroisse : elles nous ont donné de nous recevoir chaque jour comme l’Eglise du Christ, elles ont fortifié et nourri le Corps que nous formons,
Merci pour ces familles auprès de qui tu étais lorsqu’elles traversaient l’épreuve d’un deuil,
Merci pour ces présences inconnues du grand public (dans une chambre d’hôpital, dans une maison reculée, au détour d’un chemin, au bout du téléphone), mais qui ont été précieuses auprès de tant de personnes rencontrées et dans des situations si diverses,
Merci pour le partage du souci pastoral que nous avons vécu, entre prêtres et avec l’EAP,
Merci pour ton dynamisme, ton énergie, ta jeunesse, ta fougue et pour tes idées nouvelles d’animations de rencontres,
Merci pour ta rigueur et pour ton exigence, même si elles s’expriment parfois avec tellement de force et de vitalité qu’elles peuvent déstabiliser : mais il est bon de se laisser déstabiliser quand il s’agit de chercher à toujours ajuster la relation pastorale ou humaine, ou la justesse théologique.
Tu le sais, parce qu’il t’a appelé ensuite : hier soir, j’ai reçu un appel de Bruno Fèvre[1]. Il voulait me féliciter pour les photos de la journée de doyenné du 6 juin dernier à Maumont, qu’il a vues sur le site internet. Notamment pour les photos des portraits et pour la lumière qui se dégage de ces visages. « Une lumière christique », ajoutait-il, avant de noter : « celui qui prend de telles photos doit être profondément habité et doit avoir une grande intériorité spirituelle. » Je l’ai remercié pour le compliment et lui ai dit immédiatement que j’allais te le transmettre, puisque c’est toi qui as pris ces photos. Les mots de Bruno disent ce que nos actions pastorales ne savent pas toujours traduire et que nos fatigues humaines ou nos caractères cachent parfois : la profondeur du regard et l’amour pour les gens. Bien que tu t’en caches souvent, voire que tu t’en défendes, et sous tes mots parfois rieurs ou provocateurs, c’est ce regard et cet amour que tu as partagé avec nous et pour nous tout au long de cette mission. Nous ramenant sans cesse et avec obstination, au Christ et à l’Eglise.
Permets-moi aussi quelques mots plus personnels.
Maxime, il y a 3 ans, en arrivant, tu quittais tout juste tes études parisiennes et tu me demandais d’être pour toi un tuteur, pour t’accompagner dans tes premiers pas du ministère.
Accueillir un jeune prêtre dans ces premiers pas est une mission exigeante mais belle. Sans le savoir, tu es venu renouveler mon propre ministère, le questionner (et tu sais faire, tu aimes le débat !), et pas uniquement de façon superficielle. Tu m’as obligé à renouveler ou questionner ma fraternité, ma prière, ma patience, mon écoute, ma pastorale, ma gouvernance, ma théologie. Si tu nous as, à tous, apporté tout ce que tu es et que nous rendons grâce pour cela aujourd’hui, tu m’auras donné de vivre une magnifique expérience presbytérale d’accompagnement et de réenracinement dans ce que le Christ nous invite à vivre comme prêtres membres d’un même presbyterium. Et pour cela, même si tu n’y es pour rien, simplement à être toi-même, je t’en suis infiniment reconnaissant. Je suis un témoin privilégié de ce qui a bougé en toi, de ce qui s’est construit, de ce qui a grandi – et même peut-être de ce qui est un peu fragile, mais c’est ce qui fait la beauté de notre humanité – : beau privilège pour lequel je rends grâce à Dieu. Au bout de ces trois ans, il n’y a plus de tuteur et de jeune prêtre sorti des études : il y a deux frères avec plus ou moins d’expériences selon les domaines, au service d’un même Peuple auquel le Seigneur nous envoie. Maxime, un immense merci pour cette réelle collaboration vécue dans la confiance et le soutien mutuels. Sans doute est-ce aussi là l’un des premiers et des plus forts témoignages que nous pouvons porter à ceux à qui nous sommes envoyés.
Tu vas partir, au bout de trois ans dans notre paroisse. Mais nous hésitons à vraiment te dire au-revoir… Le calcul n’est pas difficile à faire : canoniquement, tu ne pourras prétendre à être déchargé de tout ministère que dans (désolé de te le rappeler) 42 ans… ! En 42 ans, on aura évidemment plein d’occasions de te recroiser et de continuer la route avec toi !
De plus, tu vas désormais t’occuper à 100% de la pastorale des jeunes dans notre diocèse. Comme tu as relancé les propositions pour les jeunes à Barbezieux, nous aurons forcément encore besoin de toi et de tes services pour fortifier ces propositions, les développer, les déployer et toujours les remettre en question.
Nous ne nous quittons pas, donc, puisque tu ne quittes pas notre diocèse mais te rend disponible d’une autre façon. Nous restons tous ensemble dans la même barque, heureux de partager ensemble la foi qui nous habite et la mission que le Seigneur a confié à son Peuple qui est en Charente. Alors continuons la route, de Barbezieux à Baignes et Barret en passant par Angoulême. Et encore merci, Maxime, d’être ce prêtre que tu es et que tu ne cesseras de devenir. Merci pour ce que tu nous as donné ici, et pour ce que nous continuerons de partager demain.
P. Benoît
[1] Le Père Bruno Fèvre est un prêtre diocésain âgé vivant actuellement à Confolens








Une réponse sur « Mot du P. Benoît pour le départ du P. Maxime »
Très touchée par le mot du P. Benoit et la réponse du P. Maxime. Votre accolade a parlé plus que des mots, de la fraternité qui vous unit après ces trois ans de vie au service de la paroisse
Soyez remerciés l’un et l’autre. Soit remercié Maxime, que le Seigneur te bénisse dans ton nouveau ministère au service de la pastorale des jeunes.