“Ouvrons-nous à la joie de l’inattendu”
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Étonnant ce bouquet n’est-ce pas ? vous vous attendiez à mieux pour démarrer ce temps de l’avant. Cela vous étonne sans doute, vous questionne que se passe-t-il ?
Inattendu, non ? comment allons-nous accueillir l’inattendu ?
En ce premier dimanche de l’Avent, il semble intéressant de nous arrêter.
Et oui, face à l’inattendu, même lorsqu’il s’agit de la sonnette de la porte d’entrée, il est important d’arrêter ce que nous faisions : notre réflexion, notre cuisine, nos préparatifs, notre regard sur le monde…. alors ce matin, arrêtons-nous : pour laisser monter au travers des textes qui nous sont proposés nos questionnements, arrêtons-nous sur un mot, une phrase qui viendra raisonner, arrêtons-nous sur cette forme sombre et emmêlée.
Homélie du Père Denis Trinez
Homélie retranscrite ci-dessous
“S’ouvrir à la joie de l’inattendu”
Les catastrophes, elles arrivent toutes seules ! Vous l’avez compris, : dans ce texte, c’est un langage, c’est une manière de dire que l’inattendu va arriver dans notre vie, arrive dans notre vie.
Bientôt, nous aurons sur le clocher une banderole et puis sur des signets, cette invitation : « S’ouvrir à la joie de l’inattendu » …
Voilà un beau programme pour cet Avent : « S’ouvrir à la joie de l’inattendu, » !
Non pas être là, comme dans Astérix, à porter son bouclier au-dessus de la tête pour éviter que le ciel nous tombe sur la tête. Ce n’est pas cela que le Seigneur nous propose.
Il nous dit aujourd’hui que quelque chose d’important et de bon doit arriver, mais dans un langage apocalyptique, à décrypter pour voir l’essentiel.
Soyons prêt à accueillir cette joie de l’inattendu.
C’est curieux et paradoxal d’attendre quelque chose d’inattendu. Alors, essayons de creuser un peu.
Si ce temps de l’Avent pouvait être un temps de disponibilité intérieure, parce que dans nos vies, très souvent, nous accumulons des plans, des projets, nous avons tel objectif dans notre vie personnelle et collective. Nous montons, quelquefois, des usines à gaz qui ne fonctionnent pas très bien.
Peut-être, nous faut-il apprendre à recevoir quelque chose de nouveau, nous rendre disponibles, disponibles à l’essentiel.
Nous sommes très souvent, maintenant, envahis d’images ; le nombre de gens, je suis sûr que ce n’est pas votre cas, qui ont toujours leur smartphone à proximité pour voir s’il n’y a pas une catastrophe qui s’est passée par-ci ou par-là, ou bien une bonne nouvelle, ou bien une publicité, enfin tout ce que vous voulez…
Ce phénomène n’est pas réservé aux jeunes générations ; nous-mêmes, avons pris l’habitude des images, des images, des images, des textes, des textes, des textes et ça n’arrête pas, au point d’être sursaturés.
Les images, les textes ont envahi notre univers. Comment faire pour retrouver cet espace vierge, où quelque chose de neuf peut arriver ? Peut-être, avons-nous peur du vide ?
En effet, s’il n’y a plus d’image, s’il n’y a plus de son, s’il n’y a plus d’informations qui arrivent, nous avons l’impression d’être comme tout nus dans l’univers.
Et pourtant, avant, on s’en passait !
Quand j’étais tout petit, nous habitions dans la région parisienne, ma grand-mère habitait dans le Nord. Mon père, une fois par semaine, écrivait à ma grandmère pour lui donner des nouvelles. C’était magnifique parce qu’en une semaine il se passe tant de choses à partager.
Est-ce que nous n’avons pas à expérimenter une espèce de jeûne ? Nous associons plutôt le jeûne au carême, mais pour ce temps de l’Avent, expérimentons ce jeûne, dans le sens de retrouver une forme de disponibilité.
Alors si c’est trop dur de se passer de téléphone un jour, de smartphone une journée, on peut dire une heure. Pendant une heure, on va le mettre dans le placard. On va commencer petit, parce qu’il y a quelque chose de nouveau qui doit arriver, qui ne vient pas forcément de notre imaginaire, qui ne vient pas forcément de nos intuitions premières et qui ne vient pas forcément de l’extérieur de nous-mêmes, mais qui pourrait venir de bien plus profond ce qu’on appelle quelquefois la
« fine pointe de l’âme », c’est-à-dire le centre le plus profond.
Dans notre petit groupe de méditation du jeudi à Saint-Pierre-Aumaître à 18 h, nous prenons souvent cette prière :
« ô Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur,
garde-moi près de Toi tout au fond de mon cœur,
ô toi qui es chez Toi dans le fond de mon cœur ».
Le Père Caffarel précisait que cette prière venait de l’Orient.
S’il y a trop de bruit, on n’entend rien. Le Seigneur a beau parler, dire, exprimer des choses, nous on reste à la superficie.
Voilà : « ça plane pour moi » et on n’entend rien, et on peut s’épuiser, on peut se fatiguer, on peut se stresser parce qu’on ne vit pas dans cette profondeur, où une Parole nouvelle peut arriver… elle pourrait nous indiquer des chemins nouveaux.
Cela suppose une « démaîtrise ». C’est aussi un des pièges dans la vie spirituelle de vouloir maîtriser : avoir son plan spirituel, son plan sur la vie de l’Eglise.
Peut-être que le Seigneur a quelques idées aussi, c’est possible. Je crois qu’Il en a pas mal !
On pourrait peut-être se mettre à écouter cet inattendu qui pourrait surgir au moment où on ne l’attend pas. En effet, le Seigneur est le Maître de la Joie et le Maître de l’Impossible, le Maître du Bonheur qui vient. .
Peut-être qu’il y a là, une piste à laquelle on n’avait pas pensée, qui pourrait tout d’un coup devenir un lieu de vie, pour nous personnellement, pour nous en famille, pour nous là où nous vivons et pour notre communauté.
Je suis touché aujourd’hui par cette visite du Pape Léon en Turquie. Il y a presque 60 ans, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras se sont rencontrés au même endroit.
Cela aussi fait partie des merveilles de Dieu. 60 ans ont passé et il y a cette fraîcheur d’une rencontre possible qui se reproduit devant nos yeux.
Que le Seigneur nous donne d’avoir le désir de la nouveauté, le désir de quelque chose qui pourrait nous surprendre ?
Est-ce que vous croyez que le Seigneur veut faire du nouveau dans votre vie ?
Est-ce que vous le croyez ?
Ou êtes-vous habitués ? C’est-à-dire : on va vivre le temps de l’Avent, le temps de Noël, puis après on va retourner au temps ordinaire et puis après le carême, il va y avoir Pâques et puis voilà, on tourne en rond.
Ce n’est pas ce que le Seigneur veut. Le Seigneur veut faire quelque chose de nouveau dans la vie de chacun et de chacune. C’est le mystère de l’Etre de chacun et de chacune.
Est-ce que nous avons ce désir que quelque chose arrive de l’inattendu, de la joie ?
Est-ce que nous sommes prêts à ouvrir ?
C’est un peu là-dessus qu’on va travailler ensemble, si vous le voulez bien, tout au long de cet Avent, pour que cette Fête de Noël ne soit pas pareille à toutes les Fêtes de Noël.
Pour concrétiser ce chemin d’Avent, un décor va s’installer dans l’église : des maisons vont arriver, se construire, certaines sont déjà arrivées. Ces maisons, nous représentent aussi.
Est-ce que vous êtes prêts à ouvrir votre maison, la maison de votre cœur à cette Présence qui fait tout chose nouvelle ?
« Dieu est le Dieu du réel ». Je crois vraiment que Dieu est le Dieu du réel. Ce n’est pas le Dieu des extra-terrestres. Dieu est le Dieu de notre réel, ici et maintenant, et Dieu fait toute chose nouvelle. Il faut tenir les deux.
Il y a le réel qui peut être pesant. Il y a la nouveauté que Dieu veut pour nous.
Est-ce que cette perspective nous met dans la Joie ?
Il faut que cela se voit.
Que le Seigneur qui frappe au plus profond de notre cœur ne trouve pas porte close !
Que nous ouvrions le plus grand possible notre cœur et notre communauté à la Joie de l’Inattendu !

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