Homélie du 16 janvier 2022

Saint Martin en Val de Cognac

Publié le 21 janvier 2022

Textes du 2ème dimanche du temps ordinaire – C – Homélie du Père Pierre-Marie ROBERT

Les noces du Christ avec son Eglise pour sa joie et son unité

                                    Il a été dit que l’évangile en St-Jean était le plus « théologique » des 4 évangiles en raison de sa contemplation du Verbe de Dieu incarné et glorifié, mais on peut dire qu’il est tout aussi fidèle à l’histoire que les synoptiques. Les récits-événements qu’il rapporte et qu’il est le seul à relater le prouvent ; pensons à la rencontre de Jésus avec Nicodème, la samaritaine, la femme adultère et ce que nous entendons ce jour, la péricope dite des « Noces de Cana ».

            Jésus est entré dans le monde, « il a été reconnu comme un homme à son comportement », il a épousé pleinement la condition humaine hormis le péché, tout en demeurant Celui qui est né de Dieu, « le Fils du Très-haut » et nous le voyons partageant les joies et les peines de ses contemporains. Quoi de plus naturel pour lui que d’être présent à un événement familial et social, un mariage, un repas de noces, avec sa mère Marie et ses disciples ! Il est de la région, lui le Galiléen, le Nazaréen, on sait d’où il est. Et puis, il se passe beaucoup de choses lors d’un repas : la convivialité, la connaissance mutuelle, la confiance partagée… Mais cette noce risque bien -excusez-moi l’expression – « de tomber à l’eau » ; en effet, il est constaté un manque de vin. C’est un constat fâcheux : une fête est-elle encore possible sans vin ? A celle qui lui a signifié ce manque avec délicatesse, parce qu’elle connaît bien, de l’intérieur, Celui qu’elle accompagne de son amour maternel, Jésus se montre distant ou du moins prend de la distance. La perspicacité de Marie n’est pas atteinte, elle espère, elle attend. « Mon heure n’est pas encore venue » : Quelle est cette heure dont la notion est importante en St-Jean ? C’est le moment de la manifestation de la gloire divine de Jésus, c’est l’heure de la croix en tant qu’elle marque le passage dans la gloire, dans la Vie du Père, de son Père. La veille de mourir, Jésus dira : « Père, glorifie ton fils afin que le fils te glorifie ! » Mais alors, si l’heure de Jésus est remise à plus tard, au terme de son existence terrestre, qu’en est il de l’aujourd’hui, ici et maintenant, à Cana, de sa venue, du Règne de Dieu qu’il inaugure ? Par l’eau changée en vin, c’est la manifestation anticipée de sa gloire qui s’accomplit selon la volonté du Père des Cieux à laquelle Jésus adhère, obéit. Le miracle de l’eau transformée en vin en est le signe tangible. « L’heure » de Jésus, n’est pas une notion chronologique, c’est un « Kaïros », c’est-à-dire une plénitude, le don d’une présence totale, sans réserve, au cœur du temps, d’un temps précis et qui transcende le temps. « L’heure de Jésus, c’est « l’heure » de Dieu rendue visible à ceux qui la reçoivent, sa signature magistrale, c’est la Pâque du Sauveur, sa mort et sa résurrection, scellant ainsi les noces définitives entre Dieu et l’humanité, entre le Christ et son Corps, l’Eglise. La quantité et la qualité exceptionnelles du vin dans les jarres que les serviteurs de la noce vont porter au maître du repas traduisent la joie messianique qui est arrivée, les temps nouveaux sont là et désormais ce vin ne saurait manquer. « Les invités de la noce ont-ils tout bu ? » s’interrogeait un Père de l’Eglise. « Non, car nous en buvons encore. »

Le Christ, par sa présence et son action, avec le don de son Esprit, réjouit constamment l’Eglise, son Epouse, et celle-ci revêt sa parure pour demeurer dans une même communion de foi et de charité. Constituée de membres divers que nous sommes, elle se laisse purifier par la Parole du Dieu vivant. Elle s’engage sur le chemin de la conversion pour être fidèle à l’Alliance divine que rien ne peut détruire.

« Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous » annonce l’Apôtre St-Paul. L’unité des chrétiens est un don à accueillir sans cesse et une tâche à accomplir sans cesse tout autant, notre responsabilité personnelle et commune est engagée.

            Puisse notre prière patiente et persévérante pour cette cause, réunis par le Christ et pour le Christ, lui qui nous verse du vin de sa tendresse et de son Salut pour en goûter toute la saveur, contribuer également à l’unité de toute la famille humaine, près de nous et au loin, pour la vie du monde.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             AMEN 

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