Homélie du père Frédéric Vollaud : 7° dimanche de Pâques B

Saints Apôtres

Publié le 17 mai 2021

Entre l’Ascension et la Pentecôte, l’Eglise reprend son souffle, elle intériorise les événements de la passion, de la résurrection, de l’ascension et elle se prépare à l’effusion du Saint Esprit promis par Jésus. Elle vit tout cela en communion avec Marie et les apôtres.

Pour nourrir cette attente, nous méditons la partie centrale de la grande prière de Jésus au soir du Jeudi Saint, son testament spirituel. Cette prière est calquée sur celle du Grand Prêtre qui au jour du Grand Pardon, une fois par an, offrait le sacrifice pour lui-même, pour tous les prêtres et pour le peuple. Ainsi, Jésus prie pour lui-même (Père, glorifie ton nom… Ce nom, c’est Jésus lui-même : Dieu avec nous, Emmanuel) ; il prie pour ses apôtres (Sanctifie-les dans la vérité) et pour tous les croyants jusqu’à nous (Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là…).

Et peut-être avez-vous remarqué que l’on retrouve dans cette prière, les mêmes thèmes que dans le Notre Père : le souci du nom du Père, la passion pour son règne (la gloire) et l’accomplissement de sa volonté, de son projet de salut et de libération du mal. Apprendre à prier comme Jésus, avec Jésus, c’est entrer dans les mouvements de son cœur au moment où il s’offre à son Père.

Que veut dire la demande du Christ : « Sanctifie-les dans la vérité » ? Sanctifier veut dire en même temps « mettre à part » pour Dieu et à la disposition de tous ! C’est vrai d’abord pour Jésus. C’est vrai aussi pour nous tous, ses disciples d’aujourd’hui. Notre baptême nous a donnés à Dieu pour nos frères. La consécration de notre baptême, de notre ordination, de notre mariage ou de notre engagement religieux est toujours en vue d’une mission qui prolonge celle du Christ. Identité et mission. C’est ce que nous rappelait la fête de l’Ascension. C’est ce que confirmera, pour chacun et pour toute l’Eglise, l’événement de la Pentecôte. Nous sommes bien dans le monde, mais nous devons y être comme « témoins » et comme « disciples missionnaires ». Bien ancrés dans nos responsabilités humaines mais comme des hôtes de passage en route vers leur véritable patrie, le ciel ! Voilà le mouvement même de la vie de Jésus. C’est dans ce mouvement qui est « passage » que toute l’Eglise est emportée jusqu’à ce qu’elle soit pleinement enfantée dans la gloire et la vie de Dieu.

Notre mission première c’est de « demeurer » dans l’amour de Dieu. Là pour le coup, nous n’y sommes pas seulement « de passage »… C’est un état qui est appelé à durer… et dès maintenant ! Car demeurer dans l’amour de Dieu c’est goûter, savourer les choses d’en-haut, celles qui ne passent pas et qui seules peuvent rassasier notre âme ! et qui seules, tiendront, par-delà notre mort !

Et comment pouvons-nous demeurer en Dieu si ce n’est parce qu’il réside au plus profond de nous, par son Esprit Saint ? Demeurer en Dieu, ce n’est pas le chercher à l’extérieur, mais dans la partie la plus intime de notre être, en cultivant notre  « intériorité ». Voyez quel intérêt nous avons chaque année à nous préparer avec toute l’Eglise à accueillir, encore et encore, la réalisation du désir de Jésus : « Qu’ils aient en eux ma joie et qu’ils en soient comblés ». Amen.

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