Les vendredis à 15 h.

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« Lorsqu’elle ne fait pas l’éloge de Marie, l’Église s’écarte de la parole de la Bible » (I)
Dans l’Église catholique, le mois de mai est consacré à rendre hommage à Marie, mère de Dieu depuis des siècles. Je voudrais simplement présenter ici quelques fondements bibliques et patristiques de la croyance mariale catholique et de la dévotion en l’honneur de Marie pendant ce mois de mai.
Dans la scène de l’Annonciation, l’ange Gabriel appelle Marie « pleine de grâce » ou « hautement favorisée » (Luc 1, 28) : Marie apparaît précisément ici comme quelqu’un qui a entendu la parole de Dieu (par l’intermédiaire de Gabriel) et y a obéi : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon votre parole » (Lc 1, 38). Et de nouveau, sous l’influence de l’Esprit Saint, Élisabeth dit à Marie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement de ce qui lui avait été dit par le Seigneur » (Lc 1,45).
Il est bon de rappeler que la prière mariale la plus connue est l’Ave Maria, qui se compose principalement de citations de l’ange Gabriel et d’Élisabeth, telles qu’elles figurent dans l’Évangile de Luc.
La réponse de Marie à Élisabeth témoigne également de sa propre bénédiction : « Désormais, toutes les générations me diront bienheureuse » (Luc 1, 48). Le cardinal Ratzinger a écrit que ces mots concernant « toutes les générations » constituent une prophétie et donc aussi un commandement. Il écrit : « L’Église néglige l’un des devoirs qui lui incombent lorsqu’elle ne fait pas l’éloge de Marie. Elle s’écarte de la parole de la Bible lorsque sa dévotion mariale se fait silencieuse ».
Une telle dévotion est amplement attestée à l’époque des premiers Pères de l’Église. Plusieurs sources patristiques d’Orient et d’Occident perçoivent dans les Écritures une allusion à Marie comme étant la nouvelle Ève : Justin de Naplouse (Dialogue avec Tryphon), saint Irénée (Contre les hérésies), saint Grégoire de Nysse (Homélie sur le Cantique des cantiques), saint Ambroise (Expositio in Lucam) et saint Jérôme (Epistulae 22, 21).
Deux citations de saint Irénée illustrent ce fil commun d’interprétation biblique. Tout d’abord, il déclare : « Le noeud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie : ce que la vierge Ève a lié par son incrédulité, Marie l’a dénoué par sa foi ». De même, il affirme : « Ève était la mère des vivants dans l’ordre de la nature ; Marie est notre mère dans l’ordre de la grâce ».
« Lorsqu’elle ne fait pas l’éloge de Marie, l’Église s’écarte de la parole de la Bible » (II)
Marie n’est pas seulement considérée comme la nouvelle Ève, mais aussi comme la nouvelle Arche ou l’Arche de la nouvelle Alliance. Ceci est au moins partiellement fondé sur des parallèles évidents entre les scènes de la Visitation dans Luc 1 et 2 Samuel 6.
Comme l’explique le Professeur Andrew Swafford, « un tel parallèle serait extrêmement significatif puisque l’Arche était l’objet le plus sacré de tout Israël. Elle est sainte parce qu’elle porte la présence même de Dieu. L’arche contenait les dix commandements, une jarre contenant la manne et le bâton sacerdotal d’Aaron (Hébreux 9,4). De même, Marie porte Jésus qui est le Verbe de Dieu incarné, le pain de vie et le grand prêtre éternel ».
Quels sont ces parallèles ? Tout d’abord, on trouve un langage très similaire dans 2 Sam. 6,9 et Luc 1,43, à savoir : « Comment l’arche du Seigneur peut-elle venir jusqu’à moi ? » et « Comment m’arrive-t-il que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » S’il s’agissait d’un cas unique, on pourrait peut-être parler de coïncidence. Mais les parallèles persistent. Comparez « Comme l’arche de l’Éternel entrait…. Le roi David sautait et dansait devant le Seigneur » (2 Sam. 6,16) et « Car au moment où le son de ta salutation est parvenu à mes oreilles, l’enfant qui était dans mon sein a tressailli d’allégresse » (Luc 1,44).
Un autre parallèle est établi entre 2 Sam. 6, 11 et Luc 1,56 : « L’arche du Seigneur resta trois mois dans la maison d’Obed Édom de Gath » et « Marie resta avec elle environ trois mois ».
En outre, il semble y avoir un autre parallèle entre Marie et l’Arche lorsque l’on compare Luc 1,35 et Exode 40,34-38. Dans le premier cas, Marie est « recouverte » par la puissance du Très-Haut. Dans le second, la gloire du Seigneur (shekinah) couvrait l’arche d’alliance.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur le fondement solide de la doctrine et de la piété mariales dans les Saintes Écritures et les sources patristiques, mais cela devrait suffire à montrer que les Catholiques sont tout sauf « anti-bibliques » lorsqu’il s’agit de reconnaître la béatitude de Marie.
Source : Une minute avec Marie : Richard DeClue






