Maurice Tourvieille, un charentais dans la lignée de St Charles de Foucauld

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Publié le 20 mai 2022

Le samedi 7 avril 1956, un camion roulait dans les gorges du Chameau sur la piste d’El-Abiodh près d’Aïn Sefra aux portes du sahara algérien. 3 fellaghas en embuscade.  Coups de feu. Le chauffeur est atteint mortellement.

Le Petit Frère Maurice, de la congrégation des Petits Frères de Charles de Foucauld, vient de mourir dans l’accomplissement de sa mission de présence fraternelle en terre algérienne.

Maurice TOURVIEILLE DE LABROUHE est né le 27 juin 1931 à Angoulême. Dernier d’une fratrie de 8 enfants habitant rue de l’arsenal, il suit sa scolarité à l’école St Paul d’Angoulême. L’un de ses meilleurs amis de classe est Michel BOULET, aujourd’hui prêtre retraité en Charente.

Le bac en poche il entend l’appel de Dieu et rentre au séminaire St Sulpice de Paris.  Il cherche sa voie. Difficilement. 

Il fait son service militaire en Allemagne occupée. Sous-officier, il dirige un atelier de réparation. Il est passionné par la mécanique.

Il se sent appelé de plus en plus à la pauvreté. Il aime la compagnie des démunis. La période militaire achevée, Il rentre chez les « Petits Frères du Père de Foucauld », cet ordre qui se définissait alors comme « Pauvre parmi les pauvres ». Il fait son postulat dans une Fraternité (appellation des communautés de Petits Frères de Foucauld) à Montbard en Bourgogne où il travaille durement à la pose de pylônes tout en priant pour ses compagnons de travail.

Puis il embarque pour El Abiodh dans le sud Oranais, au-delà des contreforts de l’Atlas, où se trouve le noviciat des Petits Frères de Foucauld. Il y apprend la vie d’oraison et y développe le sens du don de soi ; la vie d’un « Petit Frère » se déroule dans le travail le plus humble, ne se distinguant en rien des hommes au milieu desquels il se trouve, souffrant avec eux, priant pour eux. La fatigue et l’insécurité des pauvres est pour lui un chemin vers le dépouillement intérieur.

Sa profession de foi le fait rentrer définitivement dans cette congrégation des Petits Frères fondée en 1933 dont la spiritualité s’inspire de la vie et des écrits de Charles de Foucauld : « c’est en aimant les hommes qu’on apprend à aimer Dieu … »

Ses supérieurs lui demandent de faire partie, avec 2 autres religieux, d’une fraternité de transporteurs routiers. On lui confie un camion. Il roulera en moyenne 9000 kms par mois sur les routes et les pistes qui descendent jusqu’à Benni Abbes. Chaque jour, quel que soit l’endroit où il se trouve, il fait une heure d’oraison.

Le désert, pour les Petits Frères, comme pour Ch. de Foucauld, est une terre d’élection qui dépouille l’homme, qui le place en face de sa vérité, qui arrache à toute puérilité et fait comprendre le prix du silence. « Le désert porte les hommes à des degrés existentiels impossibles à connaître ailleurs »

Il est très apprécié. Ses supérieurs décident qu’il ira en Octobre 1956 au couvent de St Maximim où les Petits Frères terminent leurs études de théologie.  Il devait être prêtre…

Quelques jours avant son assassinat, Petit Frère Maurice écrivait à sa famille à Angoulême, dans une lettre qui devait arriver en même temps que le télégramme annonçant sa mort : « on est, les premières heures, un peu désemparé dans cet immense silence. Ce vide du temps est fait pour prier, pour être avec Jésus…On pense trop à soi, par soi-même. La vie de Jésus en nous est bien autre chose… »

Il est mort à 24 ans, tué par ceux qu’il voulait aimer au quotidien, comme Charles de Foucauld, dans sa mission de « frère universel ».

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