A-Dieu Soeur Monique

Ma Campagne - Saint Jean-Baptiste

Publié le 11 mai 2022

Lundi 9 mai c’est tenu un temps de prière pour Sœur Monique à la paroisse de Ma Campagne/Puymoyen. Nous avons pu partager ensemble les mots qu’elle avait choisi pour son départ et lui rendre un dernier hommage.

Aimer, c’est tout donner

1/ Voici le plus grand amour
C’est de donner sa vie
Pour tous ceux que l’on aime
Et ceux que l’on bénits
Nous ne sommes faits
Que pour aimer

2/ Sans amour à quoi bon vivre
Et à quoi bon chanter
Sans amour à quoi bon rire
Et à quoi bon rêver
Nous ne sommes faits
Que pour aimer

R/ Aimer c’est tout donner(ter)
Et se donner soi-même
Et redire à jamais
De toute éternité
Aimer c’est tout donner
Et se donner soi-même(bis)

Mot de Monique

Merci à toutes celles et ceux qui sont là, à toutes celles et ceux qui n’ont pas pu venir, à toutes celles et ceux que j’ai côtoyés, avec qui j’ai cheminé, grandi, partagé la vie de tous les jours et qui ont été Parole de Dieu dans ma vie.
Pardon à celles et ceux que j’ai pu blesser.
Nous sommes toutes et tous citoyens du ciel, tous frères et nous avons le même Père. Nous sommes ici, sur cette terre simplement de passage… comme des étrangers, des voyageurs. Nous nous rejoindrons un jour ou l’autre sur notre terre, notre patrie où nous attendent ceux que nous aimons, une foule immense : pères, mères, frères et ma soeur, ainsi que les soeurs de la congrégation, les amis, les collègues. Heureuse de les retrouver enfin !
Mais sachez qu’avec eux, je ne vous lâche pas la main. Continuons d’avancer ensemble sur le chemin de Celui qui est le Chemin, la Lumière, La Vie, la Vérité, Jésus, le Christ, qui nous invite à nous engager pour inventer un monde plus humain.

Musique :

Alléluia de Léonard Cohen

mot du Père Benoit Lecomte

La dernière fois que je t’ai croisée, Monique, c’était il y a quelques semaines. Tu marchais. Tu marchais sur le chemin de La Croix Lanauve qui relie Puymoyen et Ma Campagne. Tu ne m’as pas vu, j’étais en voiture, une fois encore un peu trop pressé, mais je t’ai aperçue… tu marchais.

Tu marchais comme tu as sillonné des milliers de fois les routes de ce quartier. Ton Eglise, c’était cette marche à la rencontre des habitants. Ceux que tu portais dans ta prière quotidienne, ceux qui habitaient ton cœur. Tu marchais à la rencontre de tous, et ces rencontres te disaient Dieu, et de ces rencontres jaillissaient la vie et l’Evangile. Permets-moi aujourd’hui, alors que nous ne te voyons plus marcher dans notre quartier, que ta silhouette et ton regard pétillant nous manquent, que nous n’entendons plus ta voix, de redire ces mots que tu écrivais en septembre 2019 : « Pour moi, la mission, c’est la rencontre de tout le monde, de ceux qui sont baptisés et de ceux qui ne sont pas baptisés, parce qu’ils apportent toujours quelque chose. Il y a toujours quelque chose à découvrir dans ce que les gens disent. Et quand on sort d’une rencontre, on n’est plus le même. Ils apportent un peu de leur vie et de leur humanité, et c’est ça ! Tout homme apporte quelque chose.

Je crois que l’Esprit a soufflé sur tous, l’Esprit est en tous et il parle par tous. Même au cœur des situations difficiles, des violences, des colères, on voit que des signes de paix, de solidarité et de fraternité existent. Et le Royaume est là ! C’est là qu’il y a quelque chose de la Bonne Nouvelle à vivre. Il faut prendre le temps de s’asseoir, de se le partager et de se le dire. Pas faire des réunions pour réfléchir, mais partager la vie. Et porter ces rencontres, en amont, dans la prière, dans la rencontre avec Jésus, dans le silence. »

Grain de blé tombé en terre, grain de blé enraciné en terre humaine. Enraciné comme l’arbre que tu contemplais chaque jour, comme les plantes que tu appréciais au jardin partagé. Enracinée en humanité. Tu n’étais pas de ceux qui « haïssent la vie », comme pourrait le laisser entendre l’Evangile. Tu aimais la vie, passionnément. Mais tu l’aimais sans l’accaparer. Tu en aimais le jaillissement qui te dépassait et qui faisait grandir l’autre. Tu te nourrissais du bonheur de voir tel ou tel s’épanouir, sortir de soi, aimer à son tour.

Tu aimais la vie parce que tu avais donné la tienne et que tu continuais de la donner jour après jour, rencontre après rencontre, et que tu voyais en elle plus grand qu’elle. De cette vie de rencontres, l’indicible divin venait au jour. Là était ta prière, là était ta suite du Christ, de Celui qui t’avais appelée et à qui tu avais répondu, tremblante. Là était ta façon d’honorer le Père.

Tu écrivais encore, à la suite de ton témoignage, comme en un mélange de désire profond et de réalisme spirituel : « On aimerait parfois faire passer un peu d’éclairage de l’Évangile et du Christ, mais on ne peut pas toujours. Et l’Évangile nous le rappelle : « écoute ». Le reste, c’est le boulot du Seigneur. Nous, on a à vivre avec, sans attendre de retour. C’est ça qui est passionnant. C’est simplement de l’humain. Comme disait Maurice Zundel : ‘Faites de l’humain et Dieu divinisera.’ »

Monique, sûrement as-tu repris la marche, là où tu es, et sûrement, c’est notre espérance, tu continues de marcher à nos côtés, dans nos quartiers et dans nos cœurs. Petite sœur de tous, au cœur grand ouvert.

Apprends-nous la vraie mesure des choses. Apprends-nous la beauté des rencontres et de chaque être humain. Apprends-nous à donner notre vie par amour du Christ et de chacun. Apprends-nous à rayonner de l’Evangile du frère et à rendre gloire à Dieu par toute notre vie.

Amen.

Musique :

Petite fleur de Sidney Bechet

Témoignage de la paroisse

Chère Monique,

Pendant ce long mois que d’échanges ! Que de chemin parcouru !

A ta manière, tu nous a préparées à ton départ avec foi, bienveillance, courage, lucidité, tranquilité, humilité et paix.

Jusqu’au bout tu auras eu le souci des autres, de chacune et chacun comme tu l’as eu pendant plus de 45 ans dans ta vie en HLM et à travers ton métier d’enseignante.

« Mener une vie simple être disponible aux évènements et aux personnes qui ont eu besoin de ta présence pour continuer et témoigner de la présence de Celui pour qui tu as consacré ta vie . »

Nous en sortons grandies, renforcées, le chemin de Jésus Christ nous apparaît plus net, nous comprenons encore davantage que vie et prière sont indissociables et sont chemins de Dieu par Jésus Christ.

Et que quand nous sommes au bout du chemin terrestre, accueillir lucidement et paisiblement la rencontre avec Celui a qui nous faisons confiance et qui nous accompagne tout doucement avec tendresse, même si la vie nous apparaît souvent bien rude. Il est là. Toi, Tu as été là, tu es là ,ici avec nous par ta vie, ta simplicité, ta vérité. Par tout cela tu ne peux que nous donner le goût, l’élan nécessaire pour continuer à être témoins que le royaume de Dieu se commence, se bâtit ici bas avec nos sœurs et frères en humanité.

Que l’évangile, cette parole du Dieu de Jésus Christ ne peut pas se garder pour soi. Elle est source de joie, source de dépassement, de fraternité envers les autres, tu nous as dit avoir appris l’évangile par la vie.

Et comme le disait Anne Marie Martel racine de ta congrégation, en s’adressant au Seigneur :

« Que tout mon plaisir soit de te faire plaisir ».

Merci Monique pour ton accompagnement, pour la liberté que tu nous as laissée pour cheminer en Fraternité et découvrir que c’est par l’attention aux unes envers les autres que nous trouvons des chemins simples , au quotidien, qui nous ouvrent à l’humanité que le Dieu de Jésus Christ à voulu pour l’Homme.

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