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«Vous tous qui avez soif, venez à moi »: c’est par cette invitation que commence la première lecture, celle du prophète Isaïe. Cette invitation résonne encore dans l’Évangile avec les paroles de Jésus à ses disciples lors de la multiplication des pains : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. ».
Invitation pour que nous prenions nous-mêmes le relais des disciples.
Textes du jour
Homélie du Père Denis Trinez
Homélie retranscrite ci-dessous
« LE OUI DE LA CONFIANCE :
LA SOURCE DES MIRACLES »
Nous pouvons dire que Jésus surprend ses apôtres !!!
Les apôtres se trouvent face à une difficulté très concrète : la foule est là, rien n’a été prévu pour la nourrir, et ils ne peuvent pas la laisser repartir sans manger.
Et Jésus va vraiment déstabiliser ses apôtres, quand Il va leur demander : « Nourrissez cette foule ! ».
Quelle idée !
Mais enfin, Jésus, nous n’avons que cinq pains et deux poissons. Tu vois bien toute cette foule ! Que veux-tu que nous fassions avec si peu ? Cela paraît vraiment absurde.
Que veux-tu, Seigneur ?
C’est un Evangile souvent entendu… Que pouvons-nous en tirer pour aujourd’hui ?
Il y a des évangiles que nous avons entendus tant de fois qu’il nous arrive de nous demander : « Que peuvent-ils encore m’apporter de nouveau ? »
Regardons ensemble, si vous voulez.
Jésus va proposer à ses apôtres de réaliser, avec eux, quelque chose de totalement, apparemment impossible.
Il y a deux jours, nous étions, à quelques-uns, à la maison de retraite des Jardins de la Garenne. Et j’ai osé poser la question suivante aux personnes âgées : « Etes-vous d’accord pour faire des miracles ? ». Et vous, qu’auriez-vous répondu ?
A la maison de retraite, j’ai été émerveillé de voir une lumière dans les yeux des personnes âgées handicapées et une réponse extrêmement forte de leur part. Cela m’a vraiment « scotché » !
Et concrètement pour nous ici ?
Ce que Jésus propose dans cette scène, au fond, c’est de nous inviter à la confiance.
Les disciples, paniqués, préféreraient que les gens retournent dans les bourgs voisins chercher de la nourriture.
Et, Jésus les invite à faire un pas extraordinaire dans la Confiance.
Et je crois que, nous aussi, nous sommes invités à faire ce pas.
Vous avez vu, comme moi, ce qui s’est passé ces derniers temps : les effets du réchauffement climatique, les incendies terribles, le travail immense des pompiers, des militaires, des volontaires, de tous ceux qui se sont mobilisés pour tenter d’arrêter le feu.
Et dimanche dernier, pendant la messe, Bruno nous a aussi invités, dans les prières universelles spontanées, à nous demander ce que nous pouvions changer. Oui, il est urgent de modifier nos modes de vie, au moins pour ralentir ce mouvement, même si nous ne pouvons pas l’arrêter complètement.
Alors c’est cela les miracles qui nous sont demandés : travailler à une révolution positive de ce que nous vivons et aussi à faire tout ce que nous pouvons pour enrayer tous les incendies à travers le monde, qu’ils soient incendies de feux, de guerre, de famine ou autres…
Oui, nous sommes appelés à faire des miracles pour ce monde.
Mais, comment réaliser des miracles ?
Essayons donc de voir ce que le Seigneur nous propose concrètement. Car il ne suffit pas de répéter : « Il faut, il faut, il faut… » Si, ensuite, nous n’agissons pas, cela ne sert à rien.
Approfondissons le rapport entre l’Eucharistie que nous allons célébrer maintenant et « cette multiplication des pains ».
Jésus rend grâce, se tourne vers le Père, puis les disciples apportent du pain et des poissons. De la même manière, tout à l’heure, le pain et le vin seront présentés et portés jusqu’à l’autel.
Il y a donc un aspect eucharistique.
Quel lien y a-t-il entre ce que nous vivons à la messe (la prière, la Parole, l’action de grâce avec Jésus, le Pain qu’il nous donne) et « les miracles » auxquels nous sommes appelés à participer ?
Dans la prière du Notre Père, nous disons : « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien », c’est-à-dire le pain de ce jour. Certaines traductions disent ce « Pain Suressentiel », c’est-à-dire c’est un Pain extraordinaire, bien sûr c’est le pain qui nous nourrit, mais c’est un Pain qui a une autre dimension si on le rapporte à l’Eucharistie.
C’est l’Amour même de Dieu qui est donné dans ce Pain. Et c’est cet Amour reçu qui nous permet de réaliser des miracles.
Ce qui nous est demandé, c’est d’apporter tout ce que nous sommes, notre désir, nos moyens, nos fragilités, nos dons, tout ce que nous avons pour les amener au Christ et Lui va nous donner, je dirais en retour, un « Pain suressentiel », un Pain extraordinaire qui est Son Corps même, Son Sang, tout l’Amour de Dieu et l’Esprit Saint.
En chacune de nos Eucharisties, le Seigneur va réaliser et transformer nos offrandes en un Pain qui permet de faire des miracles.
Croyons-nous que ce Pain est la Vie même de Dieu qui nous est donnée, c’est-à-dire l’Amour, le Feu, la Paix et la Force, pour que tout ce que nous vivrons ensuite puisse devenir source de miracles ?
Avec le Seigneur, ce n’est plus une question uniquement de bonne volonté.
C’est une question de Puissance de l’Amour de Dieu qui nous est donnée pour que tout ce que nous faisons prenne une dimension extraordinaire.
Le moindre de nos gestes peut compter. Aux personnes très âgées, souvent très handicapées, que j’avais devant moi, j’ai dit : « si vous ouvrez votre coeur dans la confiance et la disponibilité, vous pouvez soutenir, par exemple, un pompier qui lutte contre le feu » ….
Vous pouvez, de là où vous êtes, réaliser des choses incroyables. Le voulez-vous ?
Bien sûr, si nous avons des capacités physiques, intellectuelles ou autres, nous pouvons les mettre au service des autres. Alors, nos capacités sont transformées et multipliées, parce que nous agissons ensemble, et parce que l’Amour de Dieu donne à chacun de nos gestes une valeur extraordinaire.
C’est comme cela que l’on réalise des miracles et que l’on transforme le monde.
Arrêtons de dire que tout est perdu, que le réchauffement climatique est joué d’avance et qu’il n’y a plus rien à faire. Ce discours nous décourage et nous paralyse. Cette tentation de ne rien faire vient de « l’adversaire » : il nous pousse à croire que nos gestes ne servent plus à rien.
Le Seigneur dit « faites ce que vous pouvez, là où vous êtes et avec Moi, avec la Grâce que Je vous donne, avec ce Pain « suressentiel », avec cet Amour fou, nous allons ensemble réaliser des miracles ! ».
Donc à partir de là, je vous redemande, est-ce que vous êtes prêt à réaliser des miracles ?
C’est important, parce qu’à travers ce « oui », quelque chose se joue. C’est le « OUI de la Confiance ».
C’est le « OUI » de Thérèse de Lisieux qui, depuis son Carmel, a pourtant accompli beaucoup.
C’est le « OUI » de tous les ouvriers de l’Amour, de tous les ouvriers de la Paix, de tous les ouvriers du Royaume.
Nous sommes tous concernés, quel que soit notre âge.
Quelle que soit notre santé ou notre situation, notre « OUI » donné dans la confiance peut porter du fruit et faire naître des miracles.
Le Seigneur peut nourrir des foules de son Amour.
Alors, venons puiser à la Source : recevons Sa Parole, Son Corps, Son Sang et la communion fraternelle, afin de porter à ceux qui l’attendent cette Bonne Nouvelle :
- le Pain de l’amitié,
- le Pain de la foi,
- le Pain de la paix,
- le Pain de la force,
- le Pain de l’Amour.
Prière universelle
- Pour tous les peuples qui manquent d’eau, de nourriture, de médicaments, et pour tous ceux qui sont des artisans du partage, et s’investissent dans un développement durable,
Seigneur, nous te prions.
- Notre pays a subi de terribles incendies, Seigneur, nous te confions toutes les personnes qui ont été éprouvées, physiquement, moralement et matériellement. Nous te rendons grâce pour les pompiers et pour tous ceux qui se sont mobilisés solidairement.
- Seigneur, nous te rendons grâce pour les pauses-café du vendredi matin sur le parvis de l’église de Ma Campagne ; elles permettent des rencontres riches en échanges.







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