Messe de l’Épiphanie 2025

Sainte Joséphine Bakhita

Publié le 31 décembre 2025

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La fête de l’Épiphanie que nous célébrons aujourd’hui est une fête d’ouverture au monde. En se manifestant aux mages venus d’Orient, c’est à tous les hommes que Jésus se manifeste. Le peuple de Dieu est devenu un peuple de toutes les nations, une église universelle.

Comme les mages suivant l’étoile qui va les guider, nous sommes appelés à être attentifs aux signes de nos vies à travers ceux qui nous entourent, à travers les textes qui nous sont donnés à méditer.

Textes du jour
Homélie du PÈRE Denis Trinez
Homélie retranscrite ci-dessous
ACCUEILLIR LA NOUVEAUTE DE DIEU, A LA SUITE DES MAGES…

Que veut bien vouloir dire ce récit des mages ?
Ce sont des mages qui arrivent, qui connaissent la science des étoiles et qui essaient de voir ce que les phénomènes du ciel annoncent d’important pour la terre.
Ce sont donc des scientifiques des étoiles de l’époque. Quel sens pouvons-nous y trouver, aujourd’hui, au-delà de cette jolie scène des rois qui arrivent, avec leurs présents ?
A Noël, nous avions des bergers : ils représentaient la vie du peuple qui ne pratiquait pas la loi ; ils étaient considérés comme des gens peu recommandables car ils commettaient des rapines. Il ne fallait donc pas les fréquenter. Nous sommes loin des « jolis bergers » de la crèche …
Avec l’Epiphanie, voici des étrangers qui arrivent : ils ne sont pas du tout de culture juive, ce sont des païens qui, en plus, pratiquent l’astrologie, ce qui était extrêmement mal vu dans toute la Bible.
Cela nous dit qu’il y a de la place pour tout le monde, auprès de Jésus ! Que l’on soit un berger mal vu, ou un païen dont il ne faut pas s’approcher de peur d’être contaminé par son paganisme, il y a de la place pour tout le monde ! Jésus vient pour tous et pour rassembler un peuple nouveau.
C’est ce qui a été exprimé, tout à l’heure, dans l’accueil : une Eglise pour tous, où chacun à sa place, chacun représentant toute l’humanité appelée à la Vie.
Il nous faut comprendre dans quel contexte l’évangéliste Matthieu a écrit cet Evangile, alors que les premières communautés chrétiennes ont recueilli les paroles de Jésus.
En effet, c’est la communauté de Matthieu qui a mis en forme toutes ces paroles de Jésus.
Des païens se tournaient, en masse, vers la communauté. Cette situation créait une tension terrible entre des juifs qui avaient leur place et tout d’un coup l’arrivée de païens nombreux.
La question est alors la suivante : comment vivre l’unité dans ces premières communautés chrétiennes, composées de juifs et de gens qui arrivent ?
A travers le récit de l’Epiphanie, l’évangéliste Matthieu nous dit « Mais les païens étaient là dès le début ! ». Dès le début, ils étaient là, ils ont accueilli Jésus quand Il venait de naître. En conséquence, ils ont leur place dans la communauté, ne mettez pas dehors ces gens, ils étaient déjà choisis, puisqu’ils avaient fait cette démarche de venir jusqu’au Christ naissant.
Cet Evangile nous dit que notre communauté doit rester accueillante à tous. On ne peut pas rester dans un petit club de gens « bien comme il faut ». Il y a de la place pour tout le monde, qui que l’on soit.
Nous sommes dans une communauté qui vit une espèce de crise de croissance : il faut élargir les murs. Il faudrait souhaiter que beaucoup de gens rentrent dans notre Communauté, parce qu’ils ont leur place.
Voilà ce que nous dit l’Épiphanie : il y a de la place pour toutes les cultures, pour toutes les races, pour toutes les personnes quelles qu’elles soient. C’est cela que nous disent les mages.
Regardons ce qui a amené ces mages : leurs cœurs ouverts.
Ils ont accepté ce signe d’un Roi, qui devait venir pour un autre peuple, pas pour le leur, et puis ils se sont mis en route, à travers ce signe de l’étoile.
Mais, quand ils sont arrivés, il y a eu un problème ; ils ne voyaient plus l’étoile, ils ne savaient plus où ils devaient aller. Ils sont allés consulter des sages juifs :
« Il paraît que votre Roi doit arriver ? »
« Bah on en a déjà un… »
« NON, non, non un grand roi qui doit arriver ? »
« Est-ce que vous pourriez nous indiquer dans vos textes où nous devons aller le voir ? »
Ils ont suivi leurs cœurs, ils ont accepté de quitter leurs habitudes, leurs sciences, pour se mettre en route, dans un esprit de découverte, même s’ils ne savaient pas trop quoi.
Et puis, ils sont allés voir des sages d’une autre culture, ils sont allés voir des Juifs pour avoir une indication.
Que nous disent ces mages ? Ils nous disent que leur cœur est ouvert, que leur esprit est ouvert, qu’ils sont prêts à se mettre en mouvement, qu’ils sont prêts à accueillir une nouveauté.
Vous remarquerez que les fameux « sages », qui connaissaient l’endroit où devait venir Jésus, ne se sont pas bougés. Ils sont restés sur place alors que les mages ont continué la route ; l’étoile est alors revenue et ils ont continué à marcher vers ce lieu.
Et pour nous aujourd’hui ? Cela nous invite à accepter de nous déplacer, à accepter d’ouvrir un peu nos cœurs à de la nouveauté.
Ceci rejoint notre chemin d’Avent : « S’ouvrir à la Joie de l’Inattendu ».
Sommes-nous prêts à nous ouvrir à quelque chose de nouveau, ou bien sommes-nous tellement ancrés dans nos certitudes, nos habitudes, nos « a priori » que nous n’avons rien de nouveau à attendre ?
Le rassemblement de 15 000 jeunes à Paris invités par la Communauté de Taizé en est un exemple. Ce sont des jeunes qui sont en attente de quelque chose, qui cherchent. Aujourd’hui, nous Mathilde qui, avec d’autres, se met en route vers le Baptême.
C’est très beau. Vous êtes tout un petit groupe là. Il y en a qui se préparent, qui demandent d’autres sacrements aussi, des jeunes adultes. En effet, l’attente est forte chez de jeunes adultes, des adultes aussi.
Sommes-nous prêts à accueillir, avec bienveillance et le cœur ouvert, ce signe, à travers toutes les communautés en France ? Le soir du réveillon, nous avons eu un temps de prière et deux jeunes adultes nous ont rejoints. Deux jeunes hommes qui sont à la recherche de Dieu : l’un qui très militant, prêt à convertir toute la terre, l’autre qui suit.
Cette recherche peut prendre des formes différentes de ce que nous avons connu. C’est un peu le problème actuellement de jeunes générations de chrétiens, on se dit « Mais que cherchent-ils ?»
Nous sommes, quelquefois, étonnés par des formes plutôt classiques, n’est-ce pas ? Avec beaucoup de latin, beaucoup d’encens… Mais, sommes-nous prêts à nous demander ce que cherchent ces jeunes, ce qu’ils attendent, et ce qu’ils nous disent ?
Ou bien, allons-nous nous refermer sur notre histoire en disant « mais nous, on s’est battu pour notre église ouverte sur le monde, sur la vie des gens et là on a l’impression que ça se rétracte !!!».
Sommes-nous pris par la peur ou bien nous laissons-nous interpeller par l’attente profonde de ces jeunes ?
C’est important, je crois, car nous risquons d’avoir des églises avec des vitesses totalement différentes, sans dialogue entr’elles, alors qu’il y a un signe qui nous est donné.
Ce signe, c’est la soif de ces jeunes générations. Une soif de Dieu, une soif de Sens, une soif de Vie.
On ne peut pas se contenter de dire qu’ils se trompent et devraient nous suivre !
Ce que nous pouvons faire, il me semble, c’est nous mettre à l’écoute de ce que cela nous dit, quelle est cette soif … Comment, nous, qui avons toute une histoire déjà, pouvons-nous écouter cette soif ? Comment pouvons-nous nous dire que cette soif nous concerne aussi ? Comment pouvons-nous, peut-être, retrouver « le chant des sources », retrouver une Foi qui donne la Vie, la Vigueur, la Joie ? Le monde en a tant besoin !!!
A travers ce récit de l’Épiphanie, les mages ont accepté de se mettre en route parce qu’ils ont vu une étoile. Voyons-nous cette soif de Sens, cette soif de Vie, cette soif de Dieu qui émerge à travers tous les diocèses en France ?
En effet, il y a plein de demandes de jeunes générations. Allons-nous écouter ces demandes et voir combien cette recherche nous appelle à vivre aussi ? Ou bien, allons-nous rester, finalement, sur nos bastions ?
Bougeons tous ensemble !
Vous avez bougé pour vous mettre au premier rang. Maintenant, il faudrait bouger avec le cœur, en se disant : « Nous avons là un grand Appel, une grande Joie, une Bonne Nouvelle… à vivre avec toute l’Église ! ».
Cela veut dire que nous devons nous ouvrir à l’altérité et dire au Seigneur : « Fais de nous un peuple uni, un peuple de disciples heureux de vivre l’Evangile Ensemble ».
Alors chers frères et sœurs, en ce début d’année, c’est ce que je nous souhaite : suivre le signe de ceux qui arrivent, nous mettre en route, ensemble, pour devenir de plus en plus témoins pour ce monde.

Prière universelle

Seigneur, nous te prions pour tous ceux dont la nuit est trop noire qui n’ont plus la force de lever les yeux, pour tous nos frères qui ne te connaissent pas. Comme pour les mages, mets sur leur route un signe qui les interpelle et les guide vers toi.
Jésus, Emmanuel, nous te prions.

Avec les mages venus d’Orient, Seigneur, nous te prions pour les scientifiques et les chercheurs. Qu’ils contribuent à construire un monde respectueux de la Création et de l’Humanité.
Jésus, Emmanuel, nous te prions.

Seigneur, nous te prions pour ton Église, dans la grande diversité qui la compose. Apprends nous à nous écouter les uns les autres, et à mieux nous comprendre.
Jésus, Emmanuel, nous te prions.

La lumière du Christ est destinée à toutes les nations. Aujourd’hui, dans l’Église universelle, nous prions tout particulièrement pour les églises d’Afrique auxquelles la quête de ce jour est destinée.
Nous te confions aussi, Seigneur, nos sœurs de l’abbaye de Maumont présentes en Guinée.

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