« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis. » Cette phrase de Jésus à ses disciples, elle peut aussi vous être destinée, Sébastien et Edith. Vous qui n’attendiez pas spécialement de vous rencontrer, ni étiez en attente particulière de quelqu’un dans votre vie. Mais l’invitation du Seigneur passe par bien des événements et des rencontres mystérieuses, que l’on pourrait attribuer au hasard, mais que l’on peut attribuer aussi à la volonté douce et persistante de Dieu avec chacun de nous. C’est lui qui nous choisit, et vous en êtes conscients tous les deux, Edith et Sébastien : c’est lui qui vous a fait vous rencontrer, puis discuter, puis qui a fait grandir entre vous deux cette réalité toute autant mystérieuse que la volonté de Dieu, à savoir l’amour. Vos cœurs se sont ouverts l’un à l’autre, dans la liberté du consentement au choix de Dieu, dans l’acceptation progressive de sa volonté, qui est devenue la vôtre : devenir signe de l’Alliance et de l’Amour de Dieu avec les hommes. Mais jamais vous ne vous êtes repliés sur vous deux. Bien au contraire, toujours le Seigneur a été et est encore présent, au milieu de vous. Comme Tobie et Sara qui se tournent vers le Seigneur, reconnaissant que tout vient de lui et qu’ils ne sont que d’humbles serviteurs, que leur joie et leur bonheur dépendent profondément et intimement de la place qu’ils laissent à Dieu dans leur couple et dans leur vie. S’il est important pour un couple d’habiter dans une maison qui lui corresponde et où il se sent bien, si l’on passe du temps pour essayer d’habiter une demeure agréable, il en est une où vous désirez habiter de toute votre vie : c’est la demeure de Dieu. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour », dit encore Jésus. Edith et Sébastien, demeurez, toujours, dans l’amour du Père « pour que votre joie soit parfaite ». Car il n’y a pas de plus grande joie que cet amour infini, absolu, dont le Père nous aime, qu’il nous invite à accueillir, et à partager. Soyez, comme Tobie et Sara, dans la bénédiction pour ce que le Seigneur vous donne de vivre, au jour de joie et aussi aux jours plus difficiles, parce que vous savez que le Seigneur ne vous lâchera jamais et que Lui aussi, vient faire sa demeure en vous.
Mais ne faites pas de cette demeure un cocon douillet. Ce serait tout le contraire de la radicalité de l’amour du Christ qui n’avait pas de pierre où reposer sa tête et qui a été jusqu’au bout dans le don de lui-même. Vous le savez, on ne se marie pas pour soi-même, ni même pour Dieu. On se marie pour être signe de l’amour de Dieu pour le monde. Pour que le commandement du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé » ne soit pas un slogan mais une réalité concrète qui vient questionner celles et ceux qui nous entourent, et témoigner de l’amour qui vient de plus grand que nous. Il ne suffit donc pas de vous aimer tous les deux (ce qui en soit pourra peut-être être un défi parfois, qu’il faudra surmonter ou traverser), il faut encore que votre amour se répande tout autour de vous, par vos paroles, votre présence, vos gestes, vos attentions, par le souci des plus petits. Je ne vous apprends rien en vous rappelant tout cela. Mais l’engagement dans le lien du mariage donne une dimension nouvelle au témoignage que vous porterez désormais. Rien n’aura vraiment changé demain matin, mais tout sera totalement nouveau et renouvelé, par le « oui » que vous allez vous échanger et par lequel vous vous engagez totalement et pour toujours à devenir « serviteurs » et même « amis » non seulement du Seigneur, mais de tous ceux par lesquels il se fera proche de vous.
Edit et Sébastien, que le sacrement de votre mariage porte du fruit, et « que votre fruit demeure. » Si vous devenez, comme nous nous le sommes dit quelques fois ces derniers mois, « icône de la Trinité » par votre mariage, rappelez-vous qu’une icône n’est pas une peinture comme une autre, mais qu’elle porte en elle une dynamique qui renvoie à la fécondité, à la beauté et à l’amour de Dieu pour nous. Lorsqu’on regarde le monde tel qu’il est, ne peut-on pas se dire qu’il a besoin de témoins lumineux et rayonnants, enracinés et déployés, pour retrouver sens et espérance ? Soyez de ceux-là. Ce n’est pas vous qui l’avez choisi, c’est Dieu qui vous a choisi, et vous consentez à cet appel parce que là est votre joie et la joie du monde. Prenez votre part avec toute l’Eglise, pour devenir ce Corps ressuscité, signe vivant de l’amour de Dieu pour nous. Et ne vous croyez pas seuls pour vivre une telle mission : toute l’Eglise, précisément, prie pour vous et vous accompagne sur votre chemin de réponse à l’appel de Dieu, par l’amour que nous avons les uns pour les autres, l’amour de Dieu dans lequel nous voulons faire notre demeure.
Amen.
P. Benoît Lecomte







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