Homélie du père Frédéric Vollaud : 3° dimanche de Pâques B

Saints Apôtres

Publié le 19 avril 2021

C’est toujours le même étonnement en lisant les récits des apparitions de Jésus ressuscité : au lieu de susciter spontanément joie et réconfort, la présence du Ressuscité engendre d’abord chez ceux qui en sont témoins la stupeur, la crainte, le bouleversement intérieur… Jésus commence donc toujours par rassurer : « La paix soit avec vous ! C’est bien moi ! » C’est comme si la terrible réalité de ses souffrances et de sa mort avait figé l’espérance de ses disciples !

N’en est-il pas de même pour nous aujourd’hui ?

Nos luttes quotidiennes contre tout ce qui pourrait nous détruire, nos affrontements douloureux avec la souffrance du monde et de nos proches, le combat contre la maladie, la violence ou la haine finissent par user notre capacité d’espérer qu’ils n’auront pourtant pas le dernier mot, grâce, justement, à la résurrection du Christ, qui annonce la nôtre ! Une espérance abîmée… voilà ce que Jésus vient guérir dans le cœur des siens par sa présence nouvelle, toute imprégnée de la gloire et de la vie de Dieu, sans effacer les marques de la Passion !

Sans l’avouer, les apôtres ont besoin d’une nouvelle preuve, décisive pour leur foi : il doivent savoir vraiment si ce Jésus qu’ils voient maintenant vivant, est bien le même que celui qui a souffert et qui est mort sur la croix. C’est capital pour eux… et pour nous ! Car si ce n’est qu’un fantôme, si ce n’est qu’une illusion, une tromperie de leur imagination, tout risque de s’écrouler ! Qui serait ce Dieu qui se fait l’un de nous en Jésus s’il n’assumait pas notre condition humaine jusqu’à mourir comme tous les hommes ? Comment croire, s’il s’était contenté de passer par-dessus la mort, s’il n’avait fait que semblant de mourir, comment croire que sa résurrection soit le signe et l’annonce de la nôtre ?

Jésus sait tout cela. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

Et il répond à cette angoisse traduite par la stupeur et la crainte : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os… » Et il mange avec eux.

Et lorsque leur raison semble rassurée, il achève de les apaiser en ouvrant leur esprit à l’intelligence des Ecritures, comme il le fit avec les disciples d’Emmaüs.

De nouveau, comme il l’avait déjà fait avant sa mort, il leur redit ce qui était annoncé : ses souffrances et sa résurrection. Et il en fait ses témoins pour l’annoncer à toutes les nations.

Voyez comme les débuts de la foi chrétienne sont bien fragiles !

La première évangélisation repose sur ces hommes apeurés, dont l’espérance est menacée, ces hommes qui comme nous sont blessés par le scandale de la souffrance et de la mort et qui ont du mal à intégrer la réalité de la résurrection… Mais bientôt, le feu de l’Esprit embrasera leur espérance, brisera les verrous de leur peur et les rendra témoins audacieux de cet accomplissement des promesses de Dieu : à travers la mort, Jésus ouvre pour chacun et pour toujours un chemin de résurrection et de vie !

Seigneur, le Baptême et la Confirmation ont fait de nous les témoins accrédités de cette Bonne Nouvelle pour l’homme d’aujourd’hui !

Si nos peurs nous paralysent, viens redire à nos cœurs que ton Esprit Saint nous fait passer de l’esclavage à la liberté des fils ! Invoquons-le souvent les uns pour les autres !

Amen.

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