Homélie du père Patrice Zoma : 1er dimanche de Carême B

Saint Cybard sur Charente et Nouère

Publié le 23 février 2021

Au baptême du Seigneur la voix du Père a clamé dans les cieux en ces termes : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve toute ma joie, écoutez –le » Quelques temps après son baptême, le fils bien-aimé du Père est poussé par L’esprit au désert, et y resta quarante jours, tenté  par Satan nous dit saint Marc en ce dimanche. Après son baptême, le Fils bien-aimé du Père se trouve en proie à la souffrance, celle de la faim, celle de l’épreuve de la tentation. Ainsi, le Christ Jésus se fait solidaire avec l’humanité, il fait face à la souffrance humaine jusque dans les moindres détails.

Le jour du baptême de chacun d’entre nous, la même voix du Père a murmuré dans le cœur de chacun : « Untel, tu es mon fils bien-aimé ,une telle, tu es ma fille bien-aimée en qui je trouve toute ma joie » Et dans l’expérience de la vie quotidienne nous faisons l’expérience de la souffrance sous toutes ses formes à la suite du Christ. Tenté par Satan après qu’il ait connu la faim, le Christ, nous enseigne que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille mais il combat quotidien dans lequel nous ne sommes pas seuls. Saint Marc précise que le Christ fut « poussé par l’Esprit », pour nous dire que Dieu ne l’avait pas abandonné puisque l’Esprit est la troisième personne de la Trinité, donc Dieu était avec lui.

Face à l’épreuve de la souffrance on pourrait être habité par des sentiments d’abandon de la part de Dieu. Mais en réalité, il est à nos côtés et nous rassure de sa présence. Pendant ce  temps de la pandémie de la COVID plusieurs personnes ont poussé vers le ciel ce cri de désarroi : « Où est Dieu dans tout ce que le monde vit ? »Avec un peu de recul, un regard posé sur le monde, la création, nous réaliserons qu’il est présent en chaque créature jusqu’à la plus petite d’entre elles.

La première lecture, le passage du livre de la Genèse, nous réalisons que Dieu, depuis la nuit des temps a conclu avec Noé, toute l’humanité et toute la création une alliance éternelle dans laquelle il s’engage à ne jamais détruire le monde quelque soit sa faiblesse, son péché. De la pire jusqu’à la moindre des  souffrances de l’humanité, Dieu est là, il n’abandonne jamais sa créature, il prend sur lui la souffrance du monde. Il ne peut se renier lui-même, car il est le Dieu, toujours fidèle à son alliance. Il appelle l’homme simplement à savoir réajuster son sa vie, son regard, ses actions selon les clauses de son alliance. C’est cela la démarche de la conversion à laquelle nous appelle le Christ dans l’annonce de l’évangile : « Le Règne de Dieu est tout proche, convertissez vous et croyez à l’évangile »

Le règne de Dieu est au milieu de nous, dans sa création, en chaque personne. Il nous interpelle à savoir le reconnaître et à en prendre soin. C’est dans cette optique que le pape François dans son encyclique « Laudato Si » éveille notre conscience à bien prendre soin de notre « maison commune » qu’est la création. Si Dieu lui-même a conclu l’alliance de ne plus jamais détruire sa création, en la confiant à l’homme, celui-ci doit y voir le règne de Dieu et par conséquent, il est invité à y prendre soin. L’homme ne peut pas déployer une mode de vie qui respecte et protège la création s’il lui manque l’attitude de foi en ce qu’il fait. C’est dans la confiance en lui-même et en Dieu,  que toutes les actions de l’homme seront fécondes .Dans chaque bonne action posée par l’homme sur la création transparait le « croire à l’évangile » Dieu a prélevé dans la création le fruit du travail de l’homme que sont le pain et le vin pour en faire le sacrement de salut du monde tout entier. En le recevant laissons nous remplir de la présence de Dieu afin de travailler à la manifestation de son règne. Amen.

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