Saint Cybard d’Angoulême et la leçon d’une pandémie… en 558

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Publié le 9 juillet 2021

Le 1er Juillet nous étions une cinquantaine de catholiques à célébrer Saint-Cybard dans la grotte du jardin vert d’Angoulême qui lui est consacrée sous les remparts de la ville. C’est le patron de ville et du diocèse.

En 558, nous savons que Cybar rachète 175 esclaves. Grégoire de Tours, le grand chroniqueur de la période et qui est son contemporain le présente ainsi : « Cybar, reclus d’Angoulême, homme d’une sainteté magnifique, par l’intermédiaire de qui, Dieu accomplit de nombreux miracles (…° Il avait habité la ville de Périqueux, mais étant devenu clerc après sa conversion, il vint à Angoulême, où il construisit une cellule dans laquelle il rassembla quelques moines ; il demeuré constamment en oraison et, quand on lui offrait de l’or ou de l’argent, il les distribuait soit pour les besoins des pauvres, soit pour le rachat des captifs. »

En effet quelques années auparavant, en 534, Benoit de Nurcie avait écrit une règle de vie pour les moines lançant ainsi le mouvement bénédictin. Cette vie de reclus était devenue fréquente en ce milieu du VI° siècle. L’Occident alors connaissait une crise sans précédant. La civilisation romaine avait finalement assez bien résistée aux différentes « invasions » du V° siècle : Vandales (à Angoulême en 407), Wisigoths (présents et gouvernant l’Angoumois de 412 à 508), Francs (à partir de 508 avec Clovis…).

Cependant à partir 541 se répand dans tout le monde méditerranéen et européen une première grande épidémie qui va se manifester en plusieurs vagues pendant plus de deux siècles ! De ces âges devenus obscurs on ne sait presque rien, à Angoulême comme ailleurs si ce n’est qu’ une part considérable de la population vient à disparaître, sans doute la moitié. Le mal contagieux qui saisit la population est la peste. A côté d’elle, notre Covid est une petite pandémie et surtout les prouesses de la science et de l’intelligence humaine permettent aujourd’hui de le limiter…

Dans ces années 550, Cybar s’isole, sans doute pour éviter la contagion et survivre. Les domaines agricoles ne peuvent plus fournir la subsistance nécessaire à la population tant les bras manquent pour le travail. Il faut libérer de la main d’œuvre pour prendre en main le travail agricole : les esclaves du système de production de l’Antiquité doivent être libérés et c’est ce que semble faire Cybar avec les dons qu’il reçoit pour sa prière devant tant de situations angoissantes et périlleuses.

On voit ici la foi chrétienne jouer un rôle au service de la société et en nourrissant une espérance plus forte que la mort. Cette espérance en Dieu au cœur des désespérances et des cris de notre humanité fait tourner ses hommes et ses femmes vers la lumière du Salut.

Au cœur de nos luttes aujourd’hui encore pour vivre en bonne santé dans notre monde, sachons aussi nous tourner aussi vers Dieu qui nous donne le Salut, comme Cybar en a donné témoignage ici même, il y a près de quinze siècles, par une vie offerte.

P. Laurent Maurin, doyen

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