Jeudi Saint Année A

Sainte Joséphine Bakhita

Publié le 3 avril 2026

Accueil

Ils sont là autour de la table prêts à célébrer ce dernier repas que Dieu leur avait demandé de partager ensemble, en maisonnée ou plus largement
avec leur voisinage. Dieu désire sceller une alliance avec l’Homme.
Nous aussi, nous sommes là autour de la table pour faire mémoire du dernier repas de Jésus.

Jésus qui s’abaisse pour laver les pieds de ses disciples avec tendresse et fraternité. Il s’incline devant ces hommes alors qu’Il sait qu’ils fuiront sa crucifixion. Par ce geste Il leur signifie que dans quelques temps ils devrons eux aussi s’abaisser à leur tour devant les hommes de leur temps.
Et nous, à travers le partage du pain et du vin sommes nous, seront nous capables de nous laver les pieds les uns aux autres ? Sommes nous capables de cette tendresse, de cette fraternité en communauté, et bien au delà ?
Merci Seigneur, de nous rappeler par ce lavement des pieds notre mission de baptisés.

Textes du jour
Homélie du Père Denis Trinez
Homélie retranscrite ci-dessous
CONTINUER A SUIVRE L’HUMBLE SERVITEUR

 En ce Jeudi Saint, rappelons-nous que ce geste de laver les pieds était un geste tout à fait habituel dans l’accueil dans ce pays.

En effet, on marchait beaucoup et les pieds étaient poussiéreux : c’était donc un geste fraternel et d’accueil que de laver les pieds de ceux qui arrivaient chez soi. C’est une première manière d’accueillir.

Cependant, ce geste, vous le savez certainement, ne devait pas être réalisé par les serviteurs. C’était l’esclave étranger qui le faisait. Ce geste était donc confié à celui qui était le « plus bas » dans la maison. Et Jésus va prendre cette place là, ce qui va être scandaleux pour ses apôtres, ses disciples.

Comment celui qui est maître et Seigneur -Il le dit « Je suis Maitre et Seigneur– peut-il prendre cette place de l’esclave, et de surcroit, de l’esclave étranger ?

Voilà un geste tout à fait paradoxal et qui dit tout.

Ce geste humble, plus qu’humble, ce geste de l’esclave, Jésus va le faire pour nous dire jusqu’à quel point Il nous aime. Et Jésus vient nous montrer, par toute sa vie, quel est le vrai visage de Dieu.

Et le vrai visage de Dieu, c’est le « service de l’Amour ».

On a l’impression, quand on dit Dieu, de voir du grandiose, à l’image des puissants de la terre. Paradoxalement, le Dieu que Jésus annonce, est ce qu’il y a de plus humble. C’est un Amour qui se donne, un amour qui s’efface pour qu’on puisse exister. Est-ce qu’il n’y a rien de plus beau ?

Penser que Dieu le Créateur, la source de tout veut s’effacer, se mettre à genoux devant nous pour nous prier de nous laisser servir, nous renverse complètement, dans un monde de puissance, de domination, d’écrasement des autres …

Jésus vient renverser complètement nos conceptions, en nous disant que la véritable manière d’exister, c’est d’aimer, c’est de servir, c’est de laisser l’autre exister et de le pousser à vivre.

Alors ce qui est l’enjeu pour nous, devant un tel Dieu, c’est de nous laisser aimer. De nous laisser aimer tels que nous sommes, c’est-à-dire de nous laisser aimer dans nos fragilités, de nous laisser aimer dans nos pauvretés et aussi dans nos richesses, dans tout ce que nous sommes.

L’enjeu, c’est d’ouvrir simplement les mains, les bras et de dire : « Seigneur, si tu veux me servir, si tu veux m’aimer, c’est Toi qui décides, vas-y !».

On aurait tendance à dire « On va présenter au Seigneur ce qui finalement est peut-être le plus présentable »

Mais le Seigneur s’intéresse à tout ce que nous sommes et, peut-être en priorité, dans les lieux blessés de notre être.

On a tous des blessures, on a tous une histoire. Le Seigneur a envie de nous dire « Ecoute, laisse-moi te rejoindre là où tu penses que tu n’es pas digne ».

Evidemment, Pierre n’a pas envie de montrer ses pieds sales à Jésus. Il préfère montrer ses mains bien propres. Et Jésus lui dit : « Mais si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi ». C’est-à-dire, si tu ne me laisses pas t’aimer, je ne vais rien pouvoir faire.

Or, l’Amour ne s’impose pas. Si on ne veut pas laisser Jésus nous rejoindre, Il ne peut rien faire pour nous.

Aussi, le Seigneur nous dit ce soir avec tendresse : « laisse-moi te rejoindre, laisse-moi te servir ».

Il y a quelque chose de très beau dans le Nouveau Testament. A un moment, Jésus dit bien : « Vous qui m’avez suivi, vous qui désirez vous ouvrir, quand vous allez venir dans le Royaume, c’est Dieu qui vous servira ».

N’avons-nous pas en nous l’image peut être inversée ? Nous risquons de penser que c’est nous qui allons servir Dieu ! Non, c’est Dieu lui-même qui vient nous servir à table.

Sommes-nous prêts à accueillir ce Seigneur qui se fait serviteur ? Sommes-nous prêts à ouvrir notre coeur à ce renversement total ?

Souvenons-nous de ce projet de notre carême : « Ensemble pour une civilisation de l’Amour ».

Justement, il nous est proposé, ce soir, de nous ouvrir, ensemble, à cette révolution de l’Amour.Il y a, en Dieu, « un éternel lavement des pieds ». C’est que disait le Père François Varillon.

« Dieu, de toute éternité, a envie de nous manifester à quel point Il nous aime, et à quel point nous avons du prix à ses yeux. Tu comptes beaucoup pour moi. Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».

C’est dans le livre d’Isaïe. C’est le chant du coeur de Dieu qui s’adresse à chacun et chacune d’entre nous. Quel que soit notre âge, que l’on soit enfant, que l’on soit adulte, que l’on soit âgé, que l’on ne se sente pas aimable ou que l’on se sente aimable, le Seigneur nous dit : « Je t’aime, j’ai envie de te rejoindre ».

Et si nous nous laissons rejoindre ce soir, si nous nous laissons aimer ce soir, si nous nous laissons servir ce soir par le Seigneur, nous allons pouvoir, peut-être, être des diffuseurs de ce style de Dieu.

Il faut rentrer dans le style de Dieu. Le monde qui nous entoure, a besoin de rencontrer des hommes, des femmes, des enfants, des personnes âgées qui lui disent un Dieu « Humble et Serviteur ».

Je me souviens, quand j’étais en formation pour devenir prêtre, nous avions une célébration, on appelait cela le premier engagement, et le curé de ma paroisse, qui n’avait pas pu venir à cette célébration, m’avait envoyé ce message : « Continue à suivre l’humble serviteur ».

Notre Dieu est cet humble serviteur.

Notre Dieu a envie de venir nous dire ce soir : « Laisse-moi te rejoindre dans ce que tu es. Laisse-moi te faire vivre ».

Alors, ensemble, nous allons pouvoir devenir des témoins pour ce monde, des témoins du service, des témoins de l’humilité, dans le sens de ne pas vouloir imposer aux autres ce que nous sommes.

Et c’est tellement à contre-courant de beaucoup de puissance aujourd’hui : accepter que l’autre soit infiniment digne de respect, quel qu’il soit.

Que le Seigneur nous donne de vivre ce lavement des pieds comme une invitation à rejoindre le Christ dans cet abaissement pour pouvoir, avec Lui, être dans le monde des Témoins du Service et de l’Amour.

C’est le coeur de notre vie. C’est le coeur de notre Foi. Nous y sommes appelés, ensemble, dans un monde difficile, dans un monde où les puissances et les dominations semblent vouloir se surinterpréter et s’augmenter.

C’est bien dans ce monde que nous avons à donner ce témoignage ! En ce Jeudi Saint, rappelons-nous que ce geste de laver les pieds était un geste tout à fait habituel dans l’accueil dans ce pays.

En effet, on marchait beaucoup et les pieds étaient poussiéreux : c’était donc un geste fraternel et d’accueil que de laver les pieds de ceux qui arrivaient chez soi. C’est une première manière d’accueillir.

Cependant, ce geste, vous le savez certainement, ne devait pas être réalisé par les serviteurs. C’était l’esclave étranger qui le faisait. Ce geste était donc confié à celui qui était le « plus bas » dans la maison. Et Jésus va prendre cette place là, ce qui va être scandaleux pour ses apôtres, ses disciples.

Comment celui qui est maître et Seigneur -Il le dit « Je suis Maitre et Seigneur– peut-il prendre cette place de l’esclave, et de surcroit, de l’esclave étranger ?

Voilà un geste tout à fait paradoxal et qui dit tout.

Ce geste humble, plus qu’humble, ce geste de l’esclave, Jésus va le faire pour nous dire jusqu’à quel point Il nous aime. Et Jésus vient nous montrer, par toute sa vie, quel est le vrai visage de Dieu.

Et le vrai visage de Dieu, c’est le « service de l’Amour ».

On a l’impression, quand on dit Dieu, de voir du grandiose, à l’image des puissants de la terre. Paradoxalement, le Dieu que Jésus annonce, est ce qu’il y a de plus humble. C’est un Amour qui se donne, un amour qui s’efface pour qu’on puisse exister. Est-ce qu’il n’y a rien de plus beau ?

Penser que Dieu le Créateur, la source de tout veut s’effacer, se mettre à genoux devant nous pour nous prier de nous laisser servir, nous renverse complètement, dans un monde de puissance, de domination, d’écrasement des autres …

Jésus vient renverser complètement nos conceptions, en nous disant que la véritable manière d’exister, c’est d’aimer, c’est de servir, c’est de laisser l’autre exister et de le pousser à vivre.

Alors ce qui est l’enjeu pour nous, devant un tel Dieu, c’est de nous laisser aimer. De nous laisser aimer tels que nous sommes, c’est-à-dire de nous laisser aimer dans nos fragilités, de nous laisser aimer dans nos pauvretés et aussi dans nos richesses, dans tout ce que nous sommes.

L’enjeu, c’est d’ouvrir simplement les mains, les bras et de dire : « Seigneur, si tu veux me servir, si tu veux m’aimer, c’est Toi qui décides, vas-y !».

On aurait tendance à dire « On va présenter au Seigneur ce qui finalement est peut-être le plus présentable »

Mais le Seigneur s’intéresse à tout ce que nous sommes et, peut-être en priorité, dans les lieux blessés de notre être.

On a tous des blessures, on a tous une histoire. Le Seigneur a envie de nous dire « Ecoute, laisse-moi te rejoindre là où tu penses que tu n’es pas digne ».

Evidemment, Pierre n’a pas envie de montrer ses pieds sales à Jésus. Il préfère montrer ses mains bien propres. Et Jésus lui dit : « Mais si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi ». C’est-à-dire, si tu ne me laisses pas t’aimer, je ne vais rien pouvoir faire.

Or, l’Amour ne s’impose pas. Si on ne veut pas laisser Jésus nous rejoindre, Il ne peut rien faire pour nous.

Aussi, le Seigneur nous dit ce soir avec tendresse : « laisse-moi te rejoindre, laisse-moi te servir ».

Il y a quelque chose de très beau dans le Nouveau Testament. A un moment, Jésus dit bien : « Vous qui m’avez suivi, vous qui désirez vous ouvrir, quand vous allez venir dans le Royaume, c’est Dieu qui vous servira ».

N’avons-nous pas en nous l’image peut être inversée ? Nous risquons de penser que c’est nous qui allons servir Dieu ! Non, c’est Dieu lui-même qui vient nous servir à table.

Sommes-nous prêts à accueillir ce Seigneur qui se fait serviteur ? Sommes-nous prêts à ouvrir notre coeur à ce renversement total ?

Souvenons-nous de ce projet de notre carême : « Ensemble pour une civilisation de l’Amour ».

Justement, il nous est proposé, ce soir, de nous ouvrir, ensemble, à cette révolution de l’Amour.Il y a, en Dieu, « un éternel lavement des pieds ». C’est que disait le Père François Varillon.

« Dieu, de toute éternité, a envie de nous manifester à quel point Il nous aime, et à quel point nous avons du prix à ses yeux. Tu comptes beaucoup pour moi. Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».

C’est dans le livre d’Isaïe. C’est le chant du coeur de Dieu qui s’adresse à chacun et chacune d’entre nous. Quel que soit notre âge, que l’on soit enfant, que l’on soit adulte, que l’on soit âgé, que l’on ne se sente pas aimable ou que l’on se sente aimable, le Seigneur nous dit : « Je t’aime, j’ai envie de te rejoindre ».

Et si nous nous laissons rejoindre ce soir, si nous nous laissons aimer ce soir, si nous nous laissons servir ce soir par le Seigneur, nous allons pouvoir, peut-être, être des diffuseurs de ce style de Dieu.

Il faut rentrer dans le style de Dieu. Le monde qui nous entoure, a besoin de rencontrer des hommes, des femmes, des enfants, des personnes âgées qui lui disent un Dieu « Humble et Serviteur ».

Je me souviens, quand j’étais en formation pour devenir prêtre, nous avions une célébration, on appelait cela le premier engagement, et le curé de ma paroisse, qui n’avait pas pu venir à cette célébration, m’avait envoyé ce message : « Continue à suivre l’humble serviteur ».

Notre Dieu est cet humble serviteur.

Notre Dieu a envie de venir nous dire ce soir : « Laisse-moi te rejoindre dans ce que tu es. Laisse-moi te faire vivre ».

Alors, ensemble, nous allons pouvoir devenir des témoins pour ce monde, des témoins du service, des témoins de l’humilité, dans le sens de ne pas vouloir imposer aux autres ce que nous sommes.

Et c’est tellement à contre-courant de beaucoup de puissance aujourd’hui : accepter que l’autre soit infiniment digne de respect, quel qu’il soit.

Que le Seigneur nous donne de vivre ce lavement des pieds comme une invitation à rejoindre le Christ dans cet abaissement pour pouvoir, avec Lui, être dans le monde des Témoins du Service et de l’Amour.

C’est le coeur de notre vie. C’est le coeur de notre Foi. Nous y sommes appelés, ensemble, dans un monde difficile, dans un monde où les puissances et les dominations semblent vouloir se surinterpréter et s’augmenter.

C’est bien dans ce monde que nous avons à donner ce témoignage !

Prière universelle

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