Homélie du père Patrice Zoma : dimanche 14 février 2021

Saint Cybard sur Charente et Nouère

Publié le 15 février 2021

L’évangéliste Marc nous présente Jésus en activité missionnaire comme dimanche dernier. Cette page de l’évangile et la première lecture ont un trait commun, elles présentent Jésus face à l’homme en souffrance de la maladie : la lèpre ; une maladie incurable en son temps, aux conséquences dramatiques sur le patient. La souffrance était aussi bien physique, psychologique que social. On pourrait établir un parallélisme de cette maladie avec le mal de la COVID de nos jours :

  1. Similitudes entre lèpre et COVID
               LEPRE               COVID
1-Signes extérieurs : une tumeur sur la peau, une inflammation, ou une pustule1-Toux aigue, éternuements, fatigue, température élevée
2-Contagieuse par contact2-Contagieuse par contact
3-Port de vêtements déchirés-cheveux en désordre-visage couvert jusqu’aux lèvres3-Port du masque au-dessus du nez jusqu’au menton
4-Isolement4-Isolement
5-Habitation hors du camp5-Mise en quarantaine-confinement
6-Cri « Impur » pour être éviter6-Cas contact à éviter
  1. Attitudes de Jésus face à la maladie

Saint Marc nous rapporte : « Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : ‘Je le veux, sois purifié ‘ » Jésus face à la souffrance causée par la maladie est saisi de compassion. « Compassion » du latin (cum patior) qui veut dire « souffre avec », mieux encore « prendre sur soi la souffrance d’autrui, laisser frémir ses entrailles face à la souffrance d’autrui ». A propos de la compassion de Jésus, voici quelques mots du pape François pendant l’angélus du dimanche 19 Juillet 2015 : « La compassion de Jésus n’est pas seulement un sentiment humain, mais elle est l’émotion du Messie en qui la tendresse de Dieu s’est faite chair. » Jésus dans son incarnation, son humanité a rejoint pleinement l’homme, il connaît et vit ce qui arrive à tout humain. Il vit avec l’homme qui qu’il soit ; ce que l’homme vit de joyeux et surtout de douloureux ou pénible il le vit. Face à la souffrance la grande interrogation qui pourrait habiter le cœur de l’homme est : « Où est Dieu, Jésus ? » Face à la pandémie de la COVID qui a bouleversé nos vies et décimé nos populations, nombreux sont ceux qui ont poussé ce cri vers le ciel : « Où est Dieu dans toute cette situation ? » Le passage de l’évangile de ce dimanche nous rassure de sa présence en ces termes : « Jésus étendit la main, le toucha. » Dans l’abîme de la souffrance humaine Jésus est là, il tend sa main, il rejoint, pour rassurer, pour relever…. « Je le veux, sois purifié » Tout ce que Jésus veut pour l’homme est qu’il vive pleinement, il veut l’homme pleinement debout.

De nos jours sous un regard ordinaire avec les yeux de la loi, on pourrait inculper Jésus de n’avoir pas respecté la distanciation, puisqu’il a touché le malade, il est cas contact. Son geste a pour sens de briser les préjugés, les tabous surtout les limites de l’isolement, de la marginalisation qui exclut de la vie sociale. En renvoyant le lépreux guéri au prêtre, il montre qu’il n’est pas un séditieux social, religieux ou sanitaire mais il vient porter tout à la plénitude qui ne consiste qu’à sauver, protéger la vie et donner la vie en abondance à l’homme.

  1. Attitude missionnaire

Parti à la rencontre de Jésus avec sa supplication, le lépreux repart en témoin missionnaire. Le temps de la rencontre avec Jésus a opéré en lui, dans sa vie, une transformation qui l’amène à témoigner de la présence, de la bonté du Dieu- sauveur. « Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la bonne nouvelle… ». Comme notre thème d’année le stipule « Ensemble n’ayons pas peur de dire Jésus au monde », nous sommes disciples missionnaires de par notre baptême. Nous sommes invités à apporter une amitié ouverte aux secteurs les plus marginalisés de notre monde. Autour de nous tant d’hommes et de femmes ont besoin d’une main tendue qui puisse les toucher, les rassurer, les réconforter, les relever.       

« Frères, tout ce que vous faites… faites-le pour la gloire de Dieu… » nous dit l’apôtre Paul dans la seconde lecture. Daigne le Seigneur féconder nos petites actions, nos petits gestes posés avec amour et Foi pour le salut du monde, surtout pour la Gloire de son saint Nom, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.

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