« Un départ c’est une douleur…le plus important, c’est de vivre ensemble malgré nos différences »

Solidarité

Publié le 2 octobre 2020

Le samedi 26 septembre 2020, l’équipe  d’animation de la pastorale des migrants et des réfugiés du diocèse d’Angoulême, ainsi que certaines associations à l’instar du CCFD-Terre Solidaire, se sont retrouvés à la maison diocésaine, en présence de quelques migrants de la Charente.

Leur présence en ce lieu était justifiée par la célébration du 106ème anniversaire de la journée mondiale du migrant et du refugié prévue le dimanche 27 septembre.

Dès 9h30, une cinquantaine de participants parmi lesquels l’Evêque d’Angoulême avait pris place dans la salle synodale. Suivant le programme, après l’accueil des invités, un temps a été réservé à l’écoute des témoignages de quelques migrants. L’assistance écouta avec beaucoup d’émotion celui d’Aurèlie et de Michel, un algérien, où se glissa le témoignage donné par Aurélie de celui de Nadia, une togolaise empêchée âgée de 32 ans. Un poème lu par Michel plongea les participants dans un silence réflexif  avec cette phrase : « Un départ c’est une douleur…le plus important, c’est de vivre ensemble malgré nos différences.»

Dans l’ensemble, les difficultés que ces personnes rencontrent se situent au niveau de l’obtention de la carte de séjour ou de la nationalité, dans la recherche d’un travail et de la sécurité sociale. L’inquiétude permanente qui anime celles-ci en les rendant malades a permis de percevoir une souffrance encore plus grande : la souffrance psychologique.

L’intervention de madame Brigitte Tregouet a suivi cette phase des témoignages. Elle a essayé d’éclairer les participants sur la situation psychologique des migrants et des refugiés, en prenant dans les ressources de son expérience personnelle. Ces personnes vivent parfois des traumatismes extrêmes. Dans leur accompagnement, on devrait tenir compte du temps administratif et du temps psychologique. Selon elle,  il y a plusieurs sortes de souffrances. Il y a des détresses qui n’ont pas besoin de médecins. Les migrants qu’ils rencontrent dans leurs cabinets médicaux sont dans des dépressions sévères : tristesse, culpabilité, envie de mourir, incapacité d’agir ; avec des symptômes post-traumatiques comme des cauchemars, les maux de tête, l’incapacité à apprendre la langue, les difficultés de vivre avec les autres et des insomnies majeures. Il leur est apporté une aide à travers l’écoute et les soins, en les mettant aussi en relation avec des associations qui peuvent permettre à ces migrants d’accéder à leur droit ou à un logement. 

Les questions des participants et leur contribution ont permis de mieux appréhender la problématique de l’immigration au sein du département, et l’attention qu’elle mérite. Les débats ont laissé émerger entre autres problèmes ceux des migrants mineurs. Il semble urgent de les repérer et de mieux les accompagner afin qu’ils ne soient pas instrumentalisés ou abusés par des réseaux de crimes organisés ou de prostitution. 

Face à cette question d’immigration, Mgr Hervé Gosselin interviewé a réitéré la place importante qu’occupe l’Eglise dans cette mission de solidarité. L’Eglise d’Angoulême accompagne ces migrants à travers l’équipe diocésaine qui est mise en place, ainsi que par tous ces chrétiens engagés dans des associations civiles de solidarité au titre de leur foi.  Le thème de cette année pastorale étant la mission et la solidarité, ce service diocésain de solidarité sera mieux développé pour accompagner les personnes dans le besoin.

Quant à la sœur Odile Marteau, responsable de la pastorale des migrants dans le diocèse d’Angoulême, elle s’est dite satisfaite de la présence de tous ces participants et de toutes ces personnes impliquées auprès des migrants. Elle a surtout salué la participation des Associations non confessionnelles. Elle a mis cette journée sous le signe de la conscientisation ; d’abord auprès des migrants, et ensuite auprès des autres volontaires afin qu’ils la rejoignent dans cette pastorale de solidarité.

Jacques Emmanuel NDONG

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