Homélie du père Patrice Zoma : Fête du Christ Roi – Année B

Saint Cybard sur Charente et Nouère

Publié le 23 novembre 2021

Le temps de la royauté était déjà présent dans l’ancienne alliance. Dieu pour la gouvernance de son peuple Israël choisissait  pour lui des rois. Dans l’histoire du salut du monde, Dieu offre son Fils qui est de toute éternité pour conduire son peuple. Dimanche dernier, 33ème dimanche du temps ordinaire, l’Eglise par son pasteur le Pape François nous a invités à célébrer la journée mondiale des pauvres. C’est avec intérêt que la solennité du Christ Roi de l’univers est placée aussitôt après cette journée mondiale consacrée aux pauvres. Le Christ est Roi, dans la pauvreté et avec une option préférentielle pour les pauvres.

L’étendue de la royauté du Christ, de son règne, c’est l’univers. L’univers englobe aussi bien le monde visible qu’invisible, le monde céleste et terrestre. Les textes liturgiques nous présentent le Christ Roi certes, mais pas à la manière ordinaire, celle du monde. Il comparaît dans un procès un peu étrange .En effet, le juge, Pilate, est un peu embêté et semble même avoir peur de l’accusé. Plutôt de répondre aux questions du juge, c’est l’accusé qui interroge le juge. 

« Es tu le Roi des juifs ? » demande Pilate à Jésus l’accusé. Pilate est surpris car Celui que l’on appelle Roi  comparaît poings liés, comme un malfaiteur, un danger public pour l’ordre social. Pilate est en face de quelqu’un dont le profil ne correspond pas à celui d’un roi. En fait, Jésus, Homme libre, à l’égard de toute autorité, comparaît devant Pilate qui n’est pas libre, accroché à son pouvoir, lié à son supérieur hiérarchique obligé de répondre à la satisfaction du peuple. C’est Pilate qui au contraire est lié. C’est ainsi que Jésus va renvoyer la question à Pilate : « Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont dit ?» Jésus veut amener son interlocuteur à une rencontre et une connaissance personnelle avec Lui, le Roi des rois. Pour mieux le connaître il ne suffit pas de reprendre des rapportages des autorités religieuses.

« Est-ce que je suis juif moi ? Ta nation et tes prêtres t’ont livrés à moi. » Cette question est presque avec mépris soulignant que l’autorité romaine n’a rien à voir avec les gouvernés. Elle confirme la méconnaissance voire  le rejet du Christ parmi les siens : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reconnu. » Le Christ est venu pour rassembler les enfants de Dieu dans l’univers. Son règne s’étend sur tout l’univers pas sur un seul peuple, une seule nation.

« Ma royauté n’est pas de ce monde, si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré » Le Christ est Roi mais pas à la manière du monde. L’évangéliste ne signifie pas que la royauté du Christ n’est pas dans ce mode. Il n’oppose pas deux mondes : celui du présent et celui de l’au-delà. Il souligne simplement la royauté de deux mondes différents. Le monde du pouvoir et de la domination, qu’incarne Pilate différent de celui de l’amour et du service que  Jésus est venu instaurer. Dans le vécu de son pouvoir royal, Jésus n’a pas besoin de garde ni de serviteurs car il est venu pour servir et non pour être servi. Saint Jean nous présente veut nous présenter le monde de l’amour qui produit la vie et du pouvoir qui produit la mort.

« Alors, tu es Roi ? lui demanda Pilate »Et Jésus de lui répondre :C’st toi qui le Dis »En fait, Jésus n’est pas intéressé par ce discours de Pilate sur la royauté à la manière du monde voilà pourquoi il renvoie Pilate à sa propre opinion en lui disant : « C’est toi qui le dis » autrement dit, c’est son opinion .Il veut plutôt porter son interlocuteur plus haut, vers le plus important : celui de lui donner pleinement le vie en le libérant de son  pouvoir temporel qui brime, et le rends esclave de la domination qui en fait n’est qu’asservissement. Pour ce faire « je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité, tout homme qui appartient à la vérité, écoute ma voix » Pour l’évangéliste, la vérité n’est pas quelque chose que l’on possède mais quelque chose que l’ont est. Pilate se trouvait en face de la Vérité personnifié et divine. Il reste qu’il se laisse transformer par cette Vérité pour devenir à son tour vérité et avoir la vie en plénitude .Pour comprendre cette Vérité, il est indispensable d’écouter, pour l’écouter il sied d’opérer en soi le choix de l’écoute. « Ma royauté n’est pas de ce monde… »

Le Christ est Roi certes mais il exerce un règne de service et d’amour, un règne de justice et de paix. En le recevant à la table sacrée, laissons lui toute la place dans nos cœurs, nos vies, nos lieux de services, pour qu’il les transforme par sa grâce. A lui l’honneur et la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

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