« Moi, je suis le pain de la vie, celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6,35).
« Moi, je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jn 8,12).
« Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6).
Vous vous en doutez, chers frères et sœurs, je ne fais pas ce petit florilège de belles citations bibliques simplement pour nous rappeler que Jésus est un beau parleur ! Si je fais ce matin ce rapprochement, c’est pour que nous nous arrêtions un instant sur sa pédagogie dans l’évangile de Jean. Car contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord, cet évangile est tout sauf un écrit abstrait ! Jésus ne part jamais dans des élucubrations compliquées pour le plaisir de nous en mettre plein la vue. Contrairement à bien des intellectuels, il n’a rien à prouver. En réalité, et on le voit nettement dans ces trois citations, le langage de Jésus demeure simple. Parfois même simpliste. Pour expliquer qui il est, il utilise des images qui parlent à tous. Le pain. La lumière. Le chemin. Et, remarquons-le au passage, dans presque toutes ces citations : la vie sous ses différentes formes.
Quoi de plus commun que le pain pour nous parler de la faim de l’homme ? De son désir d’obtenir le bien le plus précieux ? Quoi de plus parlant que la lumière pour nous montrer la route à suivre ? Dans tout ce qu’il dit, Jésus fait appel à l’expérience humaine. Et souvent il se sert des expériences les plus simples de la vie quotidienne pour que chacun puisse se mettre à son école. C’est la raison pour laquelle il bénit son Père dans l’évangile de Matthieu en disant : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange. Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ».
Heureux sommes-nous, chers frères et sœurs, d’être ce matin ces tout-petits auxquels le Seigneur s’adresse. Car, dans l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus use à nouveau d’une image très simple pour nous dire qui il est. « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ».
Le lecteur peu habitué au langage biblique pourra peut-être se dire… « Moi, je » ; « Moi, je » ; « Moi, je ». La Vierge Marie et saint Joseph ne lui ont pas appris que c’est inconvenant que de parler de soi à la première personne ? Mais le lecteur plus averti saura bien vite reconnaître derrière cette répétition la tournure par laquelle Dieu s’est révélé à Moïse dans le buisson ardent : « Moi, je suis celui qui suis ». Ainsi, en reprenant à son compte cette révélation fondamentale, Jésus nous dit : Moi qui suis le Dieu éternel et tout puissant, moi qui suis le Verbe fait chair, je suis la porte par laquelle vous pouvez entrer en Dieu et rencontrer mon Père.
C’est extraordinaire ! Extraordinaire de simplicité ! Et c’est ce qui rend cette révélation géniale. Jésus, le Dieu qui s’est fait homme, est la porte qui conduit l’homme à Dieu. Pour prendre une image très proche, il est la charnière, le gond qui permet à la porte de tourner sur elle-même. Pour le dire encore autrement, Jésus est le Médiateur. Précisément parce qu’il est à la fois Dieu et homme, il est ce Dieu qui vient à la rencontre de l’homme et inséparablement, cet homme qui conduit ses frères et sœurs jusqu’en Dieu. « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ». Jésus est la porte. Il est le salut. Par lui, nous recevons le don le plus précieux : la vie éternelle.
C’est précisément ce qui fait la puissance du sacrement du baptême que vous allez recevoir dans quelques semaines, N. et N. Par celui-ci, vous allez être plongés dans la mort et la résurrection de Jésus. On peut le dire sans détour : en recevant sur votre front cette eau – symbole simultanément de vie et de mort – vous allez être sauvés par le Christ. Vous allez entrer en Dieu et Dieu va entrer en vous.
Tel est peut-être le message de l’évangile que nous pouvons retenir ce matin : Jésus est l’unique Médiateur, l’unique porte qui nous permet d’entrer en Dieu. Lui seul est la porte qui conduit vers le Père. Il n’est pas comme ses faux prophètes qui ne cessent de nous montrer comment faire pour mieux vivre dans une petite vie centrée sur nous-mêmes. Il n’est pas comme ces maîtres en développement personnel qui nous expliquent comment organiser notre vie pour trouver l’équilibre intérieur. Jésus ne veut pas se contenter de nous donner une vie confortable. Il veut nous donner LA vie, la vie en abondance… Ce qui est radicalement différent !
Alors pour conclure cette homélie, frères et sœurs, je me contenterai de vous poser UNE question : à quelle vie est-ce que vous aspirez ? Une vie centrée sur vous-mêmes ? Pour cela, vous trouverez de très nombreux conseils auprès des influenceurs beauté/santé/bien-être qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Mais si vous aspirez à LA vie en abondance, alors un seul peut étancher votre soif ; un seul peut vous faire passer des ténèbres à la lumière ; un seul peut vous conduire vers le Père. Celui qui nous dit ce matin : « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ». Alors, si tel est notre désir, mettons-nous à l’écoute de la voix de notre Berger. Laissons-nous soigner par sa douceur et son humilité. Laissons-nous porter sur ses épaules fortifiées par la croix. Et vivons radicalement la vie évangélique à laquelle il nous appelle. Jésus est mort et ressuscité par amour pour nous, présentons-lui en retour notre cœur pour qu’il le plonge dans le sien. Amen.







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