SYNODE ET RAPPORT DE LA CIASE : Mot du Doyen

Actualités

Publié le 23 décembre 2021

Avent 2021 : le temps des remises en question

Mot du Doyen

L’Eglise connait une fin d’année 2021 dure et douloureuse. Le rapport de la Ciase met sous les yeux de chacun les crimes et les disfonctionnements de notre Eglise depuis trop longtemps. Nous avons tous été peiné de voir à quel point l’institution était enferrée dans ses principes et ses contradictions qui ont fait tant de mal !

Beaucoup d’entre nous ont pris connaissance du rapport de la Ciase et de ses 45 recommandations. Plusieurs prêtres du diocèse et bien des Chrétiens de nos communautés paroissiales de l’agglomération d’Angoulême sont convaincus que ce rapport réaliste est l’occasion qui nous est donnée de réagir afin que l’institution ecclésiale sorte de cette impasse. Si elle n’en tire pas les conclusions attendues, l’Eglise risque de se recroqueviller encore plus sur quelques certitudes inadaptées aux défis de notre temps.

Le pape a ouvert en octobre un synode consultant tous les diocèses et toutes les communautés pour exprimer le besoin de renouvellement pour vivre de l’Evangile et faire évoluer l’Eglise qui porte cette Bonne nouvelle pour tous ! Saisissons-nous de cette occasion.

Plusieurs préconisations de la Ciase vont dans le sens de ce que nous entendons dans bien des consultations et prises de paroles de Catholiques de Charente. Je retiendrais les recommandations structurelles concernant l’Eglise universelle (les autres étant principalement liées aux procédures et préventions des situations incriminées). J’essaie de retenir une idée dominante dans chaque numéro des préconisations concernées :

  • Identifier toute forme d’abus de pouvoir pour les corriger (n° 3)
  • Ordination d’hommes mariés (cf. Ière Lettre de Paul à Timothée et Lettre à Tite) (n° 4)
  • Contrôle effectif de la hiérarchie catholique (n°5)
  • Toujours faire droit à la conscience dans le discernement (n°6)
  • Enseignement salutaire et libérateur de l’Evangile (méthode historico-critique de lecture des textes) (n°7)
  • Clarifier le sacrement de réconciliation et le rôle du pardon (n°8)
  • Primauté des personnes sur le sacrement qui est à leur service (n°9)
  • Place de la personne victime dans l’enseignement de l’Eglise (n°10)
  • Recontextualiser l’existant en matière de morale sexuelle dans l’Eglise (n°11)
  • Reconnaitre la responsabilité systémique de l’Eglise sur ces crimes (n°24)
  • Passer au crible la constitution hiérarchique de l’Eglise sur sa compréhension d’elle-même (n°34)
  • Laïcs et femmes en particulier dans les sphères décisionnelles de l’Eglise (n°36)
  • Revoir la formation et l’accompagnement des prêtres (séminaires) (n°44)

A nous maintenant de travailler et de fonder théologiquement et scripturairement ces propositions qui font pleinement partie de la grande tradition de l’Eglise. Cela afin de pouvoir les mettre rapidement en pratique. Il est clair aussi que ces évolutions nécessaires pour l’Eglise universelle, relèveront ensuite logiquement d’un nouveau concile dans la suite du synode de consultation ouvert en octobre 2021 par le pape dans tous les diocèses. Si toutes fois l’Eglise veut vraiment ces transformations.

Nous retrouvons dans toutes ces recommandations ce que nous avons souvent déjà lu dans bien des livres depuis une bonne dizaine d’années : « Confessions d’un cardinal », « Peut-on encore sauver l’Eglise » de Hans Küng, « Faut-il faire Vatican III ? » de Christine Pédoti, « L’Eglise va-t-elle disparaître ? » de Jean-Claude Barreau, «Confession de Mgr X », etc, ou même encore l’année dernière « Transformer l’Eglise » d’Hervé Legrand. Autant d’écrits devant lesquels l’institution a fait la sourde oreille. Oui, je crois qu’il serait dramatique pour l’Eglise de ne pas entendre cet appel et de ne pas saisir cette main tendue.  Cela dépend de nous tous, en synode, c’est-à-dire pour faire « route ensemble ». Avec le Christ le discernement du Bien et du Mal dépend de chacun, nous ne sommes plus sous la malédiction de la faute originelle : dans l’évangile le figuier (qui représente l’arbre de la connaissance) refleurit. A nous d’exercer notre libre responsabilité de Chrétien pour le bien du plus grand nombre.   

Laurent Maurin, doyen du Grand-Angoulême

Le 6 décembre 2021

Partagez cette page à vos amis !




Télécharger au format PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je recherche