Le Carême, pour apprendre à devenir libre
Il nous faut sans doute réapprendre ce que veut dire être libre pour comprendre l’enjeu du Carême, commencé cette année depuis le 18 février.
La définition du dictionnaire « Le Robert » dit ceci à propose d’être libre : « situation de la personne qui n’est pas sous la dépendance absolue de quelqu’un ou qui n’est pas captive, enfermée ».
Souvent on pense qu’être libre, c’est faire ce qu’on veut, quand on veut, comme on veut, sans contrainte. Est-ce vraiment cela être libre ? Car cette indépendance, qu’on rêve absolue parfois, ne voudrait tenir compte ni de l’environnement, ni d’autrui. Cette soif de liberté ne risquerait-elle pas au bout du compte de nous isoler et de nous laisser insatisfait ? La personne humaine serait-elle un individu indépendant ? N’est-elle pas plutôt un être de relation appelé à devenir un être de communion ?
Si nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, communion d’amour trinitaire, notre identité profonde est donc d’être reliés. Être reliés à Dieu, être reliés aux autres. Dieu veut notre bonheur. Il nous apprend que vouloir être le principe de sa propre existence conduit à l’isolement et à l’enfermement. L’enfermement, n’est pas l’enfer ? Car c’est le manque d’amour. Aimer n’est-ce pas commencer par être en vérité avec soi-même et avec l’autre ?
Ne pas être en vérité, c’est mentir. Le mensonge ne vient-il pas de l’orgueil et de l’égoïsme ? C’est le péché qui nous coupe de Dieu. Jésus nous dit « si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (évangile selon St-Jean, chapitre 8, verset 32). La vérité est en Dieu et vient de Dieu. Le Christ est la « splendeur de la vérité » (cf Jean Paul – encyclique Véritatis Splendor 1994). C’est lui qui nous rétablit dans la vérité en nous remettant dans une relation d’amour que nous avions perdu. Par la Croix et la Résurrection, il détruit les chaînes du mal, du péché et de la mort éternelle.
La véritable liberté, c’est donc de ne plus être soumis au pouvoir du mal et de la mort car le Christ nous a libérés de l’esclavage du mal et de la mort par la Croix et la Résurrection. (On peut relire les chapitres 6, 7, 8 de la lettre de St Paul aux Romains).
Le Baptême nous fait entrer dans la grâce de Pâques : Dieu accomplit en nous son œuvre de salut, comme l’actualité de Pâques qui se déploie dans notre vie de chaque instant. Dieu ne fait pas tout, Il nous invite à collaborer dans une relation de confiance. ; « Si Dieu nous a créé sans nous, Il ne nous sauvera pas sans nous » (St-Ambroise).
Le Carême, n’est-ce pas tout remettre de notre vie entre les mains du Seigneur, dans la perspective de Pâques ? N’est-ce pas tout faire avec Dieu pour que nous apprenions à devenir libre, dans la vérité et dans l’amour ?
Bon Carême pour vivre pleinement la joie de Pâques !
Votre Curé P. Jean-François MONDY
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