Anniversaire de mariage de Geneviève et Bruno

Ma Campagne - Saint Jean-Baptiste

Publié le 25 septembre 2022

Commentaire de l’Évangile et témoignage de Geneviève et Bruno

En ce dimanche du 26ème dimanche de l’année C Geneviève et Bruno fêtaient leurs 50 années de mariage. Un grand merci à eux pour leur commentaire et leur témoignage. Écoutons les

Ce passage de l’Évangile que nous venons d’écouter est une parabole, une histoire en 4 tableaux, elle pourrait aussi s’écrire en Bande dessinée tellement les images sont frappantes et caricaturales,

D’un côté on a un homme gros, gras, vêtu de pourpre et de lin fin, ce qu’il y a de plus onéreux à cette époque.

Aujourd’hui on mettrait en scène des hommes au volant de grosses voitures, aux commandes de yachts ou pilotant un jet privé ou des femmes habillées par de grands couturier et couvertes de bijoux! Ou encore des hommes hautains, drapés dans leurs rites ou leurs certitudes.

D’un autre côté on mettrait en scène des hommes sur un bateau ramant vers nos pays riches, ou encore une famille fuyant régimes totalitaires ou zones de combats. Des êtres qui tendent la main et que l’on ne voit pas  Trop occupés par nos activités, par la gestion de nos règlements et autres directives administratives ou des frères qui restent sur le parvis de nos églises, à la périphérie comme l’on dit, parce qu’ils ont eu le malheur de divorcer et de se remarier, ou encore de vouloir vivre autrement leur foi.

Le contraste est frappant, Le Christ lui nous dessine un pauvre qui ne possède rien, qui est tout gris, qui tend la main, malade, ulcéreux et sans doute ulcéré, qui n’a même pas droit aux miettes des chiens, c’est l’opposition absolue. Ces images sont là pour faire réagir et nous scandaliser immédiatement.

L’un a une identité, un nom Lazare, ce qui le relie à Dieu, ce qui l’inscrit dans le cœur de Dieu. (j’ai gravé ton nom sur la paume de mes mains chantons nous parfois)

L’autre n’a pas de nom.

Que graver dans la paume de la main ? Dieu n’enregistre pas la courbe du CAC40, l’identité du riche est dans ce qu’il possède ! Ou dans ses certitudes.

Dieu ne nous aime pas pour ce que nous avons mais pour ce que nous sommes.

Mais continuons l’histoire, tournons la page,

Les 2 personnages meurent. A partir du verset 22 renversement de situation, inversion des couleurs.L’un souffre, l’autre est dans la lumière et l’amour. Un dialogue s’instaure entre Abraham et le riche. Lazare ne parle pas, d’ailleurs le riche ne lui adresse pas la parole. Il est toujours dans son enfermement, dans son monde . Il ne remarque Lazare que lorsqu’il souffre . La souffrance lui fait implorer pour lui même !

 ‘Père Abraham, prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,

Il ne cesse de se comporter comme un riche, donnant des ordres et en plus c’est Lazare qui doit faire le travail!! .Il l’a méprisé toute sa vie et il continue, vulgairement il le prend pour son larbin ;

Il n’arrive pas à voir Lazare comme une personne, un fossé, un gouffre s’est établi entre eux.

« Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’

N’y aurait-il donc plus de passage possible ? La relation qui ne s’est pas établie, l’altérité qui ne s’est pas construite, la fraternité bafouée seraient elles définitives ?

Comme toute caricature cette parabole n’est pas la réalité.

Dieu est miséricorde, et cette parabole construite dans une culture très orientale veut nous ouvrir à une Parole qui fait vivre.

Il est toujours possible de construire des ponts les uns vers les autres n’importe où n’importe quand.

Ici et maintenant pour vivre heureux, il nous est demandé de combler les fossés de l’ignorance, de la pauvreté, de la maladie. Accueillir l’autre dans sa différence et dans toute sa personne.. Sous le porche du riche il n’y a pas personne mais bien une personne.

En l’autre c’est Jésus que nous accueillons.

4 ème tableau, le riche implore pour ses frères , ses semblables, pour les gens de sa bulle, de son monde.

Il essuie le même refus

N’oublions pas que cette parabole est faite pour choquer parce que c’est grave, en temps qu’individu ou en temps que groupe, de rester dans cet aveuglement, cet enfermement.

 Cette parabole, adressée aux nouvelles communautés visitées par Luc, est adressée à nous aussi aujourd’hui  bien sur ; c’est une invitation à se décentrer, à entrer en relation les uns avec les autres, à ne pas rester dans l’entre soi, à créer des ponts et à ouvrir les yeux, à s’informer.

Le Christ nous demande de réfléchir à ce qui structure notre vie, notre existence. Il s’agit de tracer un chemin, de créer un passage vers l’autre, un passage est toujours possible malgré nos manques, nos faiblesses. Le drame du riche est d’être resté enfermé sur sa richesse.

Le Christ nous demande d’instaurer une relation fraternelle avec l’autre, il ne s’agit pas de parader et de se faire voir, mais humblement de s’ouvrir, dans le don de soi, dans l’abandon du désir de posséder l’autre.

Ce sont les liens qui nous font vivre.

Ma femme, mon mari, mon enfant, mon couple, il y a dans ces expressions banales un risque de possession, de domination. Le risque de ne pas voir en mon conjoint un être aimant et aimé mais ne le voir que comme un objet de mes propres désirs, de voir en lui une aide pour devenir ou obtenir ce que je veux. Certes il y a eu bien des progrès, aujourd’hui l’homme ne se marie plus pour aimer et protéger sa femme et la femme pour aimer et servir son mari mais chacun des conjoints se marie pour s’aimer fidèlement, dans le bonheur ou dans les épreuves, et se soutenir l’un l’autre, tout au long de la vie.

Et c’est ainsi qu’il y a 50 ans nous nous sommes engagés l’un envers l’autre !

Que d’occasions de se voir mais aussi que d’occasions de ne pas se regarder, de s’entendre mais sans s’écouter.

Le Christ porte sur nous un regard positif, il ne nous enferme pas dans un «  je le connais par cœur, il ne changera pas ». Ce regard du Christ nous aide à voir l’autre en perpétuel mouvement, capable d’évolutions de dépassement et de pardon.

Le couple, notre couple peut être lui aussi une image du riche. Il n’est pas lui non plus à l’abri de cet aveuglement. Il peut filer le parfait amour et se replier sur lui même, il risque bien de se dessécher alors qu’il se croit très riche d’un sentiment amoureux.

Notre couple comme chacun de nous deux se devait d’instaurer une relation avec l’extérieur, chacun avec ses talents et en accord avec l’autre. Nous avons pris des engagements communs mais aussi des engagements personnels, dans un mouvement d’inspiration et d’expiration, le couple, pour vivre, respire. Nous croyons que l’ouverture aux autres est gage de bonheur pour aujourd’hui et pour demain.

Nous n’avons pas, je n’ai pas toujours chercher que le bonheur de Bruno et c’est sans doute réciproque, nous avons cahin-caha cheminer ensemble, mais surtout nous avons essayer de vivre sous le regard de Dieu. Sans Lui, sans sa Parole, sans son soutien , nous n’aurions pas pu accepter notre pauvreté intérieure, nos manques et nos faiblesses, nous n’aurions pas pu affronter des épreuves, nous n’aurions pas pu vivre de l’altérité, dans la reconnaissance que l’autre est riche de sa différence, nous n’aurions sans doute pas pu tout simplement nous aimer et être heureux. Le christ nous donne cette force de s’aimer et d’aimer, Il est la source de notre bonheur.

 Alors en ce jour nous voudrions simplement vous dire merci .

Merci pour ce que nous avons vécu de partages et de prières, merci pour le chemin parcouru ensemble,

Nous voudrions simplement dire :

merci Mon Dieu.

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