Prix du Jury oecuménique

Prix du Jury oecuménique, Festival BD 2021, Actualités

Publié le 17 décembre 2020

Prix du Jury Œcuménique 2021

« Khalat » de Giulia Pex, Éditions Presque Lune, janvier 2020

Elle aurait bien mérité de vivre sa jeunesse, étudier à Damas, rêver devant le prof de Français, se confier à son frère aîné et croire à son idéal de liberté. Mais en Syrie, le printemps des peuples se brise sur la violence bestiale du pouvoir en place et sur la cruauté de l’État Islamique. Alors la jeune fille se retrouve jetée sur le chemin de l’exode, en compagnie de ses parents. Elle porte dans ses bras l’enfant désormais orphelin de son frère assassiné. Chaque fois qu’elle marque une pause dans sa marche, Khalat trouve des amis à aider, des plus faibles à secourir ; et chaque fois elle doit les quitter pour guider son neveu et accompagner ses parents tellement soucieux de la protéger et tellement démunis sans elle…

Sans une plainte, sans une invective, Khalat se bat, raconte, observe. Tout est juste dans ce récit, le dessin autant que les sentiments, la langue autant que les couleurs. Et si la retenue qui caractérise son style captive le lecteur si complètement, c’est qu’elle exprime en même temps la personnalité de l’héroïne et l’art de la narratrice.

Jean-Pierre Molina

Mention spéciale 2021 du prix œcuménique de la BD

« L’Accident de chasse », David L. Carlson, Landis Blair, Éditions Sonatine, août 2020

Cet album suscite un double étonnement : un pavé de 450 pages, format 21/23, qui se lit avec autant d’aisance qu’une BD traditionnelle ; une lecture attachante comme celle d’un roman alors que l’intrigue est un récit de vie authentique quoique surprenant. La narration est soutenue par un graphisme en noir et blanc aussi puissant qu’élégant.

L’itinéraire du « héros » aveugle est un retour paradoxal vers la lumière : celle de l’honnêteté et de la connaissance. La voie surprenante de cette conversion passe par l’amitié avec un codétenu qui lui fait découvrir le Braille et lui donne le goût de la littérature (et pas la moindre : par exemple, le mythe de la caverne de Platon). Une bande dessinée, qui est un hymne à la littérature et à l’humanité, ne peut qu’être recommandée.

Jacques Tramson

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