Homélie de Jacques Bonnet, Diacre, lors des obsèques de Marcelle Tribot

Soyaux - Vallée de l'Échelle

Publié le 8 janvier 2021

Marcelle, c’est toi, qui aujourd’hui nous rassembles ici, dans cette Eglise saint Joseph artisan, après t’être éteinte, doucement, au terme de 4 mois de maladie, dans la soirée du jour de Noël.  Je pense qu’en arrivant auprès du Seigneur, tu as mêlé ta voix au chœur des anges pour chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » 

La mort d’un être cher nous plonge toujours dans la peine de la séparation. Sans ta présence, notre vie, celle de tes plus proches, est bouleversée. Rien n’est plus comme avant, même si cela était prévisible.  

Dans cet état, nous avons entendu les textes de la Bible, la lettre de l’apôtre Jean et l’évangile de Matthieu. Ils s’adressaient à leurs contemporains, il y a deux mille ans. Leur message a traversé les siècles pour, aujourd’hui, s’adresser aussi à nous personnellement. Ce qui a été écrit, ce qui a été lu à l’instant, l’a été après que des croyants aient affirmé leur foi en la résurrection de Jésus-Christ. 

Ce sont ces textes, que vous, Corinne et Klébert, vous avez choisis. Vous trouviez qu’ils illustraient bien sa vie, elle, femme d’une grande discrétion, attentive aux autres, à l’écoute bienveillante, fidèle dans ses engagements. 

Alors, que peuvent nous dire ces textes et plus spécialement la lettre de Jean ? 

Saint Jean affirme que l’amour fraternel nous fait passer de la mort à la vie. D’ailleurs, tout au long de cette lettre, l’Apôtre revient sur cette conviction que celui qui aime en vérité est déjà entré dans la vie ! Bien sûr, la vie dont parle saint Jean n’est pas d’abord la vie terrestre dans laquelle nous sommes. Il évoque la vie qui nous fait communier au Christ vivant dans la gloire du Père. Il s’agit donc d’une vie que la mort ne peut plus atteindre.  

MAIS… cette vie n’est pas seulement pour plus tard, elle commence dès à présent, dans l’aujourd’hui de notre vie, 

– quand nous aimons par des actes et en vérité, 

– quand nous sommes attentifs à chacun,  

– à chaque fois que nous nous oublions nous-mêmes pour permettre à d’autres d’exister avec le meilleur de leur intelligence, de leur cœur, le meilleur d’eux-mêmes. 

L’auteur de la Lettre nous rappelle aussi que Jésus nous a aimés jusqu’au don total de lui-même.  Il écrit à l’adresse des chrétiens d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi à l’adresse de tout homme : « Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. » 

En nous souvenant de ce que Marcelle a vécu au milieu de nous et pour nous, – elle, l’oblate de l’abbaye de Bellocq, qui enracinait sa vie dans la prière et l’approfondissement continuelle de sa foi en Jésus-Christ –, nous avons le sentiment qu’elle a fait vivre ces paroles de saint Jean, qu’elle les a faites résonner, à sa manière : 

– par son engagement et son attention pour les siens : sa propre famille et aussi la famille qu’elle a fondée avec toi Klébert, qui a donné naissance à Thierry et à Corinne ; 

– par le long compagnonnage avec toi Klébert, à travers votre vie de pâtissiers, votre engagement dans les aumôneries, puis le diaconat. Toujours ensemble. Marcelle avec Klébert ; Klébert avec Marcelle ; 

– par son souci des autres : dans le Service Evangélique des Malades par exemple. Un ami n’écrivait il pas il y a quelques jours après avoir appris son départ : « Marcelle, jamais à se plaindre, toujours à s’inquiéter pour les autres » ; 

– par le partage de sa curiosité des Ecritures dans un ou deux groupes de Bible qu’elle a animés pendant plusieurs années et auxquels elle tenait beaucoup ; 

– par la transmission de valeurs fortes à ses enfants et aussi à nous ses amis : l’importance et la valeur du travail ; l’importance de s’investir pour les autres en s’oubliant un peu ; en fin de compte la générosité et le partage ; 

– et chacun et chacune d’entre nous pourrait ajouter quelque chose… 

Souvent, vous, sa famille, nous, ses amis, nous avons pu constater qu’elle pensait aux autres avant de se soucier d’elle-même. Visiblement, elle trouvait son bonheur à rendre les autres heureux.  Et là, nous retrouvons l’Evangile proclamé toute à l’heure : « Heureux les doux ; Heureux les miséricordieux ; heureux les cœurs purs… »

Heureux. La joie…  

A propos de la joie, je lisais ce matin dans la newsletter d’un quotidien national, ce que disait un philosophe : « Il n’y a rien de plus fatigant qu’une angoisse et rien de plus défatigant qu’une joie. » Mais cela fait 2000 ans que les chrétiens disent, annoncent d’où vient la joie, par qui elle est permise : Jésus-Christ ! Et même avant chez les prophètes et dans les psaumes, Dieu dit à l’homme qu’il lui offre ses bras pour lui procurer le repos et la joie. La joie est en Dieu ! La joie est Dieu ! 

Marcelle pouvait donner l’impression que cela lui était facile ; pourtant nous le savons bien, se soucier des autres exige beaucoup de désintéressement et d’oubli de soi. 

Certes, elle n’était pas parfaite ; elle avait aussi ses faiblesses, comme nous. Mais, comme le dit saint Jean, « Dieu est plus grand que notre cœur ». 

Nous espérons qu’elle a rejoint la maison du Père. Nous espérons qu’elle est « passée de la mort à la vie ».  

Que le Dieu qui nous aime, fasse son bonheur éternellement, infiniment plus encore qu’elle a voulu faire le nôtre ! 

Seigneur, que Marcelle te glorifie, qu’elle te glorifie de plus en plus ! 

Et pour terminer, relisons une phrase de la lettre de Jean, comme une promesse et une espérance, pour Marcelle et pour chacun de nous : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. » 

Célébration des obsèques de Marcelle Tribot 

Soyaux – Saint Joseph Artisan, le 30 décembre 2020 

Jacques Bonnet 

Lectures : 

– 1 Jean 3, 14.16-20 

– ‘‘Psaume de la création’’ de Patrick Richard 

– Matthieu 5, 1-12a 

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